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La filière phosphates en crise : le cœur de l’économie marocaine vacille

Par Rafik Tadjer•5 min de lecture
Brifa
La filière phosphates en crise : le cœur de l’économie marocaine vacille
Résumé IA

Le blocage d'Ormuz prive l'OCP de soufre, faisant flamber son prix de 177 à 508 dollars la tonne et plongeant le géant phosphatier marocain dans une crise majeure.

Au premier semestre 2026, le chiffre d'affaires de l'OCP a reculé de 7 % à 48,3 milliards de dirhams, son résultat net passant d'un bénéfice de 8,3 milliards à une perte de 2,8 milliards.

Les retards de paiement de l'OCP, dont la dette fournisseurs a bondi de 84 % en un an pour atteindre 26,6 milliards de dirhams, asphyxient des milliers d'entreprises marocaines dépendantes du groupe.

La crise coïncide avec une dépréciation de 6,5 % du dirham face au dollar depuis juillet et une explosion des importations, aggravant inflation et tensions sociales au Maroc.

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TSA Algérie

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Le Maroc est touché de plein fouet par les retombées des tensions au Moyen-Orient.

La perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz met à mal la filière phosphates du Maroc, l’un des secteurs les plus contributeurs aux exportations du royaume.

Le blocage d’Ormuz prive de soufre la filière marocaine des phosphates

Selon les explications du magazine spécialisé DRH, l’Office chérifien des phosphates (OCP) est mis en difficulté, car il est privé de soufre, un des principaux intrants de la production d’acide phosphorique, à la suite du blocage du détroit d’Ormuz.

L’office marocain subit en fait un double choc. Non seulement ce produit s’est raréfié, mais son prix a aussi flambé, passant subitement de 177 à 508 dollars la tonne au premier semestre 2026.

Les conséquences sont lourdes et immédiates pour la plus importante entreprise du royaume qui a vu son chiffre d’affaires reculer pendant la même période de 7 %, à 48,3 milliards de dirhams (4,39 milliards d’euros) et son résultat net passer d’un bénéfice de 8,3 milliards de dirhams à une perte de 2,8 milliards de dirhams (de 750 millions d’euros de bénéfice à 250 millions d’euros de perte).

Des milliers d’entreprises affectées par la crise de l’OCP

Les difficultés de l’OCP sont aggravées par la nécessité à la fois de poursuivre ses investissements (16,067 milliards de dirhams, soit 1,51 milliard d’euros, au premier semestre de l’année) et de régler ses fournisseurs internes et externes.

« L’OCP fait donc face à une crise réelle », écrit DRH. Et c’est toute l’économie marocaine qui en souffre.

Comme l’explique le média, derrière les retards de paiement signalés, « se joue la survie d’entreprises qui ne disposent ni des réserves financières ni de l’accès aux marchés de capitaux du géant phosphatier ».

L’allongement des délais de règlement « enclenche alors une mécanique d’asphyxie » et « les tensions se propagent ensuite aux sous-traitants de second rang, qui subissent à leur tour les difficultés financières de leurs donneurs d’ordre ».

Le groupe compte 7.000 fournisseurs marocains et étrangers et, de ce fait, ses commandes soutiennent des activités industrielles, des investissements, des recrutements et des compétences spécialisées.

Maroc : Dirham en baisse, valeur des exportations en hausse et la filière phosphates en crise

Les chiffres qui se rapportent aux dettes impayées de l’OCP donnent une idée du nombre d’entreprises qui en souffrent : 14,439 milliards de dirhams en 2024 et 26,611 milliards en 2025, soit une augmentation de 84 %.

L’OCP est menacé par cette situation même dans la poursuite de ses propres prestations étant donné qu’une entreprise qui « ne parvient plus à financer l’importation de composants, la constitution de stocks ou la mobilisation d’équipes techniques ne peut garantir indéfiniment la continuité de ses prestations ».

Les difficultés du groupe public marocain de phosphates, l’un des principaux moteurs de l’économie du royaume, surviennent alors que se dégrade la situation économique et sociale du royaume.

Le dirham marocain a perdu 6,5 % de sa valeur par rapport au dollar depuis fin juillet dernier. Dans le même temps, la valeur des importations a explosé. Tous ces facteurs risquent d’exacerber la crise sociale et l’inflation qui touchent de larges franges de la société marocaine.

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