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Sahara Occidental, Palestine, Sahel, Libye et ordre international : Les messages forts d’Ahmed Attaf à l’ONU

Par Madjid Makedhi•6 min de lecture
Brifa
Sahara Occidental, Palestine, Sahel, Libye et ordre international : Les messages forts d’Ahmed Attaf à l’ONU
Résumé IA

Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a exposé la vision de l'Algérie pour un nouvel ordre mondial lors de la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Il réaffirme le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, exigeant des négociations sincères sous égide onusienne avec le Front Polisario comme représentant légitime, et rejetant tout fait accompli.

Sur la Palestine, il renouvelle le soutien inconditionnel à un État indépendant avec Al Qods pour capitale, dénonçant la colonisation israélienne et le non-respect du cessez-le-feu à Gaza.

Pour le Sahel, il propose une approche liant sécurité et développement dans le respect de la souveraineté des États, avec l'appui de l'Algérie aux efforts de réconciliation.

Il appelle aussi à une solution libyenne à la crise de 2011 et réclame la réforme du Conseil de sécurité avec un siège permanent pour l'Afrique.

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Tout en se félicitant des négociations en cours entre les deux parties en conflit, le royaume du Maroc et le Front Polisario, M. Attaf expose «ce qui est indispensable pour parvenir à un règlement juste et durable de la question du Sahara occidental».

Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, exprime les positions de l’Algérie sur les principales questions auxquelles fait face actuellement la communauté internationale. Dans un discours prononcé, hier à New York, au dernier jour du débat général de la 81e session de l’AG de l’ONU, le chef de la diplomatie algérienne a lancé des messages forts traduisant la vision algérienne pour la mise en place d’un nouvel ordre mondial sans conflit. Il n’a omis, en effet, aucune des crises qui minent le monde d’aujourd’hui, à commencer par la question du Sahara occidental. Sur ce sujet d’actualité, le ministre réaffirme d’emblée «la position de principe de l’Algérie en faveur du droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination». Cette vision, assure-t-il, «démarre de sa conviction intime que les questions de décolonisation ne se règlent pas par la logique du fait accompli, mais en permettant aux peuples d’exercer pleinement, sans altération ni amputation, leurs droits consacrés par la légalité internationale». Tout en se félicitant des négociations en cours entre les deux parties en conflits, le royaume du Maroc et le Front Polisario, sous l’égide de l’ONU avec le concours des Etats-Unis d’Amérique, Ahmed Attaf expose «ce qui est indispensable pour parvenir à un règlement juste et durable de la question du Sahara occidental». Selon lui, «l’Algérie affirme que le succès du processus de négociation exige l’engagement des deux parties au conflit, de bonne foi et avec une volonté sincère, afin de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, loin de la logique des diktats et des marchandages». «L’Algérie souligne également qu’aucun processus de négociation sérieux ne peut être viable s’il ne s’inscrit pas dans le cadre des références onusiennes y afférentes et dans le respect de la doctrine immuable des Nations unies en matière de décolonisation», insiste-t-il. Ce faisant, il affirme que «l’Algérie avertit que toute tentative visant à outrepasser cette référence ou à marginaliser les ayants droit légitimes, à savoir le peuple du Sahara occidental et son représentant unique et légitime, le Front Polisario, ne contribuera pas à la résolution du conflit». «Bien au contraire, elle ne fera que compliquer la situation et exacerber les tensions dans une région qui a un besoin crucial de sérénité, de stabilité, de coopération et de développement», enchaîne-t-il, précisant que le cas sahraoui «ne saurait être réduit à une simple question de réfugiés».

«Traitement sain et correct»

«Il s’agit d’une question qui exige, en amont comme en aval, le parachèvement du processus de décolonisation au Sahara occidental à travers un processus politique global. Ce processus ne peut se réaliser que par l’exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable à l’autodétermination», ajoute-t-il. Poursuivant, Ahmed Attaf insiste sur «un traitement sain et correct de la situation de la dernière colonie sur le continent africain», rejetant toute volonté d’imposer «un fait accompli en le transformant en une réalité juridique». Le chef de la diplomatie algérienne revient également sur la situation en Palestine occupée où, dit-il, la tragédie se poursuit du fait de l’occupant israélien. «La communauté internationale s’était réjouie, et nous avec elle, du cessez-le-feu à Ghaza entré en vigueur il y a environ onze mois, espérant qu’il marquerait le début d’un processus mettant fin aux souffrances des civils et ouvrant la voie à une solution politique durable. Un espoir qui s’est rapidement évaporé et dissipé face à la persistance des politiques de colonisation de l’occupant et à son reniement habituel des accords conclus et des engagements pris», précise-t-il. Dans la foulée, il réitère le «soutien total de l’Algérie et inconditionnel aux droits légitimes et inaliénables du peuple palestinien, au premier rang desquels son droit naturel à établir son Etat indépendant, pleinement souverain, avec Al Qods comme capitale». Sur le Sahel, le ministre rappelle que «cette région est un espace unique où se croisent les défis de la sécurité, du développement et de la stabilité». «(…) La sécurité et le développement ne sont pas des trajectoires parallèles ; ils sont les deux faces d’une même médaille. «C’est pourquoi l’Algérie propose une approche fondée sur le soutien à la sécurité des Etats de la région, l’accompagnement de leurs efforts de développement, l’encouragement de la réconciliation et du dialogue, ainsi que le traitement des causes qui alimentent l’instabilité, tout en respectant la souveraineté des Etats, leur intégrité territoriale et les choix de leurs peuples», souligne-t-il, insistant sur la disposition de l’Algérie à accompagner les Etats du Sahel. Ahmed Attaf réitère aussi la position algérienne quant à une solution libyenne à la crise qui dure dans ce pays depuis 2011. Poursuivant, le chef de la diplomatie algérienne dresse un tableau sombre de la situation mondiale du moment, marquée par des guerres, des conflits, mais aussi la loi du plus fort qui ne se soumet à aucune règle du droit international. Il appelle ainsi à redresser la barre et à corriger l’ordre actuel pour retrouver la confiance en le système des Nations unis. Il réitère, dans ce sens, l’appel à la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et à satisfaire la demande de l’Afrique réclamant un siège permanent au sein de cet organe onusien.

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