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Recul de l’aide internationale : Plus de 8 millions de réfugiés et de déplacés menacés, alerte l’ONU

Par R. I.•5 min de lecture
Brifa
Recul de l’aide internationale : Plus de 8 millions de réfugiés et de déplacés menacés, alerte l’ONU
Résumé IA

Le HCR alerte que les coupes budgétaires massives menacent de priver d'aide 8,3 millions de réfugiés et déplacés, l'agence n'ayant reçu que 32 % des 8,5 milliards de dollars nécessaires pour 2026.

Pays sous pression

PaysPopulation concernéeImpact principal
Tchad319 000 réfugiésRetards d'enregistrement ; 200 000 femmes/filles sans espaces sûrs ; 233 000 enfants sans protection
SoudanDizaines de milliersPerte d'accès aux services pour survivants de violences sexuelles et enfants en danger
Irak350 000 réfugiés/demandeurs d'asileRisque de perte d'opportunités d'inclusion économique
Syrie162 500 déplacés/retournésPas d'aide financière faute de fonds
Afghanistan175 foyers (2026) vs 5 300 (2024)Chute drastique des allocations de réintégration

Réductions opérationnelles du HCR

IndicateurSituation
Effectifs–33 %
Bureaux fermés140
Financement disponible 20253,9 Md $ (contre 5,2 Md $ en 2024)
Fonds reçus pour 2026 (fin juillet)32 % de l'appel de 8,5 Md $
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El Watan

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Les coupes budgétaires poussent les organisations de soutien aux réfugiés au «point de rupture» dans plusieurs zones cruciales, où près de 8,3 millions de personnes risquent d’être privées d’aide cette année, a alerté hier le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

«La protection ne peut être réduite indéfiniment sans provoquer l’effondrement des systèmes. En deçà d’un certain seuil, les services ne se contentent pas de toucher moins de personnes ; ils peuvent cesser totalement de fonctionner, laissant les plus vulnérables sans la protection dont ils ont besoin», a prévenu Dominique Hyde, directrice des relations extérieures du HCR, à l’occasion de la publication d’un rapport de l’organisation.

Dans ce rapport, l’organisation explique que sa capacité à protéger et à assister les réfugiés est «érodée par une aggravation du déficit de financement», qui la contraint «à réduire ses programmes essentiels». «Il ne s’agit pas simplement de réduire la voilure ici ou là, ce sont des coupes massives et draconiennes qui affecteront d’innombrables vies, et ce, de manière désastreuse», a déploré Mme Hyde. Les fonds disponibles de l’agence sont déjà passés de 5,2 milliards de dollars à 3,9 milliards entre 2024 et 2025 du fait d’une baisse des contributions. Et fin juillet 2026, le HCR n’avait reçu que 32% des 8,5 milliards de dollars nécessaires pour l’année, alors même que le nombre de personnes relevant de son mandat de protection se maintient à des niveaux qualifiés d’«historiquement élevés». Cette situation place près de 8,3 millions de personnes sous la menace d’une privation d’aide, ajoute l’agence.

«Sous pression»

«Lorsque l’enregistrement s’arrête, que les foyers d’accueil ferment ou que les services de protection de l’enfance disparaissent, les risques mêmes que les populations ont fuis – violence, exploitation et abus – ressurgissent dans les zones de déplacement», a relevé Mme Hyde. L’agence met en lumière plusieurs exemples de pays «sous pression», comme le Tchad, où 319 000 réfugiés sont confrontés à des retards d’enregistrement, ce qui les prive de documents nécessaires pour accéder aux services et les expose à des risques de détention. Faute de soutien, ajoute le HCR, jusqu’à 200 000 femmes et filles risquent de perdre l’accès à des espaces sûrs et à des programmes de prévention dans ce pays, et environ 233 000 enfants pourraient y être privés de services de protection. Au Soudan, des dizaines de milliers de survivants de violences sexuelles et d’enfants «en grand danger» pourraient perdre l’accès à des services de protection essentiels.

Face à la baisse de ses ressources, l’agence a indiqué avoir «dû prendre des mesures difficiles de priorisation pour préserver ses activités les plus cruciales». Toutefois, note l’agence, «l’ampleur et la persistance du déficit de financement font que même les activités de protection et de recherche de solutions jugées prioritaires par le HCR sont désormais touchées». Et les réductions budgétaires compromettent les efforts visant à limiter la dépendance à l’aide humanitaire, comme en Irak, où quelque 350 000 réfugiés et demandeurs d’asile risquent de perdre l’accès à des opportunités d’inclusion économique. En Syrie, 162 500 personnes déplacées internes et réfugiés de retour ne recevront pas d’aide financière faute de fonds supplémentaires, et en Afghanistan, les allocations de réintégration n’ont bénéficié qu’à 175 foyers depuis le début de l’année 2026, contre 5300 en 2024. «L’année dernière, nous avons réduit nos effectifs de 33%. Nous avons fermé 140 bureaux», a indiqué Mme Hyde, exhortant gouvernements, institutions, fondations et particuliers à «maintenir leur aide partout et chaque fois que cela est possible, et d’étendre leur soutien».

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