Énergie : Sonatrach prépare son entrée sur deux nouveaux marchés africains

Sonatrach prépare son expansion africaine en se tournant vers le Sénégal et la Mauritanie, selon le ministre Mohamed Arkab lors du NAPEC 2026 à Oran.
Au Sénégal, un partenariat avec Petrosen est en discussion après la visite à Alger du ministre El Hadji Abdourahmane Diouf les 3 et 4 octobre 2026.
En Mauritanie, le projet reste à un stade exploratoire, sans contrat ni calendrier précis annoncé par les autorités algériennes.
Déjà engagé au Niger et en Libye, Sonatrach a aussi mené en 2025 des missions de prospection au Ghana, en Côte d'Ivoire et au Nigeria.
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Sonatrach prépare une nouvelle étape de son expansion en Afrique. Le groupe algérien se tourne désormais vers le Sénégal et la Mauritanie, deux marchés où de nouvelles perspectives de coopération énergétique se dessinent. Au Sénégal, des discussions officielles sont déjà engagées avec Petrosen, tandis qu’en Mauritanie, les autorités algériennes évoquent des « horizons » prometteurs pour le groupe.
Cette orientation a été confirmée à Oran, en marge du NAPEC 2026, par le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Il a expliqué que Sonatrach poursuivait son déploiement sur le continent après ses expériences au Niger et en Libye. L’objectif affiché est d’élargir progressivement la présence du groupe dans des marchés africains à fort potentiel énergétique.
La stratégie ne part d’ailleurs pas de zéro. En 2025, Sonatrach avait déjà envoyé des représentants au Sénégal dans le cadre d’une mission de prospection destinée à identifier des opportunités concrètes de partenariat. La délégation avait notamment rencontré le ministère sénégalais du Pétrole, Petrosen, la Société africaine de raffinage et plusieurs acteurs du secteur gazier.
Sonatrach et Petrosen préparent un partenariat
Le dossier le plus avancé concerne aujourd’hui le Sénégal. Le ministre sénégalais de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, s’est rendu à Alger les 3 et 4 octobre 2026 pour une visite de travail consacrée au renforcement de la coopération énergétique entre les deux pays. À cette occasion, des discussions ont été ouvertes en vue d’un futur partenariat entre Petrosen et Sonatrach.
Selon le ministère sénégalais, les échanges ont porté notamment sur l’exploration, le développement des hydrocarbures et le transfert d’expertise. Dakar estime que l’expérience du groupe algérien pourrait accompagner la montée en puissance de son secteur pétrolier et gazier. La coopération pourrait également s'étendre à la formation et au partage de savoir-faire techniques.
Un autre rendez-vous est déjà fixé. Les autorités sénégalaises évoquent la perspective d’un accord intergouvernemental à l’occasion de la conférence MSGBC Oil, Gas & Power, prévue les 2 et 3 décembre 2026 à Dakar.
Le Sénégal, un marché énergétique en pleine transformation
L’intérêt de Sonatrach pour le Sénégal intervient au moment où le pays développe rapidement ses ressources pétrolières et gazières. Parmi ses grands projets figurent notamment le champ pétrolier de Sangomar et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim, partagé avec la Mauritanie.
Pour Sonatrach, le marché sénégalais pourrait donc offrir plusieurs portes d’entrée. Les discussions ne se limitent pas à l’exploitation de gisements, mais peuvent concerner l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures. Elles s’inscrivent également dans une volonté plus large de développer des partenariats entre compagnies nationales africaines.
La Mauritanie dans le viseur de Sonatrach
La Mauritanie représente le second marché évoqué par Mohamed Arkab. Le ministre n’a toutefois annoncé ni contrat signé, ni projet précis, ni calendrier d’implantation. Il a simplement affirmé que de « grands horizons » s’ouvraient actuellement pour Sonatrach dans ce pays.
Il faut donc distinguer les deux situations. Au Sénégal, les discussions avec Petrosen sont officiellement confirmées et portent déjà sur plusieurs domaines de coopération. En Mauritanie, le projet reste pour l’instant à un stade plus exploratoire, avec une volonté politique affichée mais sans opération détaillée rendue publique.
Une stratégie africaine de plus en plus visible
Cette expansion entre dans le cadre d'une stratégie continentale plus large de Sonatrach. Le groupe est déjà engagé au Niger et a repris certaines activités d’exploration en Libye, tout en multipliant les contacts avec d’autres acteurs africains. En 2025, ses équipes avaient également mené des missions au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Nigeria afin d’explorer de nouvelles possibilités de coopération.
La direction de Sonatrach assume désormais cette ambition internationale. Lors de l’ouverture du NAPEC 2026, son PDG Nour Eddine Daoudi a présenté l’Algérie comme un potentiel trait d’union énergétique entre l’Afrique et l’Europe, en s’appuyant sur ses ressources, ses infrastructures et son savoir-faire industriel.