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Prix de l’essence en Algérie : une hausse possible en 2027 ?

Par Ahmed Saifi•6 min de lecture
Brifa
Prix de l’essence en Algérie : une hausse possible en 2027 ?
Résumé IA

"Le projet de loi de finances 2027 algérien autorise une révision des prix des carburants « en cas de besoin », sans fixer de nouveau tarif ni de calendrier."

Cette disposition, l'article 218, est une simple phrase qui ne précise ni le taux de hausse, ni l'autorité chargée de la révision, le gouvernement invoquant la hausse des coûts de production.

Elle intervient après la hausse appliquée à la pompe le 1er janvier 2026, qui a porté l'essence à 47 DA le litre, le gasoil à 31 DA et le GPL-c à 12 DA.

Le texte doit encore être examiné par l'APN puis le Conseil de la nation, qui peuvent le modifier ou supprimer l'article avant sa promulgation attendue avant le 31 décembre.

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Le projet de loi de finances 2027 autorise une révision des prix des carburants « en cas de besoin ». Le texte ne fixe ni nouveau tarif ni calendrier. Le gouvernement invoque la hausse des coûts de production, neuf mois après une première augmentation à la pompe.

Ce que dit l’article 218 du PLF 2027

L’article 218 figure parmi les dispositions diverses du projet de loi de finances pour 2027. Il tient en une seule phrase. « Les prix des carburants peuvent faire l’objet de révision, en cas de besoin, par les parties prenantes. »

Le texte ne fixe ni nouveau tarif, ni taux de hausse, ni calendrier. Il ne désigne pas non plus précisément l’autorité chargée de cette révision. L’exposé des motifs évoque seulement les « parties concernées », habilitées à procéder à des « réajustements ciblés et encadrés des tarifs ».

Le PLF 2027 ne relève pas, en revanche, la taxe sur les produits pétroliers. Son article 51 modifie seulement la répartition de son produit entre les collectivités, au profit de la wilaya d’Alger. L’article 218 reste donc la seule disposition du texte qui touche au prix des carburants.

La justification du gouvernement

Dans l’exposé des motifs, le gouvernement rappelle que l’État maintient une tarification « parmi les plus avantageuses et stables au monde ». Le Trésor public prend en charge une part significative des coûts réels. Cette aide comble l’écart entre le coût de revient et le prix à la pompe.

Selon le gouvernement, la hausse continue des coûts de production change toutefois la donne. La révision des prix « peut devenir un impératif technique et économique », estime-t-il. Elle doit garantir l’équilibre financier du raffinage et de la distribution, et prévenir les ruptures d’approvisionnement.

Le texte promet enfin que ces ajustements se feront « sans pour autant compromettre l’aide de l’État ». Le gouvernement y voit une « flexibilité réglementaire », censée concilier la viabilité des opérateurs et la cohésion sociale.

Le précédent du 1er janvier 2026

Ce ne serait pas la première révision récente. Le 1er janvier 2026 à minuit, les stations-service ont appliqué de nouveaux prix, sans annonce préalable au public. L’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) avait notifié la décision aux gérants par un courrier daté de la veille.

Carburant

Prix jusqu’au 31/12/2025

Prix depuis le 01/01/2026

Hausse

Essence

45,62 DA/litre

47 DA/litre

+1,38 DA

Gasoil

29,01 DA/litre

31 DA/litre

+1,99 DA

GPL-c (Sirghaz)

9 DA/litre

12 DA/litre

+3 DA

Le ministère des Hydrocarbures et des Mines a justifié cette hausse qui avait surpris les automobilistes dans un communiqué du 2 janvier. Il l’a présentée comme un ajustement destiné à couvrir la hausse des coûts de production et de distribution. Selon lui, les prix n’avaient pas évolué depuis 2020.

Le ministère a aussi souligné que le GPL-c restait « quatre fois » moins cher que l’essence. Le décret exécutif n° 21-63 du 11 février 2021 confie en effet à l’ARH le calcul et la notification annuels des prix. La loi de finances 2026 maintenait pourtant inchangée la taxe sur les produits pétroliers, dans son article 56.

Pour plusieurs observateurs, l’article 218 viendrait donner un cadre explicite à ce type de révision dans la loi de finances. Le texte ne dit pas, en revanche, si une nouvelle hausse est envisagée dès 2027.

Ce que cela change pour les automobilistes

À court terme, rien ne change à la pompe. Les derniers prix officiels datent du 1er janvier 2026 : 47 DA le litre d’essence, 31 DA pour le gasoil et 12 DA pour le GPL-c. Aucune nouvelle décision tarifaire n’a été annoncée à ce stade.

Plusieurs observateurs évoquent le 1er janvier 2027 comme date possible d’une révision, sur le modèle de 2026. Ce n’est toutefois qu’une hypothèse : ni le texte ni le gouvernement ne fixent de date. Le gouvernement rappelle de son côté que les prix algériens restent parmi les plus bas au monde.

Le PLF 2027 modifie aussi le paiement de la taxe sur les carburants due par les conducteurs qui quittent l’Algérie par la route. Ses tarifs restent inchangés. Les conducteurs pourront la régler au bureau des impôts, à la poste ou dans une banque, avant chaque sortie. Ceux qui arrivent à la frontière sans reçu pourront payer dans les postes ou banques des communes frontalières.

Les prix des carburants relèvent de décisions réglementaires, susceptibles d’évoluer. Fiez-vous uniquement aux annonces officielles de l’ARH, du ministère des Hydrocarbures et des Mines ou de Naftal.

Un texte encore soumis au Parlement

Le gouvernement a examiné l’avant-projet de loi de finances le 30 septembre. Le Conseil des ministres l’a ensuite adopté le 4 octobre, comme nous le rapportions dans notre article sur le Conseil des ministres. L’APN doit maintenant l’examiner, avant le Conseil de la nation.

La Constitution laisse 75 jours au Parlement, à compter du dépôt, pour adopter la loi de finances. Les députés peuvent modifier ou supprimer l’article 218 par amendement. Seule la loi promulguée, attendue avant le 31 décembre, fixera la version définitive.

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