Hausse des prix des carburants en Europe : Les gouvernements dépassés par l’ampleur de la crise

La crise du détroit d'Ormuz provoque une flambée des prix des carburants en Europe, mettant les gouvernements en difficulté face à l'ampleur de la situation.
En Italie, les groupes ENI, IP et le koweïtien Q8 ont accepté de plafonner les prix à partir du 1er octobre, ENI fixant un maximum de 2,19 €/litre pour le gazole et 1,99 €/litre pour l'essence.
L'Espagne a prolongé sa remise à la pompe de 20 centimes/litre jusqu'à fin décembre, tandis qu'en France la prime de 100 euros s'avère insuffisante et que 25 millions d'euros ont été débloqués pour les pêcheurs.
Le Royaume-Uni subit des prix records du diesel, et les pays scandinaves restent les plus chers d'Europe avec des tarifs oscillant entre 2,5 et 2,73 euros le litre.
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L’onde de choc provoquée par la crise du détroit d’Ormuz a frappé de plein fouet le continent européen, ravivant ainsi les inquiétudes liées à l’approvisionnement énergétique et à l’évolution des prix. Dans plusieurs pays du continent, la crise s’est installée durablement, se traduisant par une flambée des prix des carburants.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement italien a appelé les groupes énergétiques à un plafonnement des prix. Quelques jours plus tard, les deux géants pétroliers ENI et Italiana Petroli (IP) ont annoncé leur adhésion à cette démarche. Hier, c’était au tour du groupe koweïtien Q8, troisième groupe énergétique en Italie, d’annoncer lui aussi un plafonnement du prix des carburants qu’il vend dans la péninsule.
«Dans un contexte marqué par de graves crises géopolitiques et par de fortes tensions sur les prix des carburants, Q8 Italia, répondant à l’invitation du gouvernement italien, appliquera un plafonnement des prix sur l’essence et le gazole, confirmant ainsi son engagement en faveur des consommateurs», indique un communiqué du groupe koweïtien. Selon la même source, ce plafonnement qui entrera en vigueur à partir du 1er octobre pour une durée de trente jours «sera appliqué selon une approche modulable».
Ainsi, le prix maximal fixé par ENI pour le gazole est de 2,19 euros/litre et de 1,99 euro/litre pour l’essence. A son tour, le groupe IP, propriété de la compagnie énergétique nationale de l’Azerbaïdjan, a annoncé dimanche un plafonnement des prix de vente de ses carburants en Italie. «La valeur des prix sera déterminée en fonction des différents besoins, afin de garantir la survie de la filière composée de milliers d’exploitants», indique un communiqué d’IP.
Coûts logistiques
La crise des carburant touche également l’Espagne où une hausse des prix estimée à 4,9% a été enregistrée au cours de ce mois de septembre, contre 4,3% en août. Cette inquiétante progression des prix a contraint le gouvernement espagnol à prolonger, jusqu’à fin décembre, les aides à la pompe. Il s’agit d’une remise de 20 centimes par litre sur l’essence et le gazole en octobre. Cependant, cette remise est appelée à être diminuée lors des prochains mois. En France, les citoyens commencent à sentir les effets de la crise. La prime de 100 euros décidée par le gouvernement au profit des «grands rouleurs», puis étendue pour toucher les autres automobilistes, demeure insuffisante pour affronter la crise. En effet, le coût global de l’énergie inquiète les Français, notamment à l’approche de la saison hivernale.
En outre, afin d’alléger l’impact de la crise énergétique, la Commission européenne a approuvé, hier, un soutien de 25 millions d’euros de l’Etat français en faveur des pêcheurs. «Ce soutien public représente 0,25 euro par litre de gazole et doit couvrir 70% des surcoûts liés à l’inflation des carburants pour la période courant de juin à octobre 2026», a rapporté l’AFP. Confronté à la colère du secteur de la pêche, le gouvernement français a déjà annoncé la poursuite de ces aides aux pêcheurs jusqu’à fin décembre, à hauteur de 35 centimes par litre.
Par ailleurs, le prix du diesel à la pompe a atteint des niveaux records au Royaume-Uni. Ce qui alourdit également les coûts logistiques et de transport d’un vaste éventail de biens. Même les pays scandinaves, Danemark, Finlande, Suède et Norvège, n’ont pas été épargnés par la crise. Ces pays affichent des tarifs les plus élevés d’Europe allant de 2,5 à 2,73 euros le litre.
Omar Arbane
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