Extincteur obligatoire dans les véhicules : Les contraventions mises en pause, la mesure maintenue

Les autorités algériennes ont suspendu temporairement les contraventions pour absence d'extincteur dans les véhicules, tout en maintenant l'obligation légale inscrite dans le code de la route.
Annoncée le 1er octobre par la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale, cette mesure restera en vigueur jusqu'à la mise à disposition d'équipements conformes sur le marché national.
La décision fait suite à une flambée des prix des extincteurs, passés de 2 000-3 000 DA à 10 000-12 000 DA, et à des pénuries signalées dans plusieurs régions du pays.
L'amende de 4 000 DA, prévue pour défaut d'extincteur, de triangle ou de gilet rétro-réfléchissant, sera de nouveau appliquée une fois les conditions d'approvisionnement réunies.
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Les pouvoirs publics décident de suspendre temporairement les amendes liées à l’absence d’extincteur à bord des véhicules. L’obligation légale demeure, mais son application effective est reportée jusqu’à la disponibilité d’équipements conformes sur le marché national.
Quelques semaines seulement après l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions du code de la route, les autorités décident ainsi de suspendre l’établissement des contraventions liées à l’absence d’extincteur dans les véhicules. Dans des avis distincts publiés jeudi 1er octobre sur leur page officielle «Tariki» et «Chorta», la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale ont informé les usagers de la route du report temporaire de l’établissement des contraventions sanctionnant l’absence d’extincteur au bord des véhicules. La décision ne remet toutefois pas en cause le principe de l’obligation inscrit dans la loi. Elle porte uniquement sur son volet répressif, dans l’attente d’un retour à une disponibilité suffisante des équipements exigés. «Cette suspension restera en vigueur jusqu’à la mise à disposition, sur le marché national, d’équipements répondant aux spécifications réglementaires», précisent les communiqués. Hormis le caractère réglementaire de cette mesure, les mêmes services de sécurité rappellent la vocation préventive de cet équipement, destiné à intervenir en cas de départ de feu et à limiter les risques liés aux incendies de véhicules.
Irrégularités commerciales
Introduite par la loi n°26-09 portant code de la route et entrée en vigueur en mai, l’obligation relative à certains équipements de sécurité avait commencé à faire l’objet de contrôles et de verbalisations durant l’été. Ce nouveau dispositif de loi prévoit notamment la présence à bord du véhicule d’un triangle de signalisation, d’un gilet rétro-réfléchissant, outre l’extincteur répondant aux normes prescrites. L’absence ou le défaut de l’un de ces équipements est passible d’une contravention de deuxième catégorie, assortie d’une amende forfaitaire de 4000 DA. Mais l’entrée en vigueur de la disposition a rapidement révélé une difficulté. Le marché n’était manifestement pas préparé à absorber une demande aussi importante. La ruée vers les extincteurs avait d’ailleurs provoqué une raréfaction des stocks dans la majorité des points de vente, tandis que les prix se sont envolés.
Des équipements jusque-là commercialisés autour de 2000 à 3000 DA (extincteurs de 2 kg) ont été proposés jusqu’à 10 000, voire 12 000 DA dans certaines régions du pays.
La contestation avait dépassé le stade des plaintes individuelles avant même l’annonce de la suspension des amendes. Lors d’une séance plénière à l’APN tenue la semaine dernière, le député Bachir Brahimi avait saisi le ministre de l’Intérieur et des Transports, Saïd Sayoud, pour demander la suspension temporaire de l’amende de 4000 DA.
Dans sa plaidoirie, le parlementaire avait notamment mis en avant les difficultés rencontrées par les citoyens pour acquérir des extincteurs conformes, alors que les contrôles avaient déjà commencé.
La Fédération algérienne des consommateurs (FAC) avait également plaidé pour un gel temporaire de l’application de la mesure. Son président, Hariz Zaki, avait proposé une entrée en vigueur progressive, ciblant dans un premier temps les catégories de véhicules considérées comme présentant des risques plus importants, notamment les camions, les bus, les taxis et les véhicules fonctionnant au GPL, avant une extension aux voitures particulières.
La FAC avait surtout alerté sur les effets d’une obligation généralisée dans un marché insuffisamment approvisionné. Des commissions d’inspection avaient, par ailleurs, été dépêchées sur le terrain pour contrôler les commerces et surveiller l’évolution des prix.
Pour les automobilistes, ce sursis accordé par les autorités offre un délai supplémentaire avant une reprise annoncée des contrôles, une fois les conditions de disponibilité réunies. Aziz Kharoum
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