Livres : UN AUTRE MONDE ?

Par Belkacem Ahcene-Djaballah•9 min de lecture
Brifa
Livres : UN AUTRE MONDE ?
Résumé IA

Une journaliste algérienne analyse, dans un essai engagé, les crises qui bouleversent les relations internationales, de la pandémie de Covid-19 à la guerre en Ukraine, en passant par la Palestine.

Selon elle, le capitalisme parvenu à son stade suprême alimente guerres hybrides, épidémies et famines, et le monde serait déjà entré dans une troisième guerre mondiale.

Un second ouvrage, signé Ammar Belhimer, évoque l'essor des BRICS face à des États-Unis et une Union européenne fragilisés, dans un système financier qu'il qualifie de totalitaire.

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Le Quotidien d'Oran

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Gramsci Antonio avait grandement raison quand, dans ses écrits (Cahiers de prison) des années 1926-1934, il notait que «le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres». Juste après, le monde connaissait une flopée de dictatures et de guerres, qui ont fait des millions de morts et des milliards de dégâts, presque toujours déclenchées par des personnages, certes détraqués quelque part, mais surtout mus par des intérêts bassement matériels, et bien souvent au service d’une caste ou d’une classe.

Il est dit que l’Histoire du monde, depuis la nuit des temps, est un éternel recommencement.

Depuis quelques décennies, l’exercice du pouvoir politique autoritariste ou dictatorial qui était alors réservé aux pays du Sud dits sous-développés (en développement puis émergents) pour la plupart nés de luttes anticoloniales, se retrouve au niveau de nouveaux pouvoirs nés pour la plupart dans des pays du Nord... cherchant assurément à redorer leur blason ou à reconquérir le monde... par d’autres moyens. Et, toujours, comme d’habitude liés à des puissances économiques et financières tirant les ficelles... le «complexe militaro-industriel» ne faisant que suivre. Business is business !

Résultat, l’apparition de nouvelles guerres empruntant des formes multiples mais qui, cette fois-ci, n’épargnent presque personne.

Globalement, c’est ce que nous décrit l’auteure à travers l’analyse de quelques situations parmi les plus dramatiques : la santé, le climat, un conflit européen, le sionisme et le génocide en Palestine, la finance internationale. Et les choses ont l’air de s’accélérer... avec une 3ème guerre mondiale qui a déjà commencé.

En fait, les puissants d’hier, nouveaux monstres d’aujourd’hui, veulent rester les puissants de l’heure pour ne pas «perdre leur monde». Celui que l’auteure (et le préfacier) présente -à juste titre ?- comme celui du capitalisme arrivé à son stade suprême, «devenant, sous nous yeux, de plus en plus violent, de plus en plus brutal, de plus en plus agressif, de plus en plus dominateur», créant des conflits et des guerres, des épidémies, des famines, des prédictions fumeuses (comme celles des millénaristes, des mondialistes et des libertariens) des génocides...

Heureusement, tout cela a, paradoxalement, provoqué des résistances. Une onde de choc au niveau des biens des peuples et des Etats souverains, tout particulièrement au niveau du Sud global. Cela suffira-t-il ? Il faut l’espérer.

L’Auteure : Née le 15 avril 1952 à Ait Saada (Tassafat Ouguemoun/ Tizi Ouzou). Licence en sciences politiques et de l’information (1978). Journaliste à «Révolution et Travail» puis à l’ «Aps» puis à la tête de l’ «Agence algérienne d’information» (1996-2007) puis correspondante de plusieurs titres de presse étrangers («Lusa» et «Expresso» (Portugal) /«Dpa» (Allemagne)... Premier livre : «Mémoire d’une journaliste militante du Pags»* (Presses du Chélif, 2023)

*Fiche de lecture in www. almanach-dz.com/communication/bibliotheque dalmanach

Table des matières : Préface (de Lazhari Labter)/Avertissement au lecteur/Avant-propos/Introduction/Chap 1 : Le coronavirus ou le complot contre les humains/Chap 2 : Changement ou terreur climatique/Chap 3 : La guerre en Ukraine ou quand le monde a basculé/ Chap 4 : Le 7 octobre ou le début de la fin de la domination sioniste/ Chapitre 5 : Les Brics et la naissance d’un nouvel ordre mondial multipolaire/ Conclusion

Extraits : «L’annonce faite par le Président Vladimir Poutine, le 24 février 2022, d’une «opération spéciale» pour «dénazifier» et «démilitariser» l’Ukraine, a marqué le début de la fin du monde unipolaire. Ce jour-là, le monde a basculé» (p 14), «La terreur imposée autour de la gestion du Covid-19 par les autorités sanitaires mondiales et nationales, relayée par les médias mainstream (dominants) ressemblait plus à du «bioterrorisme» qu’à un traitement naturel d’un virus, comme ce fut le cas par le passé» (p19), «Big Pharma, Davos et l’Oms, ces trois comploteurs s’arrogent ainsi le droit de vie et de mort sur les individus, usurpant celui du Créateur. N’est-ce pas la fin du monde ?» (p37), «Le mythe écologique», qui sert de paravent à «une économie verte» fait partie des plans des oligarques pour mettre la main sur tout ce qui peut avoir une valeur monétaire» (p 51), «Ce sont les Américains eux-mêmes qui ont provoqué la mort du pétrodollar et du dollar en tant que monnaie de réserve de change, avec leur politique de sanctions et d’ingérence dans les affaires des autres États» (p 146), «L’Ukraine est convoitée pour sa position stratégique, comme étant la porte d’entrée de l ’Eurasie ou pivot eurasien» (p151).

Avis : Un essai assez engagé qui tente de démonter les mécanismes actuels des relations internationales en crise. Assez engagé, l’auteure, journaliste pro expérimentée ne cachant guère son orientation idéologique... mais essai très, très instructif.

Citations : «Les capitalistes n’ont aucun scrupule, aucune morale, car leur système est basé sur la logique du profit... Cela se fait toujours selon la loi de la valeur» (p 43), «Ce qui a changé, c’est la nature et les formes des guerres. Ce ne sont plus des guerres conventionnelles où s’affrontent deux armées classiques, mais des guerres hybrides, asymétriques, par procuration» (p 70), «L’arme principale des résistants palestiniens reste leur motivation, leur foi» (p 105), «L’Humanité est, aujourd’hui, face à deux choix : «la fin d’un monde» unipolaire et le triomphe de la multipolarité, ou la poursuite du globalisme et ce sera «la fin du monde», l’apocalypse» (p158).

2049. L’ANNEE du SERPENT DE GUERRE. QUEL AVENIR POUR LES BRICS ? Essai deAmmar Belhimer, Anep Editions, Alger 2019, 1000 dinars, 271 pages (fiche de lecture déjà publiée en janvier 2021. Extraits pour rappel.

Ça commence fort comme essai : 2049 est la date à laquelle Pékin espère fêter en grande pompe, et en probable nouveau maître du monde, le centenaire de la République populaire de Chine... 2049 est, aussi, dans l’horoscope chinois, «l’année du serpent de terre»... Il est associé, ce lombric,... à une personnalité particulière et à un emploi précis. L’auteur nous présente quelques traits de sa personnalité : Réfléchi, sage, rusé, intuitif, indépendant, parfois paresseux...

Au départ, un «système à bout de souffle», celui du capitalisme mondial et de politiques néolibérales qui, au cours de cette première moitié du XXIe siècle, voit un effondrement de tous les prix, le blocage ou le gel de la croissance de la productivité et l’accroissement des inégalités de revenus. Il y a, aussi, la naissance et le règne du «totalitarisme financier», système froid et immoral, une dictature bien plus pitoyable que les dictatures politiques... car, ici, «aucune révolte n’est possible contre la banque». Nietzsche avait donc raison de dire que «tout finira dans la canaille» avec «une cinquantaine de millions de personnes qui fait partie de la supra-société qui dirige le monde» (Alexandre Zinoviev, 1999). On l’a d’ailleurs bien vu, chez nous, à l’époque du «bouteflikisme flamboyant» avec «l’affaire Khalifa», puis le règne des oligarques.

Un tout autre monde est donc annoncé (...)

Aujourd’hui, donc, face aux Etats-Unis (qui, avec un Trump qui a soumis à rude épreuve le puzzle du multilatéralisme par son travail de sape à l’intérieur des grandes organisations mondiales : Onu, Omc, Fmi, Bm) et à l’Ue (bousculée par le Brexit et par les nouvelles dictatures démocratiques de certains pays de l’ex-bloc soviétique), il y a l’Inde, la Russie, l’Afrique du Sud.... chaque pays avec ses points forts et ses faiblesses, ses hauts et ses bas, ses ambitions et ses concessions...(...)

L’Auteur : Docteur en droit, journaliste puis professeur à l’Université d’Alger 1, ancien ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement (...). Auteur de plusieurs études de droit économique et de plusieurs ouvrages, dont «La dette extérieure de l’Algérie : une analyse critique des politiques d’emprunt et d’ajustement».

Table des matières :(...)

Extraits : (...), «L’Amérique n’a plus la cote parce qu’elle ne fait plus rêver. Elle ne fait plus rêver parce qu’elle a perdu sa potion magique : le libéralisme, avec tout ce qu’il comportait comme libertés» (p 46), (...), «L’opacité totale qui entoure la nouvelle guerre froide la rend encore plus dangereuse que la précédente» (p 122), (...)

Avis : Un ouvrage de type documentaire qui pousse à la réflexion. Valeur pédagogique indéniable.

Citations : «Les plus forts ne sont pas toujours les plus puissants. La violence des faibles peut les rendre plus forts que les plus puissants» (Francis Gutmann, 2012, p73).

Fiche de lecture complète in www.almanach-dz.com/relations internationales /bibliotheque d’almanach)

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