Hommage à Odile Bendimerad, témoin d’une mémoire franco-algérienne partagée

Les obsèques de Odile Bendimerad, née Berger, âgée de 88 ans, ont été célébrées ce samedi 29 novembre en la basilique d’Ainay à Lyon, en présence des représentants du consulat d’Algérie et du père Christian Delorme. Épouse de Maître Mohamed Kebir Bendimerad, premier consul général d’Algérie à Lyon (1962-1965) et avocat lyonnais ayant défendu des détenus du FLN pendant la Guerre d’Algérie, elle témoigne du lien franco-algérien et le couple s’installa à Alger après l’indépendance avant de revenir en France en 1989. La cérémonie rappelle cette mémoire partagée et des condoléances ont été adressées à Amine et Malia Bendimerad et à leurs familles.
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TSA Algérie
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Ce samedi 29 novembre, en la basilique d’Ainay à Lyon, j’ai assisté aux funérailles de Madame Odile Bendimerad, née Berger, disparue à l’âge de 88 ans. Elle était l’épouse de Maître Mohamed Kebir Bendimerad, premier consul d’Algérie à Lyon de 1962 à 1965. La cérémonie fut célébrée par le père Christian Delorme, en présence des représentants du consulat d’Algérie à Lyon. C’est une témoin de l’histoire tumultueuse entre la France et l’Algérie.
Pendant la Guerre d’Algérie, Maître Bendimerad, alors avocat au barreau de Lyon, avait réuni autour de lui un groupe d’une quinzaine d’avocats lyonnais engagés dans la défense des détenus du FLN.
Un parcours marqué par les liens entre la France et l’Algérie
Après l’indépendance, en 1962, il fut nommé premier consul général d’Algérie à Lyon, dans les locaux de la rue Vauban, dans le 6ᵉ arrondissement — un bâtiment tristement associé aux sévices infligés à des Algériens durant la guerre : électrocutions, passages à tabac, entraves, humiliations et autres traitements d’une extrême violence.
En 1969, le couple s’installa à Alger avec leurs deux jeunes enfants, Malia et Amine, où Maître Bendimerad ouvrit un cabinet aux côtés de Maître Ali Haroun, l’un des responsables du FLN en France durant la guerre et l’une des grandes figures politiques et intellectuelles de l’Algérie contemporaine.
La famille rentra en France en 1989, peu avant le début de la « décennie noire », qui plongea profondément le peuple algérien dans la douleur et le deuil. Maître Mohamed Kebir Bendimerad s’est éteint en 2000, à Paris, des suites d’une crise cardiaque. J’adresse mes sincères condoléances à Amine et Malia, à leurs enfants, ainsi qu’à l’ensemble des familles Bendimerad et Berger.