Investissements touristiques : Assainissement du foncier pour accélérer les projets

La ministre du Tourisme Houria Meddahi a présidé une réunion pour assainir le foncier touristique et accélérer la concrétisation des projets d'investissement, en présence de l'Agence nationale du foncier touristique.
Le portefeuille national compte 238 zones et sites touristiques répartis sur 50 wilayas, dont 86 ZET dotées de plans d'aménagement, avec 25 ZET déjà aménagées.
Par ailleurs, 294 projets hôteliers sont en cours de réalisation dans les zones d'expansion touristique, dont 111 en concession et 183 sur des terrains privés.
La ministre a ordonné la création d'un fichier national du foncier touristique et l'adoption de formules d'investissement adaptées aux petits porteurs de projets.
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Le foncier n’est plus une simple question de terrains : c’est désormais la première variable de l’équation touristique. C’est en substance le message délivré par la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, qui a présidé jeudi une réunion de coordination consacrée à la situation du foncier touristique destiné à l’investissement, en présence de représentants de l’Agence nationale du foncier touristique (ANFT).
A l’ordre du jour : le suivi de l’opération de recensement et de mise à jour des assiettes foncières touristiques mises à la disposition des investisseurs via la plateforme de l’investisseur de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement.
Pour la ministre, le développement du secteur repose avant tout sur une condition préalable : la disponibilité d’assiettes foncières claires, aménagées et exploitables. «Le développement du secteur touristique est étroitement lié à la mise à disposition d’assiettes foncières claires, aménagées et exploitables, ainsi qu’à la levée des obstacles susceptibles d’entraver la concrétisation des projets, avec l’adoption d’une approche fondée sur la numérisation, l’unification des données et l’amélioration de l’attractivité du foncier touristique pour l’investissement», a affirmé Mme Meddahi.
Les chiffres présentés lors de la réunion donnent la mesure du dispositif.
Le portefeuille national comprend 238 zones d’expansion et sites touristiques classés à travers 50 wilayas, dont 86 zones d’expansion touristique (ZET) dotées de plans d’aménagement, avec 25 ZET déjà aménagées. Un chantier est en cours : celui de 10 nouvelles ZET qui permettra de mettre sur le marché 70 assiettes foncières destinées à accueillir «des villages touristiques, hôtels et complexes», autant d’offres qui vont consolider et renforcer les capacités d’accueil du tourisme domestique.
Le focus affiché sur le tourisme domestique est cohérent avec la demande actuelle, mais la capacité d’accueil ne se résume pas aux lits : c’est aussi la restauration, l’animation, la qualité du service et l’accessibilité par la route. Le taux de remplissage dépendra plus de l’écosystème de destination que du seul parc immobilier.
Côté investisseurs, on note 294 projets hôteliers agréés en cours de réalisation dans les ZET, répartis entre 111 projets en droit de concession et 183 projets sur terrains appartenant à des particuliers.
294 hôtels supplémentaires exigent une montée en charge de la formation, de la main-d’œuvre saisonnière et de la qualité. L’aménagement sans plan RH aboutit à des actifs sous-performants.
Fixer des échéances
Cependant, il faut préciser que le vrai problème, comme le souligne Abdelouahab Boulefkhad, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie et du tourisme, n’est pas de construire de nouveaux hôtels, mais de faire fonctionner ceux déjà lancés, en allégeant les conditions de financement pour les investisseurs expérimentés. Lors de plusieurs prises de parole médiatiques, il a mis en exergue le fait que «beaucoup de projets sont en effet à l’arrêt».
Face à un parc foncier encore perfectible, la ministre a tranché : «Assainir et mettre à jour les données.» Concrètement, il s’agit d’accélérer le recensement, d’élaborer un fichier national du foncier touristique incluant la situation juridique et technique de chaque assiette, sa superficie, sa localisation, la disponibilité des réseaux et les types de projets envisageables, et de terminer les travaux d’aménagement et de raccordement aux réseaux divers des zones d’expansion.
La coordination de terrain constitue le second axe de la feuille de route : directions du tourisme et de l’artisanat, services des Domaines de l’Etat, Conservation foncière, autorités locales et ANFT devront travailler main dans la main pour régler les situations en instance et lever les obstacles «dans des délais déterminés». L’idée est de sortir d’une culture de l’attente indéfinie. Fixer des échéances claires oblige les administrations à rendre des comptes et donne de la visibilité aux investisseurs. Cette instruction traduit une volonté de passer d’une gestion bureaucratique à une approche pragmatique et orientée vers des résultats, afin que les projets touristiques ne restent pas bloqués dans les tiroirs.
Une orientation est également annoncée : l’adoption de formules d’investissement innovantes et souples, ne nécessitant pas de grandes superficies — une réponse à l’attente des petits porteurs de projets.
Au-delà de la disponibilité des terrains, Mme Meddahi rappelle la finalité du dispositif : «L’objectif de la mobilisation du foncier touristique ne se limite pas à la mise à disposition de superficies pour l’investissement, mais consiste à orienter cet actif vers des projets touristiques générateurs de valeur ajoutée, créateurs de richesse et d’emplois, tout en soutenant le développement local.»
La réunion s’inscrit dans la poursuite des orientations des hautes autorités du pays visant à améliorer le climat des affaires et à accélérer la mise effective du foncier économique à la disposition des porteurs de projets. Les ZET sont des outils de planification et d’aménagement visant à organiser le développement touristique régional sur l’ensemble du territoire.
Derrière les chiffres du foncier touristique se joue une question décisive pour l’avenir du secteur : comment passer du potentiel à l’investissement réel ? L’enjeu est moins de disposer de terrains que de les rendre effectivement exploitables, lisibles et attractifs pour les investisseurs.
Kamel Benelkadi
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