Économie

Alors que les tensions persistent au Moyen-Orient : Les prix du pétrole en hausse

Par Samira Imadalou•6 min de lecture
Brifa
Alors que les tensions persistent au Moyen-Orient : Les prix du pétrole en hausse
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Les prix du pétrole ont nettement augmenté en début de semaine, portés par les tensions persistantes au Moyen-Orient et l'impasse diplomatique autour du détroit d'Ormuz.

Le baril de Brent a grimpé de 3,36% à 107,83 dollars et le WTI de 3,45% à 95,6 dollars, après le rejet par Donald Trump de l'accord de paix proposé par l'Iran.

Les analystes estiment que les marchés resteront suspendus aux négociations entre Washington et Téhéran, l'échec diplomatique ayant réintroduit une prime de risque géopolitique sur le brut.

L'Europe, où les importations couvrent 57% des besoins énergétiques, tente de limiter l'impact via des baisses de taxes sur les carburants, tandis que Washington évoque une interdiction des exportations de diesel.

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Cette hausse intervient alors que le président américain Donald Trump a rejeté l’ accord de paix proposé par l’Iran la réouverture du détroit d’Ormuz, maintenant ainsi les tensions à un niveau élevé au Moyen-Orient.

A l’ouverture hier, les marchés mondiaux étaient sous tension. L’impasse diplomatique au Moyen-Orient et les tensions persistantes sur l’approvisionnement énergétique ont poussé les prix du pétrole vers le haut en ce début de semaine. Et ce, après avoir clôturé vendredi en baisse de plus de 2%, effaçant une partie des gains réalisés lors des deux séances précédentes dans l’attente de l’évolution de la situation au Moyen-Orient. Vers 12h GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait de 3,36%, à 107,83 dollars. Celui du baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain gagnait 3,45%, à 95,6 dollars. Tôt dans la matinée, à 5h57 GMT, les contrats à terme sur le pétrole brut Brent pour livraison en novembre 2026 avaient augmenté de 3,07% pour atteindre 107,52 dollars le baril.
Parallèlement, le prix des contrats à terme sur le pétrole brut de WTI pour livraison en novembre 2026 a également augmenté de 2,09%, atteignant 94,34 dollars le baril. Le prix du pétrole brut Brent a augmenté de 0,43% la semaine dernière, tandis que le WTI a chuté de 3,8%, en raison des craintes que les Etats-Unis n’interdisent les exportations de diesel afin d’atténuer les prix records qui pourraient limiter la production de raffinage américaine. Cette hausse intervient alors que le président américain Donald Trump a rejeté l’accord de paix proposé par l’Iran pour la réouverture du détroit d’Ormuz, maintenant ainsi les tensions à un niveau élevé au Moyen-Orient. L’Iran a, pour rappel, annoncé la semaine dernière à l’Assemblée générale des Nations unies à New York une proposition de paix, affirmant qu’elle avait été transmise aux Américains par des intermédiaires qataris. Le 26 septembre, Trump a déclaré qu’il rejetait le plan, avant d’annoncer le lendemain s’attendre à ce que les négociateurs américains tiennent de nouvelles discussions cette semaine. Analysant la situation face au regain d’incertitude géopolitique, «les marchés resteront suspendus à l’évolution des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, ce dernier attendant toujours une réponse officielle des Etats-Unis par l’intermédiaire des médiateurs», estiment les analystes de Natixis. «Les prix du pétrole remontent une nouvelle fois (…) après que les espoirs d’une solution diplomatique permettant de rouvrir le détroit d’Ormuz, qui avaient prévalu la semaine dernière, ont été anéantis», a commenté Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB cité par l’AFP. «L’échec à trouver rapidement une issue diplomatique a réintroduit une prime de risque géopolitique» sur le brut, a noté pour sa part Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Menace sur l’approvisionnement de l’Europe en carburants Sugandha Sachdeva, fondatrice de SS WealthStreet, une société de recherche basée à New Delhi, reprise par l’agence Attaqa, a déclaré de son côté : «Ce rejet a douché les espoirs d’une percée immédiate, même si les efforts diplomatiques ne sont pas terminés.» Elle a noté que pour les contrats à terme sur le pétrole brut Brent, le niveau de 120 dollars le baril reste un niveau de résistance crucial, et tant que les prix du pétrole ne peuvent pas se maintenir au-dessus de ce niveau, une baisse reste possible, surtout si le transport maritime s’améliore ou si les négociations progressent. Par ailleurs, les analystes de la banque ANZ ont déclaré : «Les produits pétroliers raffinés restent un point de tension, car les prix records du diesel aux Etats-Unis ont exacerbé les risques d’inflation et relancé le débat sur d’éventuelles restrictions à l’exportation.» Ils ont ajouté que toute restriction des exportations américaines de diesel entraînerait une diminution des approvisionnements hors des Etats-Unis, les prix européens réagissant à la perspective d’une réduction des approvisionnements américains. Dans ce contexte d’incertitudes alors que des hausses sont prévues sur les prix des carburants dans la région du Golfe notamment le Koweït et le Qatar, les pays européens tentent de réduire l’impact en baissant les taxes sur les carburants via des aides ciblées.
La crise a en effet poussé les gouvernements partout en Europe (où les importations couvrent 57% des besoins énergétiques) à instaurer des subventions, modifier la fiscalité et revoir leurs politiques afin de protéger leurs économies, leurs entreprises et les ménages face à des prix de l’essence et du diesel en augmentation. Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques publié la semaine dernière, sept des dix pays ayant pris le plus de mesures pour contenir les dégâts économiques se trouvent dans l’UE où justement l’inquiétude s’intensifie face au projet formulé par Trump de suspendre les exportations de diesel. La Maison-Blanche a, en effet, évoqué une interdiction des exportations de diesel pour lutter contre la flambée des prix des carburants avant les élections de mi-mandat de novembre.

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