Journée d’étude sur les élections locales : «Faire des médias nationaux un partenaire actif», selon Arous

Le président de l'ANIE Saâd Arous a appelé les médias à devenir des partenaires actifs pour informer les citoyens sur l'ensemble du processus des élections locales du 28 novembre, au-delà de la simple couverture événementielle.
Il a insisté sur la nécessité d'une information vérifiée, équilibrée et contextualisée qui permette à l'électeur de choisir en toute liberté, distinguant clairement le rôle d'informer de celui d'influencer.
Le ministre de la Communication Mohamed Bouslimani a qualifié les médias de «trait d'union neutre» entre électeurs et représentants et d'«œil vigilant» sur la transparence du scrutin, dans un contexte de «guerres électriques» visant la stabilité nationale.
Les experts présents ont mis en garde contre la transformation de l'information électorale en simple produit médiatique privilégiant l'audience au détriment de la rigueur professionnelle.
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«Le succès de l’opération électorale ne dépend pas uniquement de sa bonne organisation. Il dépend également de la capacité du citoyen à comprendre ses différentes étapes», précise le président de l’ANIE.
A l’approche des élections locales prévues le 28 novembre, le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Saâd Arous, a appelé les médias à renforcer leur rôle dans l’information et l’accompagnement des citoyens. Lors d’une journée d’étude consacrée aux relations entre médias et processus électoral, organisée hier au CIC, il a insisté sur la vérification de l’information, l’équilibre de la couverture et la nécessité de permettre au citoyen de faire son choix en toute liberté et connaissance de cause. «Le succès de l’opération électorale ne dépend pas uniquement de sa bonne organisation. Il dépend également de la capacité du citoyen à comprendre ses différentes étapes, à prendre connaissance de ses échéances et à accéder à une information correcte au moment opportun», a déclaré Saâd Arous. Pour le président de l’ANIE, cette exigence place les médias au cœur du processus électoral. Leur présence ne saurait être réduite à la simple couverture des activités ou à la reproduction des communiqués et déclarations. «La couverture électorale professionnelle ne se limite pas à transmettre les informations, les communiqués et les déclarations. Elle consiste essentiellement à transmettre une information exacte, à vérifier sa source, à la placer dans son contexte et à permettre au citoyen de comprendre les différentes étapes du processus électoral», a-t-il souligné. Saâd Arous a particulièrement insisté sur la distinction entre informer et influencer. «Le citoyen n’a pas besoin de quelqu’un qui choisisse pour lui. Il a besoin de celui qui lui permet d’accéder à une information correcte, avec neutralité et objectivité, pour qu’il puisse choisir lui-même», a-t-il affirmé. Dans cette conception, le média constitue un «pont essentiel entre l’information et le citoyen». Plus l’information est «précise, claire et équilibrée», plus le citoyen est en mesure de connaître ses droits et ses devoirs, et d’exercer son droit électoral «en toute liberté et responsabilité». Cette mission, a-t-il ajouté, ne doit pas se limiter à la période de campagne électorale. Elle doit couvrir l’ensemble du processus : de la révision des listes électorales à la campagne, en passant par les différentes étapes préparatoires, jusqu’au jour du scrutin, au dépouillement et à l’annonce des résultats, conformément aux règles et procédures prévues par la loi. La prochaine échéance étant celle des élections locales, le président de l’ANIE a appelé à une attention particulière aux réalités du terrain. «Les élections locales revêtent une importance particulière parce qu’elles sont directement liées à la vie quotidienne du citoyen, à sa commune et à sa wilaya», a-t-il relevé.
Les assemblées populaires communales et de wilaya, a-t-il poursuivi, «ne sont pas des institutions éloignées du citoyen». Elles sont directement liées à ses préoccupations et à différents aspects de sa vie quotidienne.
Saâd Arous a également salué le travail accompli par les médias lors des précédentes échéances électorales. «Vous avez accompagné la compétition électorale sans devenir partie prenante», a-t-il déclaré à l’adresse des professionnels présents. Selon lui, les médias ont permis aux citoyens de prendre connaissance des différents programmes et visions «sans se substituer à l’électeur dans la détermination de son choix». Ils ont également contribué à inscrire le processus électoral dans son cadre légal et institutionnel, tout en respectant les règles professionnelles et déontologiques. «Ce rôle constitue une partie essentielle de la responsabilité des médias nationaux», a-t-il estimé. La liberté journalistique dans le domaine électoral, a-t-il toutefois précisé, ne signifie pas l’abandon des exigences professionnelles. Elle suppose une information «exacte, vérifiée et équilibrée», une couverture fondée sur l’objectivité et le respect des règles juridiques et professionnelles qui encadrent le processus électoral.
Le développement des plateformes numériques et l’accélération de la circulation de l’information constituent, selon le président de l’ANIE, un nouveau défi pour les journalistes et les médias.
«Trait d’union et oeil vigilant»
Le président de l’ANIE a enfin rappelé que l’organisation des élections ne relève pas de la seule autorité électorale. «Les élections locales ne sont pas une affaire qui concerne uniquement l’Autorité nationale indépendante des élections, ni le ministère de la Communication, ni les partis et les candidats. C’est une échéance nationale et sociétale qui concerne le citoyen avant toute autre partie», a-t-il déclaré. Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, a relevé le rôle central des médias à chaque échéance importante du pays. Il a soutenu que la presse nationale contribue à consacrer les fondements de la démocratie. Elle constitue aussi «un rempart contre les campagnes hostiles qui ciblent l’Algérie et renforce le front intérieur».Selon lui, les médias nationaux ont toujours fait preuve d’un sens national dans le soutien et l’accompagnement des efforts de l’Etat. Aujourd’hui, l’importance d’un accompagnement médiatique professionnel de toutes les étapes du processus électoral dépasse le seul cadre de la pratique professionnelle dans un contexte de guerres électriques visant à provoquer des dissensions, selon lui. «Cette démarche s’inscrit dans la continuité des réformes engagées dans le secteur de l’information depuis 2019 afin d’accompagner les mutations technologiques et géopolitiques mondiales. L’Etat fait ainsi du vote un mécanisme démocratique axé sur la moralisation de la vie politique, l’éloignement de l’argent sale des scrutins et l’élargissement de la participation des femmes et des jeunes», insiste-t-il. Le secteur œuvre ainsi «à renforcer son dispositif juridique et à promouvoir la formation spécialisée des professionnels des médias». Dans cette échéance majeure, les médias nationaux sont appelés à être «un trait d’union neutre entre les électeurs et leurs représentants, en transmettant l’information avec objectivité et en présentant les programmes de l’ensemble des candidats. Ils seront également l’œil vigilant sur la transparence des urnes, en s’appuyant sur les règles de déontologie et d’éthique professionnelles». Les experts qui ont pris la parole lors de cet événement ont notamment mis en garde contre la tendance à transformer une information électorale en simple «produit médiatique», en privilégiant les titres accrocheurs, les formules polémiques ou les extraits de discours susceptibles de générer davantage d’audience.
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