Après la plasturgie dans l’industrie automobile : L’acier laminé, nouveau maillon

L'année 2027 sera charnière pour l'industrie automobile algérienne avec l'intégration de l'acier laminé à froid local dans les véhicules Fiat, avant extension aux autres usines.
Le complexe Tosyali de Bethioua lance sa quatrième phase sur 500 000 m² avec une capacité de 1,8 million de tonnes annuelles, première bobine déjà produite et mise en service complète prévue fin 2024.
L'usine GPI de Tissemsilt, inaugurée en septembre, produira 251 000 pièces plastiques par an pour 200 000 véhicules, l'importation de ces composants devant cesser au 31 décembre.
Le président Tebboune impose un taux d'intégration minimal de 40 % à tous les constructeurs actuels et futurs, consolidant ainsi la stratégie de sous-traitance nationale.
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L’année 2027 sera charnière pour l’industrie automobile algérienne. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’a affirmé samedi lors de sa rencontre périodique avec les représentants des médias nationaux, en dévoilant les prochaines étapes de la production automobile nationale.
Il a cité en substance l’intégration, dès 2027, de l’acier laminé à froid produit localement pour le moulage des châssis et des structures métalliques des véhicules Fiat fabriqués en Algérie, avant d’étendre cette perspective aux autres usines automobiles installées dans le pays. Une pièce maîtresse dans l’industrie automobile que le chef de l’Etat présente comme «très rare» et dont, selon lui, «l’Algérie est parmi les seuls pays au monde à maîtriser la fabrication». L’intervention du chef de l’Etat vient confirmer également une évolution déjà perceptible dans l’appareil industriel national, avec le renforcement progressif des capacités sidérurgiques destinées à accompagner la production automobile.
Dans ce sillage, l’usine sidérurgique de Tosyali à Bethioua, près d’Oran, est déjà engagée dans cette nouvelle démarche depuis mars. Pour la quatrième phase de ses investissements stratégiques, le groupe a réalisé un complexe de laminage à froid implanté sur 500 000 m². Sa capacité devra atteindre 1,8 million de tonnes par an. Une première bobine de produit PO, correspondant à de l’acier décapé et huilé, a déjà été produite, tandis que l’ensemble des lignes est prévu d’entrer en fonctionnement complet durant le quatrième trimestre de cette année. L’acier laminé n’est toutefois pas le seul pilier sur lequel le président de la République entend faire reposer l’intégration automobile.
SOUS-TRAITANCE LOCALE
Dans ses précédentes interventions consacrées au secteur, le chef de l’Etat avait également insisté sur la nécessité de développer une véritable filière de plasturgie automobile. Cette orientation commence à prendre une forme concrète avec l’entrée en scène de General Plastic Injection (GPI), à Tissemsilt, dont l’unité de production de composants et accessoires plastiques pour automobiles a été inaugurée en septembre. Là encore, le calendrier est étroitement lié à l’échéance de 2027.
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a fixé au 31 décembre comme date butoir pour l’arrêt des importations des pièces plastiques entrant dans la fabrication et le montage des véhicules. A partir du début de l’année prochaine, les composants pouvant être fabriqués localement et devront être pris en charge par l’unité GPI de Tissemsilt.
L’unité dispose d’une capacité annoncée de 251 000 pièces par an, destinées à équiper quelque 200 000 véhicules. Les deux filières ciblées doivent contribuer, chacune à son niveau, à hausser de manière substantielle le taux d’intégration dans le secteur.
C’est précisément dans ce sillage que le président Tebboune a, lors de ses récentes interventions, insisté sur la nécessité de faire de l’intégration locale une exigence concrète pour les industriels du secteur automobile. Dès lors, le seuil de 40% est appelé à devenir un minimum aussi bien pour les constructeurs déjà en activité que pour les futures marques automobiles désireuses de s’installer en Algérie. Une exigence qui donne une portée nouvelle aux investissements engagés dans l’acier, la plasturgie et, plus largement, dans la constitution d’un réseau de sous-traitance local. Aziz Kharoum
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