Actualités

L’Algérie prône le réalisme énergétique

Par Cherif Lahdiri•5 min de lecture
Brifa
L’Algérie prône le réalisme énergétique
Résumé IA

L’Algérie défend lors du salon Napec à Oran une stratégie d’« addition énergétique » qui refuse d’opposer hydrocarbures et renouvelables, le ministre Mohamed Arkab rappelant le rôle durable du gaz naturel dans le mix mondial.

Le corridor hydrogène SoutH2, signé avec l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et la Tunisie, prévoit 3 300 km dont 65 % d’infrastructures existantes pour importer plus de 4 Mt/an vers l’Europe.

Le ministre Mourad Adjal vise la construction d’une filière industrielle nationale complète, de l’électrolyse au transport, avec les premiers résultats d’étude de faisabilité attendus pour 2027.

Le pays, qui produit 99 % de son électricité au gaz, lance un programme de 15 000 à 22 000 MW de renouvelables d’ici 2035 et vient d’ouvrir des appels d’offres pour deux parcs éoliens de 100 MW chacun à Laghouat et Djelfa.

E

Publié par

El Watan

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Oran accueille la 14e édition du Napec, le Salon et Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée, et son thème sonne comme une réplique : «De la transition énergétique à l’addition énergétique». Pendant des années, la fin des hydrocarbures a été annoncée comme une évidence.

Or, le monde n’a pas besoin de renoncer à ses énergies, mais de toutes les additionner. A l’ouverture du Salon, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a rappelé le rôle central et durable du gaz naturel dans le mix mondial. Il a plaidé pour une approche équilibrée : poursuivre les investissements dans les hydrocarbures et développer les énergies propres, sans sacrifier ni la sécurité énergétique ni la décarbonation. L’Algérie défend de longue date cette philosophie : on n’abandonne pas une source fiable pour une promesse, on empile les capacités. Là où d’autres ont tourné la page, elle consolide sa position de fournisseur fiable, devenue un capital stratégique. Le partenariat gazier réaffirmé par Bruxelles et Alger en février le confirme : l’Europe elle-même choisit l’addition.

L’hydrogène change alors la donne. L’Algérie, l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie et la Tunisie viennent de signer un accord faisant du mégaprojet SoutH2 Corridor un «levier d’intégration régionale et de coopération dans les domaines de l’énergie et de la compétitivité industrielle». Les chiffres donnent la mesure : environ 3300 km, plus de 65% d’infrastructures réutilisées, un potentiel d’importation supérieur à 4 Mt par an. Longtemps, la relation euro-algérienne a tenu en une ligne comptable : du gaz contre des revenus d’exportation.

Elle pourrait s’écrire désormais en plusieurs chapitres industriels : solaire, éolien, électrolyse, transport transméditerranéen, puis investissements, technologies et emplois en retour. Electrolyseurs, dessalement, stockage, ammoniac, acier vert, engrais décarbonés : autant de filières où le pays peut passer de fournisseur de molécules à producteur de valeur. L’hydrogène prolonge le partenariat gazier sans le renier ; il lui donne une seconde vie.

Le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, en précise l’ambition : bâtir une filière industrielle et technologique nationale au-delà de la seule production destinée à l’exportation. Cela suppose d’investir dans toute la chaîne de valeur, de l’énergie aux électrolyseurs, puis du stockage au transport, en s’appuyant sur la recherche, l’innovation et la formation, pour que l’Algérie capte davantage de valeur. Le corridor Sud, qualifié de stratégique, va de pair avec l’Alliance algéro-européenne Alteh2A ; les premiers résultats de l’étude de faisabilité sont attendus pour 2027.

Il faut désormais passer de l’ambition à l’exécution, et les signaux se multiplient. Le pays produit plus de 99% de son électricité à partir du gaz et vise 30% de renouvelable d’ici 2035. Les autorités ont confirmé en 2024 un programme de 15 000 à 22 000 MW à installer d’ici 2030-2035, avec des procédures simplifiées, une planification coordonnée, un réseau mieux armé pour accueillir la production décentralisée et des financements mobilisés. Et le vent se lève, littéralement : Sonelgaz vient de lancer un appel d’offres national et international pour deux fermes éoliennes de 100 MW chacune, à Laghouat et Djelfa. Après les 10 MW d’Adrar, l’éolien change d’échelle et rejoint le solaire photovoltaïque. Mais une stratégie se juge aux appels d’offres lancés et aux accords signés, non aux seules déclarations. Sur ce plan, Alger avance. L’Algérie n’a pas à s’excuser de son gaz : elle en fait le socle de sa transition. C’est ce réalisme, plus que n’importe quelle formule, qui fera d’elle un partenaire durable.

Par Cherif Lahdiri

Posez votre question à la rédaction

Votre question…

Prénom ou pseudo *

Adresse e-mail * Votre e-mail ne sera pas publié.

Votre question * 0/1000

Envoyer Annuler

Voir sur le site source