L’Iran renforce la protection des installations stratégiques

L'Iran déplace ses réserves de carburant et reconstruit son arsenal militaire, le Nobel de la paix récompense Navi Pillay pour ses enquêtes sur Gaza, et Trump conclut un accord diesel avec la Russie pour faire baisser les prix aux États-Unis.
Téhéran transfère ses réservoirs de carburant hors des villes et teste de nouveaux systèmes de défense aérienne tout en reconstituant ses stocks de missiles balistiques et de drones malgré les frappes américaines et israéliennes.
Le Comité Nobel norvégien a décerné son prix à l'ancienne juge de la CIJ Navi Pillay pour ses décennies de lutte contre les crimes de guerre, provoquant la colère de Washington qui a sanctionné la CPI en représailles.
Donald Trump a annoncé un accord avec Vladimir Poutine pour la livraison immédiate de 300 000 tonnes de diesel russe, brisant l'embargo énergétique de 2022, avec un total de 1,8 million de tonnes prévu d'ici avril 2027.
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Le Quotidien d'Oran
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En prévision d’une reprise de la guerre, l’Iran prend des mesures de précaution visant à protéger des installations stratégiques, comme les réservoirs de carburant, mais également en renforçant son arsenal de drones et de missiles, et teste de nouveaux systèmes de défense aérienne.
L’agence Bloomberg a rapporté, vendredi, les propos de responsables occidentaux, selon lesquels l’Iran a réussi à préserver ses unités de fabrication de missiles et de drones, malgré les intenses bombardements américains et israéliens, et a pu reconstituer son arsenal, depuis le cessez-le-feu. Téhéran dispose «d’importants stocks de missiles balistiques et d’armes antinavires», et reste en mesure «d’en produire rapidement de nouveaux», en plus des missiles que lui fournit la Russie, ajoute Bloomberg. Interrogé par Al Jazeera, le journaliste Mokhtar Haddad, rédacteur en chef du journal iranien Al-Wefaq, a expliqué que Téhéran «se prépare plutôt à une éventuelle confrontation imminente et teste de nouveaux systèmes de défense aérienne», soulignant que ces préparations prennent en compte un conflit s’étalant sur les «deux prochaines années». Par ailleurs, l’agence de presse iranienne Tasnim a rapporté les propos du chef de l’Organisation nationale de gestion des crises en Iran, faisant état du transfert en cours des réservoirs de carburant vers des sites sécurisés situés en dehors des villes, afin de garantir la sécurité des citoyens. Il a ajouté que l’organisation avait émis une recommandation technique officielle préconisant le transfert de ces réservoirs vers des sites sécurisés hors des villes, afin de limiter les risques pour la population.
«Une intégrité personnelle et un courage considérable»
Le Comité Nobel norvégien a annoncé, vendredi, l’attribution de son prix à Madame Navi Pillay, saluant ses « efforts déployés pendant des décennies pour poursuivre les auteurs de génocides et de crimes de guerre », une action marquée par « une rigueur juridique, une intégrité personnelle et un courage considérable ». Egalement juge à la Cour internationale de justice (CIJ), Mme Pillay, 85 ans, a dirigé récemment une enquête des Nations unies ayant conclu à la responsabilité d’Israël dans le génocide de Ghaza qui a fait à ce jour, depuis trois ans, près de 74.500 martyrs et 175.371 blessés, en majorité des enfants, des femmes et des personnes âgées.
La présidente de la Cour pénale internationale (CPI), Madame Tomoko Akane, a déclaré que cette distinction revêtait une importance particulière « à une époque où l’ordre juridique international et l’État de droit sont confrontés à de profonds défis ».
Comme il fallait s’y attendre, la décision du jury du prix Nobel a provoqué la colère des Etats-Unis et de l’entité sioniste.
Signe de cette colère, Washington a annoncé le jour même (vendredi), par la voix du secrétaire d’État américain Marco Rubio, une « nouvelle série de sanctions à l’encontre de la CPI ». La décision a provoqué une réaction de rejet de la part du secrétaire général de l’ONU et de l’Union européenne.
Pour le porte-parole d’Antonio Guterres, ces sanctions portaient « un coup dur à notre quête collective d’une justice pénale internationale » et affecteraient la capacité de la Cour « à remplir son mandat important, notamment concernant les situations qui lui sont déférées par le Conseil de sécurité et par les États parties au Statut de Rome», ainsi qu’à « rendre justice aux victimes ». Ces déclarations du Secrétaire général de l’ONU interviennent alors que les Pays-Bas - pays hôte de la CPI - et les pays de l’Union européenne ont annoncé leur intention de prendre des mesures pour assurer le bon fonctionnement de la Cour.
Du diesel russe pour sauver Trump
Alors qu’il ne cesse de répéter depuis plus de deux mois que le détroit d’Ormuz est « sous total contrôle américain » et que le « pétrole coule à flots », le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé, vendredi, un accord avec son homologue russe, Vladimir Poutine, pour la livraison immédiate de 300.000 tonnes de diesel pour faire baisser les prix de ce carburant aux Etats-Unis. L’accord, qui rompt avec le blocus imposé depuis 2022 sur les exportations énergétiques russes, porte sur un total de près de 2 millions de tonnes de diesel que Moscou va livrer d’ici avril 2027.
Le Trésor américain a publié le 9 octobre une licence générale de l’Office of Foreign Assets Control autorisant, jusqu’au 7 avril 2027, les transactions liées à la vente, la livraison, le déchargement et l’importation de diesel d’origine russe, rapporte l’AFP.
Donald Trump a déclaré que l’accord porterait sur environ 1,8 million de tonnes de diesel d’ici avril 2027. Dans un premier temps, un volume de « plus de 300.000 tonnes de diesel », livrable « immédiatement », suivi d’un autre de 500.000 tonnes en novembre, puis 1 million de tonnes jusqu’à avril prochain.