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Combats entre houthis et forces gouvernementales : Au moins 80 morts au Yémen

Par M. B.•7 min de lecture
Brifa
Combats entre houthis et forces gouvernementales : Au moins 80 morts au Yémen
Résumé IA

Au moins 80 personnes ont été tuées en 24 heures dans des combats entre les rebelles houthis et les forces gouvernementales yéménites, principalement dans la province stratégique de Taïz.

Cette province du sud-ouest, donnant sur la mer Rouge et le détroit de Bab el Mandeb, est au cœur de la plus grave escalade depuis le cessez-le-feu de 2022 négocié par l'ONU.

Par ailleurs, les Houthis ont visé une sous-station électrique alimentant la Mosquée du Prophète à Médine, provoquant des condamnations unanimes du Qatar, de la Ligue arabe, de la Turquie et d'Al-Azhar.

Les rebelles chiites, proches de l'Iran, ont nié toute implication dans cette attaque, rejetée comme une provocation contre les lieux saints de l'islam.

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Nouvelle escalade au Yémen dans le conflit qui oppose les rebelles chiites houthis et les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite : les combats entre les deux parties ont fait plus de 80 morts en 24 heures, soit de jeudi à hier, a rapporté l’AFP en précisant avoir recueilli cette information auprès de «sources des deux camps».

Dans les rangs des Houthis, «au moins 55 combattants (…) ont été tués dans le gouvernorat de Taïz, notamment par des frappes aériennes», indique l’AFP, tandis que du côté des forces yéménites pro-saoudiennes, on dénombre «26 militaires tués».

Le colonel Majid al Nuzaili, porte-parole militaire du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, cité par l’agence Reuters, a affirmé hier que «des avions de combat ont mené 20 frappes au cours des trois dernières heures (ce vendredi, ndlr), visant les mouvements, le personnel, les véhicules et le matériel militaire des Houthis dans la province de Taïz». Reuters note que «ces frappes interviennent dans le contexte de la plus grave escalade entre l’Arabie saoudite et les Houthis, proches de l’Iran, depuis qu’un cessez-le-feu négocié par l’ONU a largement mis fin aux attaques transfrontalières en 2022».

Et de souligner l’importance stratégique que représente la province de Taïz, au sud-ouest du pays, donnant directement sur la mer Rouge, ce qui permettrait aux Houthis pro-iraniens d’asseoir leur contrôle sur une autre route maritime vitale pour le commerce international : le détroit de Bab el Mandab. «Une occupation sans opposition de Taïz, dans le sud-ouest du Yémen, permettrait aux Houthis d’exercer un contrôle total sur le nord du pays, de renforcer leur emprise sur la côte de la mer Rouge et d’accéder plus facilement au sud et à la ville portuaire d’Aden, siège du gouvernement», décrypte Reuters.

Combats meurtriers à Taïz

D’après l’agence britannique, «les combats se sont généralisés dans toute la province de Taïz, et les autorités ont ordonné la fermeture de toutes les routes menant à la province, les désignant comme zones d’opérations militaires». «Environ 19 routes ont été touchées par ces fermetures, y compris la route principale reliant le sud de Sanaa à Taïz», ajoute la même source.
Mardi, les combattants de Ansar Allah (nom officiel des Houthis) ont attaqué une station de distribution d’électricité à Médine qui alimente la Mosquée du Prophète. C’est ce qu’a révélé avant-hier l’agence de presse saoudienne SPA, citant une source officielle. «Le porte-parole des forces de la ‘Coalition de soutien à la légitimité au Yémen’, le général de division Turki Al-Maliki, a annoncé qu’une attaque terroriste avait eu lieu à 5h11 du matin ce mardi 29 septembre à la sous-station électrique de Taïba, située dans la ville de Médine (…).

Les résultats de l’enquête et les conclusions des autorités compétentes ont démontré l’implication de la milice extrémiste houthie dans la planification et l’exécution de cet acte terroriste lâche, comme l’ont confirmé l’analyse opérationnelle et les débris du drone utilisé», rapporte l’agence saoudienne. «Le général Al-Maliki a précisé que cet acte terroriste avait provoqué la mise hors service d’un transformateur sans pour autant affecter le réseau électrique, De plus, cet acte terroriste lâche visant une infrastructure civile assurant l’alimentation électrique de la Mosquée du Prophète à Médine s’inscrit dans la continuité de la stratégie de cette milice extrémiste qui tente de s’en prendre aux deux Saintes Mosquées et continue délibérément de heurter les sentiments de millions de musulmans à travers le monde en ciblant La Mecque et Médine», poursuit la même source. «Le général Al-Maliki a affirmé que la Coalition continuerait à adopter et à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour dissuader la milice terroriste houthie, afin de garantir la protection des deux Saintes Mosquées et la sécurité des pèlerins à La Mecque et à Médine», conclut la dépêche de l’agence officielle saoudienne.

Condamnations unanimes de l’attaque de Médine

Le gouvernement yéménite, soutenu par Riyad, est aussitôt monté au créneau pour dénoncer «une violation flagrante de la souveraineté du royaume d’Arabie saoudite et du caractère sacré de Médine, ainsi qu’une provocation délibérée à l’égard des musulmans du monde entier». Le Yémen «considère la milice terroriste houthie et le régime iranien qui la soutient entièrement responsables de cette attaque», a tranché le ministère yéménite des Affaires étrangères dans un post sur X. Outre l’indignation du gouvernement officiel du Yémen, l’attaque de Médine a suscité de vives réactions dans le monde musulman.

Doha a déclaré par la voix de son ministère des Affaires étrangères : «Le Qatar considère cet acte comme une grave atteinte au caractère sacré des Lieux Saints de l’Islam, une provocation manifeste des sentiments des musulmans, un mépris inacceptable pour les vies civiles, une violation flagrante de la souveraineté de l’Arabie saoudite et une transgression évidente du droit international.» La Ligue arabe a, pour sa part, estimé dans un communiqué relayé par l’AFP que «cette attaque suscite la colère des musulmans du monde entier et traduit une dangereuse escalade de la part de la milice houthie».

L’institution religieuse Al-Azhar du Caire a exprimé son «rejet catégorique» de cette offensive «qui menace la sécurité de la Cité du Messager d’Allah (paix soit sur lui) et la met en danger». La Turquie, qui est liée à l’Arabie saoudite par un pacte de défense mutuelle, a également réagi avec autorité après cette agression, indique l’AFP. «Nous condamnons fermement l’attaque des Houthis contre les infrastructures civiles à Médine, s’est insurgé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué jeudi, avant de marteler : «Ces attaques provocatrices, qui menacent la souveraineté et la sécurité de l’Arabie saoudite et visent les valeurs sacrées du monde islamique, doivent cesser immédiatement et sans condition.»

Riyad avait accusé auparavant les Houthis d’avoir mené une attaque par drone contre La Mecque en rassurant que cette incursion avait été déjouée. On se souvient que l’information avait jeté l’émoi dans le monde musulman et avait valu aux rebelles chiites yéménites une pluie de réprobations outrées. Et de même qu’Ansar Allah avaient rejeté les accusations de velléité d’attaque contre La Mecque, ils ont vite démenti celle ayant trait à la profanation de la ville sainte de Médine. Une source militaire d’Ansar Allah a nié auprès de l’agence de presse pro-houthie Saba toute implication du groupe d’opposition chiite dans cette attaque.

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