Pétrole : pourquoi le baril dépasse 100 dollars malgré la reprise des exportations du Moyen-Orient

Le baril de Brent reste au-dessus de 100 dollars début octobre 2026, malgré la reprise des exportations de pétrole du Moyen-Orient proches de leurs niveaux d'avant-guerre.
Plusieurs facteurs soutiennent les prix : risque d'escalade militaire dans le Golfe, hausse des coûts de transport maritime et recul des stocks mondiaux de 507 millions de barils entre février et août.
Les tensions persistent sur le diesel, les exportations nettes du Golfe et de Russie ayant chuté d'environ 1,6 million de barils par jour depuis février.
Le G7 a annoncé le 2 octobre la libération de 100 millions de barils issus des réserves stratégiques sur quatre mois, après 325 millions déjà libérés depuis mars.
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La reprise des exportations de pétrole du Moyen-Orient n’a pas suffi à faire reculer durablement les cours. Début octobre 2026, le Brent évolue toujours au-dessus de 100 dollars le baril, dans un contexte marqué par plusieurs tensions qui continuent de soutenir les prix.
Le Brent s’établissait à 101,6 dollars le baril, tandis que le WTI évoluait autour de 89,6 dollars. Selon Al Jazeera, les flux de brut en provenance du Moyen-Orient se sont rapprochés de leurs niveaux d’avant-guerre, mais les prix restent environ 40 % plus élevés qu’au début du conflit.
Le premier facteur avancé est le risque d’une nouvelle escalade. L’envoi par les États-Unis d’un porte-avions supplémentaire et de forces dans le Golfe, ainsi que les attaques visant encore certains navires, entretiennent les craintes de nouvelles perturbations. En 2025, environ 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont transité par le détroit d’Ormuz, soit près d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole. Les capacités de contournement sont estimées entre 3,5 et 5,5 millions de barils par jour.
Le coût du transport augmente tandis que les stocks reculent
La hausse du coût du transport constitue un autre facteur de tension. Certaines cargaisons continuent de passer par des trajets courts dans le détroit, des transferts de pétrole entre navires ou des itinéraires inhabituels. Le coût du transport de brut entre le Golfe et la Chine a dépassé 1,2 million de dollars par jour pour certains navires.
Dans le même temps, les stocks mondiaux observés ont reculé de 507 millions de barils entre février et août 2026, soit une baisse moyenne de 2,8 millions de barils par jour. Pour le seul mois d’août, le recul a atteint 95 millions de barils. L’Agence américaine d’information sur l’énergie, l’EIA, prévoit que cette baisse se poursuive jusqu’à la fin de 2026.
Les tensions sur le diesel continuent de peser sur le marché
La reprise des livraisons de brut ne suffit pas à résoudre les difficultés du raffinage. Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a indiqué que les exportations de brut avaient largement repris, alors que les flux de produits raffinés restaient fortement limités. Les attaques ukrainiennes contre des raffineries russes ont également accentué les tensions.
En août, les exportations nettes de diesel et de gasoil en provenance du Golfe et de Russie ont diminué d’environ 1,6 million de barils par jour par rapport à février. Ces deux régions représentaient auparavant près de 45 % du commerce maritime mondial de ces carburants.
Le G7 et ses partenaires ont annoncé, le 2 octobre, la mise sur le marché de 100 millions de barils issus des réserves d’urgence sur quatre mois. Environ 325 millions de barils avaient déjà été libérés dans le cadre d’un engagement de 400 millions annoncé en mars.
Le pétrole utilisé comme couverture contre l’inflation
Al Jazeera rapporte également que certains opérateurs utilisent de nouveau le pétrole comme couverture contre l’inflation, dans un contexte de hausse des rendements obligataires. Cette demande financière peut contribuer à maintenir les cours à un niveau élevé, même sans augmentation équivalente de la consommation physique.
Une baisse durable des prix dépendrait ainsi de plusieurs facteurs : une normalisation du transport maritime, une amélioration de l’activité des raffineries, une reconstitution des stocks et un recul du risque d’escalade au Moyen-Orient.