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Forum africain de l’investissement dans l’automobile : L’Algérie prend place dans la chaîne de valeur continentale

Par Aziz Kharoum•5 min de lecture
Brifa
Forum africain de l’investissement dans l’automobile : L’Algérie prend place dans la chaîne de valeur continentale
Résumé IA

L’Algérie a participé au Forum africain de l’investissement automobile à El Alamein, en Égypte, pour s’insérer dans une chaîne de valeur continentale portée par la ZLECAf et Afreximbank.

Le ministre Farid Kourtel a rencontré le PDG de Hyundai Motor MENA, confirmant l’usine de Sidi Khettab (Relizane) à 400 millions de dollars pour 50 000 véhicules annuels dès fin 2026.

Stellantis vise 135 000 unités à Tafraoui d’ici 2028, tandis que Tirsam et JAC-Emin Auto préparent l’export de leurs utilitaires vers l’Afrique.

Un groupe de travail interministériel prépare un référentiel national d’intégration, pendant qu’Afreximbank étudie les chaînes de valeur automobiles finançables à l’échelle du continent.

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Les travaux du Forum africain de l’investissement dans le secteur automobile se sont tenus hier à El Alamein, en Egypte, réunissant responsables politiques, investisseurs, constructeurs automobiles, équipementiers et institutions financières.

Organisée par Afreximbank en partenariat avec le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la rencontre s’est déroulée sous le thème : «Libérer le potentiel de l’industrie automobile en Afrique dans le cadre de l’Accord portant création de la ZLECAf».

Les discussions ont porté sur les moyens de structurer une véritable chaîne de valeur automobile à l’échelle africaine, en s’appuyant sur la complémentarité des marchés, le développement de la sous-traitance, la circulation des investissements et des composants entre les différents pays. L’Algérie a pris part à cette réflexion à travers le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel. Un forum qui a permis au responsable, en marge des travaux, de tenir des rencontres bilatérales avec le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, son homologue de l’Industrie, Khaled Hachem, ainsi qu’avec le ministre égyptien de l’Investissement et du Commerce extérieur, Mohamed Farid Saleh.

Dans le même sillage, le ministre a rencontré Tarek Ismail Mosaad, président-directeur général de Hyundai Motor pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

Cette rencontre intervient quelques semaines après la confirmation, par le constructeur sud-coréen, de son projet industriel en Algérie, inscrit dans sa stratégie de développement à l’horizon 2030. Le dirigeant de Hyundai Motor pour la région MENA avait indiqué que le futur site industriel devrait entrer en production fin 2026 ou début 2027, avec une capacité appelée à atteindre 50 000 véhicules par an. Le programme prévoit un démarrage centré sur les SUV accessibles et les véhicules utilitaires légers, avant un élargissement de la gamme aux citadines et aux modèles électriques.

De l’intégration locale à la conquête de l’Afrique

Porté par Hyundai et son partenaire omanais Bahwan Saud, le projet serait implanté à Sidi Khettab, dans la wilaya de Relizane, sur l’ancien site industriel de Sovac, qui produisait notamment les marques Seat, Volkswagen, Skoda et Audi. L’investissement annoncé s’élèverait à 400 millions de dollars. La future coentreprise omano-coréenne aurait, par ailleurs, commencé à identifier certains fournisseurs locaux en vue de préparer le lancement de ses activités industrielles et de renforcer progressivement le recours à la production locale.

Le groupe Stellantis El Djazaïr illustre également cette volonté de faire évoluer le modèle industriel tourné vers les échanges et l’exportation. Le constructeur a engagé l’extension de son usine Fiat de Tafraoui, avec l’ambition de porter sa capacité de production à 135 000 véhicules par an à l’horizon 2028. Dans le même temps, des démarches sont menées pour accroître la participation des fournisseurs locaux et élargir progressivement l’écosystème industriel autour du site. Les groupes Tirsam et JAC-Emin auto, tout deux spécialisés dans la fabrication des véhicules utilitaires, comptent également faire évoluer leur modèle commercial. Les deux fabricants prévoient d’exporter leurs véhicules vers les pays d’Afrique.

Sur un autre volet, il est à rappeler qu’en février dernier, un groupe de travail interministériel a été installé afin de préparer un référentiel national d’intégration destiné aux industries des voitures, des autobus et des motocycles.

C’est précisément sur ce terrain que le rendez-vous d’El Alamein prend une dimension particulière pour l’Algérie, comme pour les autres pays africains.

La ZLECAf cherche à offrir un cadre permettant de dépasser la logique de marchés nationaux cloisonnés et d’organiser la production automobile autour de plusieurs pays, de fournisseurs spécialisés et de chaînes d’approvisionnement à l’échelle continentale. Une évolution qui pourrait donner un nouveau poids à la sous-traitance et favoriser la spécialisation des différents marchés africains.

Afreximbank travaille déjà sur cette perspective. La banque mène une étude consacrée aux chaînes de valeur automobiles africaines, avec l’identification de projets susceptibles d’être développés et financés. Son ambition est de faire émerger des capacités industrielles capables de s’inscrire dans une logique continentale.
Aziz Kharoum

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