L’expérience de Tebboune comme référence de la gouvernance locale

Par Cherif Ali•22 min de lecture
Brifa
L’expérience de Tebboune comme référence de la gouvernance locale
Résumé IA

L'expérience d'Abdelmadjid Tebboune comme wali d'Adrar, Tiaret et Tizi Ouzou avant d'accéder à la présidence sert de référence pour définir les attentes actuelles envers les walis algériens.

Le récent mouvement dans le corps des walis vise à transformer les méthodes de travail plutôt qu'à simplement renouveler les personnes, en exigeant des résultats tangibles et une évaluation transparente des performances.

Le président appelle les walis à exercer leur autorité avec initiative et présence sur le terrain, tout en respectant les compétences des élus locaux et en évitant tout dérive autoritaire.

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Le Quotidien d'Oran

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quelle place le wali doit-il occuper dans la conduite de l’action publique et dans la dynamique de développement du pays ?

Au-delà des nominations et des changements de postes, c’est toute la conception de la gouvernance territoriale qui se trouve ainsi interpellée. Car le wali n’est pas un simple responsable administratif chargé de superviser des services ou d’exécuter des instructions venues du centre. Il est le représentant de l’État dans la wilaya, le coordinateur de ses services déconcentrés et l’un des principaux acteurs de la mise en œuvre des politiques publiques. À ce titre, il se trouve au point de rencontre entre les orientations nationales, les réalités locales et les attentes quotidiennes des citoyens. Cette responsabilité prend une signification particulière lorsque l’on considère le parcours du président Tebboune lui-même. Avant d’accéder aux plus hautes fonctions de l’État, il a connu les contraintes de l’administration territoriale, exercé des responsabilités de secrétaire général de wilaya et dirigé successivement les wilayas d’Adrar, de Tiaret et de Tizi Ouzou. Son itinéraire professionnel constitue ainsi une expérience directement liée aux exigences du poste qu’il demande aujourd’hui aux walis d’assumer avec davantage d’initiative, d’efficacité et de sens des responsabilités.

Le mouvement des walis : au-delà du renouvellement des personnes

Un mouvement dans le corps des walis répond à plusieurs objectifs possibles : insuffler une nouvelle dynamique à l’administration locale, renouveler les responsabilités, réévaluer les performances et accélérer la réalisation des programmes de développement. Il permet également de redistribuer les cartes au sein de l’administration territoriale, en ouvrant des perspectives à de nouveaux cadres et en donnant à certains responsables l’occasion de démontrer leurs capacités dans des environnements différents.

Cependant, un changement de personnes ne saurait constituer, à lui seul, une réforme de la gouvernance locale. Le véritable enjeu consiste à transformer les méthodes de travail, à améliorer la qualité de la décision et à faire en sorte que chaque changement de responsabilité se traduise par des résultats tangibles pour la population. Les mouvements de walis suscitent parfois des commentaires, des interprétations et des interrogations sur les mérites respectifs des responsables concernés. Certains évoquent des abus, des pratiques de favoritisme ou des relations privilégiées avec des intérêts locaux. Ces appréciations doivent naturellement être distinguées des faits établis. L’essentiel demeure ailleurs : la performance d’un wali doit être appréciée à l’aune de son action, de son intégrité et des résultats obtenus dans le respect de la loi. La nomination relève des prérogatives de l’autorité compétente. Mais si le choix des responsables constitue une prérogative institutionnelle, leur évaluation doit, quant à elle, s’appuyer sur des critères objectifs, transparents et cohérents avec les missions confiées.

Tebboune, un parcours forgé dans l’administration territoriale

Pour comprendre les attentes exprimées à l’égard des walis, il est utile de revenir sur le parcours professionnel d’Abdelmadjid Tebboune.

Né le 17 novembre 1945 à Mécheria, il est diplômé de l’École nationale d’administration d’Alger en 1969, dans la spécialité économie et finances. Il commence sa carrière comme administrateur, avant d’occuper plusieurs fonctions dans l’administration territoriale, notamment celles de secrétaire général de wilaya. Il devient ensuite wali d’Adrar, de Tiaret et de Tizi Ouzou, avant d’exercer des responsabilités ministérielles, puis de devenir Premier ministre en 2017 et président de la République en 2019.

Ce parcours présente un intérêt particulier pour les cadres appelés à diriger les collectivités territoriales. Il témoigne d’une progression professionnelle passant par la connaissance des rouages administratifs, l’expérience du terrain et l’exercice de responsabilités à différents niveaux de l’État.

L’expérience d’Adrar, de Tiaret et de Tizi Ouzou ne saurait être réduite à une simple succession de postes. Ces wilayas présentent des réalités géographiques, économiques et sociales différentes, qui imposent à leurs responsables de comprendre les particularités de chaque territoire et d’adapter leur action aux besoins de leurs populations.

C’est là l’un des premiers enseignements que les walis peuvent tirer de ce parcours : on ne dirige efficacement une wilaya qu’en connaissant ses réalités, ses contraintes, ses ressources et les aspirations de ses habitants. L’administration territoriale ne s’apprend pas uniquement dans les textes réglementaires ou les réunions de coordination. Elle exige une présence régulière sur le terrain, une capacité d’écoute, une connaissance des acteurs locaux et une aptitude à transformer les constats en décisions concrètes. Il ne s’agit évidemment pas d’idéaliser un parcours individuel ni de considérer qu’une expérience passée constitue, à elle seule, une garantie de réussite. Il s’agit plutôt d’en dégager des enseignements utiles à tous les responsables : la connaissance du terrain, la maîtrise des procédures, le sens de l’État et la responsabilité dans la décision.

«Vous êtes le premier pilier de l’État» : une responsabilité, pas un privilège !

En présentant le wali comme un pilier de l’État, le président Tebboune rappelle la place stratégique de cette fonction dans l’organisation et le fonctionnement des institutions.

Mais cette position ne doit pas être interprétée comme un privilège attaché à un statut. Elle implique, au contraire, une exigence accrue de responsabilité, de disponibilité et d’exemplarité.

Le wali est appelé à faire respecter la loi, à coordonner les services publics, à veiller à l’exécution des programmes et à intervenir lorsque des dysfonctionnements compromettent les intérêts de la population. Il doit également assurer la coordination entre les services déconcentrés de l’État, les collectivités locales et les élus, sans se substituer systématiquement à chacun d’eux.

Cette responsabilité suppose de concilier deux impératifs : exercer pleinement l’autorité de l’État et respecter les compétences des institutions et des responsables locaux. Le président Tebboune a notamment appelé les walis à sortir du réflexe de l’hésitation, à prendre des initiatives et à faire preuve d’audace face aux défis stratégiques du pays. Il a également insisté sur la nécessité d’adapter les méthodes de gestion et de ne pas attendre systématiquement des instructions centrales.

Cette orientation mérite d’être soulignée. Dans une administration confrontée à des problèmes urgents, l’attentisme peut devenir aussi pénalisant qu’une mauvaise décision. Lorsqu’un projet est bloqué, qu’une difficulté administrative se prolonge ou qu’une préoccupation citoyenne reste sans réponse, le responsable territorial doit identifier les causes, mobiliser les intervenants compétents et rechercher une solution dans le cadre de ses prérogatives.

Prendre des initiatives ne signifie pas agir en dehors des règles ; cela signifie utiliser pleinement les marges de décision que la loi accorde au responsable public.

Le wali doit donc être capable de décider lorsque les textes le permettent, de solliciter les arbitrages nécessaires lorsque les compétences dépassent son niveau et de rendre compte des résultats obtenus.

De l’autorité à l’autoritarisme : une frontière à ne pas franchir

Une autre orientation essentielle concerne la manière d’exercer l’autorité.

Le wali représente l’État. À ce titre, il doit pouvoir imposer le respect des règles, assurer la coordination de l’action publique et demander des comptes aux responsables placés sous son autorité. Mais cette exigence ne justifie ni les comportements humiliants ni les démonstrations de pouvoir destinées à impressionner les caméras.

L’autorité administrative tire sa légitimité de la loi, de la compétence et de la capacité à résoudre les problèmes. Elle perd de sa portée lorsqu’elle se transforme en mise en scène ou en exercice personnel du pouvoir.

Les sorties sur le terrain, les visites de chantiers et les réunions avec les responsables locaux n’ont de sens que si elles permettent d’identifier des difficultés, de fixer des échéances et de vérifier l’exécution des décisions prises. Le spectacle médiatique ne saurait remplacer le travail administratif. Une visite d’inspection n’est pas un résultat ; elle n’en constitue que le point de départ. Le véritable résultat se mesure à la levée des obstacles, à la livraison d’un équipement, à l’amélioration d’un service public ou à la résolution d’un problème signalé par les citoyens. Les walis gagneraient ainsi à privilégier une autorité fondée sur la maîtrise des dossiers, la fermeté dans l’application des textes, le dialogue avec les élus et la reconnaissance du travail accompli par les équipes. Il s’agit moins de donner à voir le pouvoir que de démontrer son utilité.

Le wali, un manager du développement économique local

La fonction de wali a considérablement évolué. Au maintien de l’ordre public et à la coordination administrative se sont ajoutées des attentes croissantes en matière de développement économique, d’investissement, d’emploi et d’amélioration du cadre de vie.

Cette évolution impose une transformation des méthodes de gestion. Le wali doit être en mesure de définir des priorités, d’établir un calendrier d’exécution, d’identifier les ressources disponibles et d’évaluer périodiquement les résultats.

Il lui appartient notamment de contribuer à la valorisation des potentialités économiques de sa wilaya : foncier disponible, agriculture, industrie, tourisme, ressources naturelles, savoir-faire local et capacités entrepreneuriales. La création de richesses et d’emplois ne peut toutefois reposer sur des annonces ou sur la seule attribution de terrains. Elle exige un accompagnement effectif des investisseurs, une coordination des services concernés, la clarification des procédures et un suivi rigoureux jusqu’à la mise en exploitation des projets. L’expérience de nombreuses opérations d’investissement montre l’importance de distinguer les projets annoncés, les projets autorisés, les projets effectivement lancés et ceux qui produisent réellement de la richesse et de l’emploi.

Le wali doit donc disposer d’une vision économique de son territoire, tout en veillant à ce que les décisions d’investissement répondent aux besoins locaux et respectent les règles applicables. Cette mission reste néanmoins tributaire de contraintes que le responsable territorial ne peut résoudre seul. La disponibilité du foncier, les raccordements aux réseaux, les autorisations sectorielles, les financements et les procédures relevant des administrations centrales peuvent ralentir les projets. C’est pourquoi l’efficacité de l’action locale suppose aussi une meilleure coordination entre le niveau central et le niveau territorial. Il ne suffit pas de demander des résultats aux walis : il faut également leur permettre de mobiliser les moyens nécessaires, d’obtenir des réponses dans des délais raisonnables et de disposer de circuits décisionnels adaptés.

Les limites d’une fonction soumise à des injonctions multiples

La fonction de wali demeure confrontée à une difficulté structurelle : l’étendue des missions et la dispersion des sollicitations. Des problèmes d’assainissement, de collecte des déchets, de voirie, d’approvisionnement en eau ou d’entretien des équipements publics peuvent mobiliser une part importante du temps consacré à la gestion territoriale. Pourtant, nombre de ces questions relèvent d’abord des APC, des établissements publics ou des services techniques compétents.

L’intervention du wali est indispensable lorsque la coordination fait défaut, lorsque les moyens locaux sont insuffisants ou lorsqu’un problème exige un arbitrage. Mais elle ne doit pas conduire à concentrer systématiquement toutes les responsabilités à son niveau. À force de devoir intervenir dans chaque dossier, le wali risque de perdre la disponibilité nécessaire à la planification, au développement économique et à l’évaluation des politiques publiques. Il faut donc clarifier les responsabilités, responsabiliser les exécutifs communaux et renforcer les capacités des services techniques. Le wali doit pouvoir se consacrer aux enjeux stratégiques tout en assurant un contrôle effectif de l’action menée à chaque échelon.

À cette première difficulté s’ajoute la multiplication des procédures, des instructions et des interventions administratives. Lorsqu’un dossier mobilise de nombreux services, les délais s’allongent et les responsabilités se diluent. Le responsable territorial peut alors se retrouver comptable d’un résultat dont une partie des conditions d’exécution échappe à son pouvoir de décision. La réponse ne consiste pas à supprimer les contrôles nécessaires, mais à simplifier les circuits administratifs, à définir clairement les responsabilités et à instaurer des mécanismes de coordination assortis de délais précis.

La modernisation de l’administration territoriale exige ainsi une évolution des méthodes de travail, une meilleure circulation de l’information et un recours plus large aux outils numériques.

Des prérogatives renforcées, mais aussi des obligations de résultats

La question du statut du wali, de ses prérogatives et de ses moyens d’action mérite une attention particulière au regard de la complexité croissante de ses missions. Les réflexions consacrées au développement économique local ont notamment mis en avant le besoin de renforcer la planification, d’améliorer la coordination des services extérieurs de l’État et de valoriser les ressources humaines. Elles soulignent également l’intérêt d’une meilleure cohérence entre les textes régissant l’action locale et les responsabilités effectivement confiées aux walis. L’élargissement des capacités de décision ne peut cependant être envisagé indépendamment des mécanismes de contrôle et d’évaluation. Plus les responsabilités sont importantes, plus les objectifs doivent être clairs et les résultats mesurables. Une réforme efficace devrait notamment permettre de mieux distinguer les compétences de l’État, celles de la wilaya et celles des communes, tout en donnant aux responsables les moyens de remplir leurs missions.

Elle devrait également renforcer les capacités financières locales, améliorer le recouvrement des ressources légalement dues et favoriser une utilisation plus rationnelle des budgets publics.

L’objectif n’est pas de transformer les collectivités territoriales en entreprises privées. Leur mission demeure celle du service public, avec des obligations de légalité, d’équité et de continuité. Il s’agit plutôt d’introduire dans leur gestion les exigences de planification, d’efficacité, de suivi et d’évaluation qui permettent d’utiliser au mieux les ressources disponibles. Le wali doit, dans cette perspective, être un manager du service public et du développement territorial, et non un simple gestionnaire de procédures.

Protéger le citoyen et améliorer son cadre de vie

Au-delà des grands projets économiques, l’action d’un wali se juge aussi à la manière dont sont traitées les préoccupations quotidiennes de la population. L’état des routes, la disponibilité de l’eau potable, l’entretien des établissements publics, la collecte des déchets, la prévention des risques naturels, la vigilance sanitaire et la protection des personnes et des biens constituent des responsabilités qui exigent anticipation et coordination. Les orientations adressées aux responsables locaux insistent régulièrement sur le suivi des projets prioritaires, l’accélération des réalisations et le traitement des dossiers urgents. Les communications du ministère de l’Intérieur relatives aux sorties de terrain des walis mettent également en avant le contrôle de l’avancement des projets de développement. Mais l’efficacité ne se mesure pas au nombre de réunions organisées ni au volume des rapports produits.

Elle se mesure à la capacité de l’administration à prévenir les difficultés, à intervenir dans les délais et à apporter une réponse compréhensible aux citoyens. Un wali attentif doit donc organiser des mécanismes de suivi des réclamations, s’assurer que les services concernés répondent aux demandes et identifier les dysfonctionnements récurrents. Il doit également veiller à ce que les interventions d’urgence ne fassent pas oublier les problèmes structurels qui nécessitent une programmation à moyen et à long terme. La proximité ne doit pas être occasionnelle ou réservée aux circonstances médiatisées. Elle doit devenir une méthode permanente de gouvernance.

Des hommes, des compétences et une culture de responsabilité

Aucune réforme administrative ne peut réussir sans des ressources humaines compétentes et motivées. Le wali ne peut agir seul. Il dépend de la qualité des secrétaires généraux, des chefs de daïra, des responsables des directions exécutives, des cadres des communes et des équipes techniques chargées de mettre en œuvre les décisions.

Il lui revient de constituer une équipe cohérente, de répartir clairement les missions et de faire prévaloir la compétence sur les considérations étrangères à l’intérêt général. Cela implique aussi de reconnaître le travail bien accompli, d’accompagner les cadres confrontés à des difficultés et de sanctionner les manquements lorsqu’ils sont établis. L’évaluation doit porter sur des critères professionnels et des objectifs connus, et non sur la seule capacité à satisfaire les attentes immédiates de la hiérarchie. Le mouvement des walis peut ouvrir de nouvelles perspectives de carrière, mais il ne produira une dynamique durable que si la mobilité s’accompagne d’une véritable politique de formation, de transmission des dossiers et de valorisation des compétences. L’expérience acquise dans une wilaya doit pouvoir profiter à une autre. Les bonnes pratiques doivent être partagées, les erreurs analysées et les projets engagés suivis au-delà des changements de responsables.

La continuité du service public exige que l’administration ne dépende pas exclusivement de la personnalité de celui qui la dirige.

S’inspirer d’un parcours sans en faire un modèle figé

Le parcours d’Abdelmadjid Tebboune offre aux walis une matière de réflexion particulière, puisqu’il a lui-même exercé les fonctions qu’il leur demande aujourd’hui d’assumer avec davantage d’initiative et d’efficacité.

L’enseignement à retenir n’est pas que tous les responsables doivent reproduire son itinéraire ou ses méthodes. Il est plutôt que la connaissance du terrain, l’expérience administrative et la compréhension des réalités locales constituent des atouts importants pour exercer de hautes responsabilités publiques.

Les orientations présidentielles invitent les walis à rompre avec l’attentisme, à prendre des initiatives dans le cadre de la loi, à accélérer les projets, à coordonner les services et à rechercher des solutions concrètes aux préoccupations des citoyens. Ces exigences doivent être accompagnées de moyens adaptés, de procédures plus simples et d’une répartition claire des responsabilités. La performance ne peut être imputée au seul wali lorsque les obstacles dépendent d’autres administrations ou de décisions prises à un niveau supérieur. Mais les contraintes ne doivent pas non plus devenir un argument permanent pour justifier l’inaction. Il appartient au responsable de distinguer ce qui relève de ses compétences, ce qui exige une coordination et ce qui nécessite un arbitrage, puis d’engager les démarches utiles sans délai inutile. C’est dans cet équilibre entre initiative et légalité, autorité et dialogue, ambition et réalisme que se construit une administration territoriale efficace.

Loin du folklore médiatique, le devoir de servir

Au terme de cette réflexion, une évidence s’impose : la fonction de wali ne peut être réduite ni à un statut prestigieux ni à une succession de nominations. Elle représente une responsabilité majeure dans la concrétisation de l’action de l’État. Le parcours de Tebboune, depuis ses débuts dans l’administration jusqu’à la présidence de la République, rappelle l’importance de l’expérience territoriale dans la compréhension des mécanismes de gouvernance. Les orientations qu’il adresse aux walis mettent, quant à elles, l’accent sur l’initiative, la proximité, la rigueur dans l’exécution et l’obligation de résultats.

Reste à traduire ces principes en pratiques durables : des projets achevés, des investissements opérationnels, des services publics améliorés, des procédures simplifiées et des citoyens mieux écoutés. Le wali n’a pas vocation à être omniprésent, encore moins à se mettre en scène. Il doit organiser, coordonner, arbitrer, anticiper et rendre compte. Son autorité doit se mesurer à la qualité des décisions prises, à la mobilisation des compétences et aux améliorations effectivement apportées à la vie de la population. Être le premier pilier de l’État, ce n’est pas occuper le devant de la scène : c’est assumer pleinement la responsabilité de faire fonctionner l’État au plus près du citoyen.

Loin du folklore médiatique, c’est à cette exigence de service public, de compétence et de résultats que les walis devraient être évalués.

*Ancien Chef de Daïra

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