Elles quittent la France pour l’Algérie : le pari mode pudique de Kahina et Aline

Kahina Sadki, 24 ans, et sa mère Aline Herbaut, 45 ans, ont quitté Toulon pour s'installer à Alger et lancer « Sadki », une maison de haute couture proposant des tenues conformes à la charia avec des matières innovantes brevetées.
Leur projet, mûri après une étude de marché de plusieurs mois au Qatar, aux Émirats et à Oman, a été retenu en février 2026 par l'incubateur in5 de Dubaï comme projet innovant.
La marque vise un lancement pour le ramadan 2027 avec atelier-boutique à Alger, création d'emplois locaux et rayonnement vers les pays du Golfe.
Aline, liée à l'Algérie par son mariage et ses trois enfants, poursuit sa résidence tandis que Kahina attend son passeport ; la famille apprend l'arabe et scolarise la cadette dans le public pour s'ancrer durablement.
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TSA Algérie
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De plus en plus de Franco-Algériennes et de Franco-Algériens choisissent de quitter la France et de venir dans leur pays d’origine pour y développer des projets novateurs.
C’est le cas de Kahina Sadki (24 ans) et de sa mère Aline Herbaut (45 ans) qui ont quitté Toulon (sud de la France) pour poser leurs bagages, définitivement, à Alger.
Kahina Sadki et sa mère Aline quittent la France pour lancer une marque de haute couture en Algérie
Dans leurs valises, un projet bien ficelé : le lancement d’une maison de haute couture tech, proposant des tenues conformes à la charia islamique, avec des matières premières innovantes.
« Ce projet répond à un besoin réel, vécu par des millions de personnes, et nous touche personnellement. Il est 100 % conforme à la charia, en accord avec les valeurs de notre famille », explique Kahina à TSA.
Kahina Sadki a un bac option marketing et RH. Elle a suivi une formation à l’académie luxe et traditions : culture mode et luxe techniques de conseil en image.
Début 2024, la jeune fille décide de se lancer dans l’entreprenariat en créant sa propre maison de couture, épaulée par sa maman, ancienne aide-soignante.
« Passionnée de mode depuis mon plus jeune âge, j’ai constaté après des mois de recherche que le secteur des vêtements conformes à la charia était encore vierge. Ma mère et moi avons alors mis en place une stratégie : mener une étude de marché dans les pays du Golfe », relate-t-elle.
Le tandem passe trois mois au Qatar, quatre aux Émirat et une quinzaine de jours à Oman. « Nous avons présenté notre projet devant le comité d’in5 (le plus gros incubateur de Dubaï) et il a été retenu comme projet innovant, en février 2026 », détaille Kahina, et de poursuivre : « Nos matières premières sont aujourd’hui testées et validées, et nous allons les protéger par des brevets ».
L’Algérie au cœur
Kahina et sa mère n’ont pas choisi l’Algérie au hasard. Aline Herbaut a été mariée à un Algérien avec qui elle a eu trois enfants : Yacine (25 ans), Kahina (24 ans) et Amel (21 ans).
« L’Algérie fait partie de l’histoire de notre famille depuis longtemps. Mes démarches de résidence sont en cours, et Kahina attend son passeport algérien. Nous sommes arrivées fin juillet. Ma plus jeune fille, née d’un second mariage est scolarisée dans un collège public ici à Alger. Nous apprenons l’arabe en prenant des cours intensifs afin de bien nous intégrer car c’est en Algérie que nous voulons construire notre avenir », confie Aline.
Le projet de Kahina et de sa mère a été murement réfléchi. « Il s’inscrit dans l’élan de développement de l’économie algérienne à l’horizon 2030. Nous voulons faire rayonner l’Algérie dans les pays du Golfe et créer des emplois en Algérie », reprend Kahina Sadki.
Baptisée ‘Sadki’, cette marque de vêtement devrait voir le jour d’ici le ramadan 2027. « Nous allons louer un local où travailleront nos couturières et aurons un espace boutique pour y recevoir notre clientèle. Nos créations seront aussi destinées aux mariages et événements privés sur demande », nous révèle Kahina Sadki.
À l’image d’autres membres de la diaspora qui se reconnectent à leurs racines, mère et fille ont eu l’audace de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, de porter leur propre projet et d’explorer de nouveaux horizons, en investissant en Algérie.
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