France : un Franco-Algérien à la tête de la contestation lycéenne

Ryad Rani, 19 ans, Franco-Algérien et président de l'Union syndicale lycéenne, dirige la contestation des lycéens français pour de meilleures conditions de scolarisation.
Fils d'un ouvrier algérien et d'une Française, orphelin de mère depuis janvier, il revendique une action syndicale indépendante malgré sa candidature aux municipales sur une liste LFI.
Il dénonce la dégradation des établissements, les violences policières et réclame l'égalité des chances, tout en subissant insultes racistes et menaces de mort de l'extrême droite.
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TSA Algérie
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La France est secouée par un mouvement de colère des lycéens qui réclament de meilleures conditions de scolarisation.
Au cœur de la contestation, se trouve un Franco-Algérien, Ryad Rani, 19 ans et président de l’Union syndicale lycéenne. Son engagement ne lui épargne, hélas, pas les attaques à caractère raciste.
Ryad Rani, fils d’un ouvrier franco-algérien
Né à Roubaix d’un père ouvrier franco-algérien et d’une mère française, le jeune homme a connu “une enfance et une adolescence, pas tendres”, avec « des problèmes de santé », comme il le raconte à Radio France.
Ses parents se sont séparés et il n’a connu son père que très peu. Sa mère est décédée en janvier dernier et le chagrin ne l’empêche pas de s’investir dans le mouvement en cours dans les lycées de France.
Ryad s’est essayé à la politique lors des municipales de mars dernier en se portant candidat sur une liste soutenue par La France Insoumise (LFI) dans la ville où il réside, Wattrelos, dans le Nord.
Il rejette toutefois les accusations de “manipulation politique”. “Je ne suis pas encarté dans un parti politique. Je suis syndicaliste. Oui, je fais de la politique parce que ça a un lien ! Forcément quand on a des revendications comme celles du mouvement qu’on a aujourd’hui, on fait forcément de la politique”, dit-il.
“Les mêmes chances pour tous les lycéens de France”
Élu au printemps dernier à la tête du syndicat des lycéens, il s’est retrouvé après seulement quelques mois au cœur d’un mouvement de contestation d’ampleur, qu’il encourage et qu’il contribue à encadrer.
Dénonçant les “violences policières”, il estime que, “quand on voit que dans le pays des droits de l’Homme, on éborgne des lycéens, c’est d’une violence inouïe”. Partisan d’une contestation pacifique, il a appelé les lycéens à être “prudents et à ne pas provoquer les forces de l’ordre”.
Le Franco-Algérien veut les mêmes chances partout et pour tous les lycéens, “dans les beaux quartiers de Paris” et “à Montpellier, Marseille ou Mayotte”.
Attaques racistes et menaces de mort
Ce qui l’amène à s’engager à fond dans le mouvement ? La situation dans les lycées de France où, décrit-il, “il y a des plafonds qui ne tiennent plus, pas de rideau, des inondations, des portiques qui ne fonctionnent plus”, ou encore un manque de professeurs dans plusieurs spécialités et une surcharge des classes.
Le jeune homme est déterminé. “Nous avons une dignité et nous ne nous plierons pas à des négociations dans les salons ministériels. Déjà, on demande de la considération”, dit-il.
Comme de nombreux Franco-Algériens, Ryad Rani n’échappe pas au racisme ambiant. Pas loin que cette semaine, il assure qu’il a été victime de nombreuses insultes racistes et de menaces de mort.
En plus d’avoir des origines algériennes, le courant extrémiste a une autre raison de s’en prendre à lui. Il est pleinement engagé dans le combat politique contre cette mouvance. “Je me refuse de rester les bras croisés, quand je vois ma ville, mon département, ma région ou mon pays qui risquent de tomber à l’extrême droite », explique-t-il sa candidature aux dernières municipales.
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