Ali Boulaârès l’a affirmé hier à la radio : «Le temps d’attente des navires aux ports recule de 31%»

Le PDG de Serport Ali Boulaârès a annoncé une amélioration majeure des performances portuaires algériennes au premier semestre 2025, avec une baisse de 31% du temps d'attente des navires et une hausse de 27% du chiffre d'affaires.
| Indicateur | S1 2024 | S1 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| Délai moyen d'attente (jours) | 7,13 | 4,95 | -31% |
| Navires traités | 15 141 | 16 923 | +12% |
| Marchandises manutentionnées (Mt) | — | 134 | — |
| Chiffre d'affaires (Mds DA) | — | 128,6 | +27% |
| Durée moyenne de séjour à quai | — | — | -9% |
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Au premier semestre 2025, le délai moyen d’attente des navires est passé de 7,13 à 4,95 jours, soit une baisse de 31%.
Avec une baisse de 31% du temps moyen d’attente des navires, une progression de 12% du nombre de navires traités et une hausse de 27% du chiffre d’affaires au premier semestre 2025, le secteur portuaire algérien affiche des indicateurs qui traduisent une accélération de sa transformation. Intervenant sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, Ali Boulaârès, PDG du groupe Serport, a insisté sur le caractère stratégique des ports pour l’économie nationale. «Environ 95% des échanges commerciaux de l’Algérie passent par nos ports», a-t-il rappelé, soulignant ainsi l’importance économique de la performance portuaire. Dans cette perspective, le premier enjeu consiste à réduire les délais et à fluidifier le passage des marchandises. Les résultats présentés par Boulaârès sont significatifs. En effet, au premier semestre 2025, le délai moyen d’attente des navires est passé de 7,13 à 4,95 jours, soit une baisse de 31%. La durée moyenne de séjour à quai a, elle aussi, diminué de 9%, tandis que le nombre de navires traités est passé de 15 141 à 16 923. Le volume de marchandises manutentionnées a atteint près de 134 millions de tonnes, et le chiffre d’affaires global a dépassé 128,6 milliards de dinars. Pour le PDG, ces chiffres ne doivent pas être considérés comme de simples indicateurs comptables. Ils constituent, selon lui, «une traduction pratique d’un effort collectif continu et de la dynamique que connaît le secteur portuaire». Il estime que cette évolution se traduit concrètement par une meilleure fluidité des opérations, une réduction des délais et une diminution des coûts supportés par les armateurs et les opérateurs économiques. Au cœur de cette évolution figure la généralisation du fonctionnement continu des enceintes portuaires. Le système 24 heures sur 24 et sept jours sur sept vise à éliminer les ruptures dans l’activité et à exploiter au maximum les capacités disponibles. Cette orientation s’inscrit dans les directives des pouvoirs publics et bénéficie d’un suivi régulier du ministère de tutelle. Serport a notamment engagé, avec les entreprises portuaires, un mécanisme de suivi de la mise en œuvre du 24/7 et d’identification des obstacles rencontrés sur le terrain. Pour M. Boulaârès, l’enjeu dépasse la simple modification des horaires de travail. Il s’agit d’installer une organisation capable d’accompagner les besoins croissants du commerce extérieur et d’améliorer durablement la productivité des ports. «Cette dynamique est étroitement liée à l’impulsion donnée par Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports. Les orientations ministérielles ont placé au premier plan la réduction des délais, l’exploitation optimale des capacités disponibles, la coordination entre les différents intervenants et l’amélioration de la qualité du service portuaire. Serport inscrit explicitement sa feuille de route dans ce cadre», a insisté l’invité de la Chaîne I. Dans son intervention, Ali Boulaârès met clairement en avant la cohérence entre les orientations du président de la République et celles de Saïd Sayoud. Le ministre a notamment traduit l’objectif de modernisation du secteur en une démarche opérationnelle articulée autour de la performance, de la réduction des temps de séjour des navires et du renforcement de la coordination de la chaîne logistique. Cette impulsion trouve aujourd’hui un prolongement dans le suivi de terrain. Des réunions de concertation sont organisées dans les ports afin d’évaluer l’application du système 24/7, d’identifier les insuffisances et de dégager des solutions pratiques pour faciliter le passage des marchandises. L’autre axe majeur de la réforme est la spécialisation progressive des ports. L’objectif est de faire correspondre la vocation de chaque infrastructure à ses capacités, à sa position géographique et à son environnement économique. «Chaque port doit développer une spécialisation principale qui renforce son efficacité, son attractivité et sa capacité à répondre aux besoins de son environnement économique», explique Ali Boulaârès. Le port de Mostaganem constitue, à ce titre, une expérience particulièrement significative. Réhabilitation des quais, nouvelles plateformes de stockage, équipements de manutention et réflexion autour d’un troisième bassin… l’infrastructure est appelée à renforcer son rôle au service de l’ouest et du centre du pays. Le trafic conteneurisé y a progressé de 49%, tandis que le chiffre d’affaires a augmenté de 28%, selon les données présentées par Serport.
Annaba, pièce maîtresse du complexe minier
A Annaba, l’enjeu est d’une autre dimension. Le futur quai minéralier de 1600 m, avec une profondeur de 16 m, doit pouvoir traiter jusqu’à 10 millions de tonnes de phosphate par an. Sa connexion avec la ligne ferroviaire minière de l’Est doit permettre de créer une continuité entre extraction, transport ferroviaire et exportation maritime. Ce projet s’inscrit dans une vision plus large de valorisation des ressources minières et d’intégration des différents modes de transport. Les informations récentes communiquées par Ali Boulaârès font état d’une progression accélérée du projet d’extension phosphatière de Annaba et de son articulation avec le développement d’un complexe intégré de valorisation des phosphates et produits miniers. C’est probablement sur ce terrain que se situe l’ambition la plus structurante de la feuille de route de Serport. «Notre ambition est de faire de l’Algérie un hub logistique incontournable entre la Méditerranée et l’Afrique», affirme M. Boulaârès. Cette ambition repose sur trois grands corridors logistiques – Est, Centre et Ouest – destinés à connecter les ports aux réseaux ferroviaire et routier, notamment à la Transsaharienne. L’objectif est de dépasser la seule fonction de transit pour construire une chaîne logistique intégrée capable d’accompagner les échanges nationaux, mais aussi de renforcer la position de l’Algérie dans les échanges entre la Méditerranée et l’Afrique. Dans cette stratégie, les infrastructures portuaires ne sont plus considérées isolément. Leur performance dépend également de leur connexion aux zones de production, aux marchés de consommation et aux grands axes terrestres. «Le port ne fonctionne pas indépendamment de son environnement», rappelle en substance le PDG de Serport, en mettant l’accent sur l’intégration des réseaux maritimes, routiers et ferroviaires. La modernisation passe enfin par la digitalisation. Guichet unique, procédures numériques et suivi en temps réel doivent permettre de réduire les délais administratifs, d’améliorer la visibilité des opérateurs et de réduire les coûts logistiques. Pour Ali Boulaârès, la technologie n’a de sens que si elle produit un effet concret sur l’économie : «L’objectif n’est pas la digitalisation pour la digitalisation, mais de faire de la technologie un véritable moyen de simplifier les procédures, de réduire les délais et d’améliorer la visibilité de l’opérateur économique.» La démarche est accompagnée d’une volonté d’ouverture sur les opérateurs internationaux. Serport entend développer des partenariats avec des compagnies maritimes et des opérateurs portuaires étrangers, afin d’attirer de nouvelles lignes régulières, de bénéficier des meilleures pratiques et de renforcer l’intégration des ports algériens dans les réseaux internationaux du transport maritime et de la logistique.
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