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France : ex-policier algérien, informaticien, boulanger… il reste en prison pour trafic de faux papiers

Par Rima Aissanou•5 min de lecture
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France : ex-policier algérien, informaticien, boulanger… il reste en prison pour trafic de faux papiers
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Un ancien policier algérien de 61 ans, Madani, reste en prison en France malgré l'acquittement prononcé par le cerveau présumé d'un réseau de faux papiers d'identité en Île-de-France.

Mis en examen pour aide au séjour irrégulier et faux documents, ce sexagénaire, informaticien et boulanger, préparait un doctorat et vivait à Stains chez le chef présumé du réseau.

Le réseau vendait des papiers falsifiés à des centaines d'euros pièce à des migrants d'Afrique du Nord en situation irrégulière, et Madani fait désormais l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.

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C’est un parcours hors du commun qui intrigue aujourd’hui la justice. Ancien policier en Algérie, informaticien puis boulanger, cet homme préparait une thèse en France quand son destin a basculé. Accusé d’être l’un des maillons d’un réseau de faux papiers en région parisienne, il conteste fermement les faits. Pourtant, le verdict est tombé : il demeurera derrière les barreaux.

À 61 ans, Madani espérait retrouver la liberté mardi devant la chambre de l’instruction. Un espoir ravivé par le témoignage du cerveau présumé du réseau qui, après son arrestation et son incarcération le 22 juin dernier, l’a totalement dédouané.

Malgré ces déclarations affirmant que son colocataire n’était en rien mêlé au trafic, les juges sont restés inflexibles : Madani demeurera en prison.

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Un ancien policier algérien arrêté en France

Mis en examen à Paris en janvier pour « aide au séjour irrégulier en bande organisée », « faux et usage de faux » et « association de malfaiteurs », le sexagénaire et ses quatre complices présumés dorment désormais en prison. La justice les soupçonne d’avoir orchestré, entre 2024 et 2025, un très lucratif réseau de fausses pièces d’identité destiné aux ressortissants d’Afrique du Nord en situation irrégulière en Île-de-France.

Tout commence au printemps 2025 par une information confidentielle parvenue à la SDLII. Au cœur du dossier : une filière bien rodée fournissant des documents falsifiés à des migrants en situation irrégulière. Disposant d’un unique patronyme, les policiers spécialisés engagent alors une traque minutieuse. Entre analyses téléphoniques et planques sur le terrain, des mois de surveillance auront été nécessaires pour identifier chaque rouage de cette structure clandestine.

Au terme de leurs investigations, les policiers parviennent à identifier sept suspects d’origine algérienne, répartis entre Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. L’organisation s’articule autour d’un rôle précis pour chacun : des rabatteurs sur le terrain, un faussaire aux manettes et des têtes de réseau qui raflent le gros des bénéfices. Négociés à quelques centaines d’euros pièce, ces faux papiers auraient été écoulés par dizaines durant la seule période de surveillance.

Le sexagénaire maintenu en détention

Madani vit à Stains avec le chef présumé du réseau. Les investigations le soupçonnent de conseiller l’officine sur le matériel informatique et les prix. Pourtant, le profil du sexagénaire détonne : casier vierge, ex-policier en Algérie, informaticien, aujourd’hui boulanger à Ivry et doctorant en économie. Venu rejoindre sa fille en France, il nie fermement tout rôle : « Je respecte la loi française, je ne suis pas un trafiquant. »

Si les perquisitions au domicile de son logeur ont mis au jour ordinateurs, clés USB et faux papiers, Madani maintient sa ligne de défense. L’homme assure que le logement accueille plusieurs occupants et que certains documents falsifiés appartiennent simplement aux enfants de sa sœur.

Pour ses avocats, Mes Éric Brin et Augustin d’Ollone, la personnalité de leur client plaide en sa faveur. « C’est un ex-policier dont toute la famille vit en France. Même s’il a donné des conseils informatiques, cela n’en fait pas un complice », s’insurge Me Brin. Un argument balayé par l’avocat général : craignant des fuites alors qu’un suspect reste à interpeller et que des confrontations doivent avoir lieu, le magistrat a obtenu son maintien en prison. Le sexagénaire fait en outre l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

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