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Notation libérée

Par Abdelkrim Zerzouri•3 min de lecture
Brifa
Notation libérée
Résumé IA

L'agence de notation panafricaine AfCRA a été officiellement lancée le 7 octobre 2026 à l'île Maurice, concrétisant une décision du sommet de l'Union africaine de février 2025 à Addis-Abeba.

Les dirigeants africains dénoncent depuis longtemps les évaluations déformées des trois grandes agences internationales, qui surestiment la prime de risque du continent et ignorent ses richesses naturelles, renchérissant le coût des emprunts voire bloquant l'accès au financement.

Le défi majeur reste désormais de doter l'AfCRA d'une indépendance totale et d'une rigueur scientifique incontestable pour gagner la confiance des investisseurs, sur le modèle européen de Scope Ratings agréée par la BCE.

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Le Quotidien d'Oran

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Désormais, le continent africain a sa propre agence de notation financière, l’AfCRA, dont le lancement officiel a eu lieu à l’Île Maurice, le mercredi 7 octobre 2026. L’idée d’une agence de notation panafricaine, qui n’est pas nouvelle, a pris forme lors du Sommet de l’UA, tenu à Addis-Abeba les 15 et 16 février 2025, où les dirigeants africains se sont mis d’accord pour lancer cette agence de notation sans plus tarder afin de donner des analyses objectives concernant les économies des pays africains, souvent présentées par les agences de notation internationales à travers une vision déformée qui a limité les capacités des pays du continent à s’intégrer dans le système financier mondial. Il y a, surtout, cette surévaluation de la prime de risque dans les pays africains qui a tendance à faire fuir les investisseurs potentiels et à bloquer les prêts au niveau des institutions financières internationales, qui se réfèrent à la notation établie par les agences en question avant de faire le moindre pas dans cette direction. Les dirigeants africains ont toujours dénoncé une évaluation loin des réalités africaines, notamment en ignorant ses richesses naturelles lors de l’établissement des risques crédit par les trois agences internationales, poussant les taux d’intérêts à la hausse lorsque le pays est mal noté ou fermant carrément l’accès aux prêts pour certains pays jugés en situation d’incapacité de remboursement des dettes. L’UA a atteint l’un de ses objectifs qui lui tient à cœur depuis 2017, mais le véritable défi ne fait que commencer. Car, maintenant, il s’agit de convaincre les investisseurs de la perspicacité de son évaluation des risques crédit et de la notation qu’elle devrait établir pour chaque pays africain. Il s’agit de donner à l’AfCRA une indépendance totale dans son travail d’évaluation des économies du continent, sinon personne ne peut lui accorder le moindre poids ou crédit, et pour une efficacité insoupçonnable, il faut placer cette mission d’évaluation sous la seule tutelle de la rigueur scientifique et non des humeurs politiques. Les Européens également, qui ont sévèrement critiqué « l’opacité des méthodes » de travail des trois principales agences de notation financière internationale, toutes trois d’origine anglo-saxonne et ancrées dans cette culture, ont créé leur propre agence de notation, Scope Ratings, qui a été agréée par la BCE, en novembre 2023. L’action des Européens montre la voie à suivre, consistant à ne pas abandonner cette agence de notation panafricaine à l’esprit subjectif, et à la placer sous l’agrément d’une institution financière africaine qui possède une réputation établie sur la scène de la finance internationale.

 Il ne s’agit pas seulement de créer une agence de notation pour se croire affranchi de l’influence des trois agences internationales de notation de référence mondiale. La forme y est maintenant à travers l’AfCRA, reste à lui donner du poids sur la scène internationale.

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