Actualités

Attaque meurtrière contre l’aéroport de Ryadh

Par Mohamed Mehdi•6 min de lecture
Brifa
Attaque meurtrière contre l’aéroport de Ryadh
Résumé IA

Une attaque houthie contre l’aéroport international King Khalid de Ryadh a fait 12 morts et plus de 300 blessés samedi, entraînant la fermeture de l’aéroport et des dommages aux radars et systèmes de communication.

Le porte-parole houthi Yahya Saree a réitéré l’avertissement aux compagnies aériennes d’éviter l’espace aérien saoudien, hors La Mecque et Médine, tandis que les combats s’intensifient à Taïz où les forces d’Aden tentent de progresser vers Dhoubab.

Malgré l’escalade, l’Arabie saoudite maintient ses grandes conférences internationales, notamment le Congrès mondial du pétrole et la Future Investment Initiative, alors que les condamnations internationales remplacent les efforts de médiation omanais.

Le général Al-Samadi qualifie les frappes sur zones civiles de crimes de guerre potentiels, souligne un dysfonctionnement de la défense aérienne saoudienne et note que la supériorité aérienne ne garantit pas le contrôle durable au sol.

L

Publié par

Le Quotidien d'Oran

Publié le

ou lire sur le site source →

Article Original

Contenu complet de la source

Les deux camps, les forces du gouvernement yéménite d’Aden reconnu internationalement et Ansarallah (Houthis) de Sanaa, perdent et gagnent chacun des positions en fonction du théâtre et de l’ampleur des opérations, mais sans changer fondamentalement la physionomie de leurs présences dans les zones déjà acquises. A Taïz, où se déroulent d’importants combats, la plupart des douze départements de ce gouvernorat sont encore sous domination houthie, notamment la région de Dhoubab, très importante pour leur maintien du contrôle du détroit de Bab el-Mandeb.

Les forces du gouvernement d’Aden tentent toujours d’avancer vers Dhoubab cette partie sud de la côte ouest du Yémen, sous couverture aérienne militaire de l’aviation militaire saoudienne. Aux pertes de certaines positions au sol, les Houthis répondent par des attaques visant plusieurs aéroports du royaume d’Arabie saoudite, en particulier celui de la capitale Ryadh, qui a été plusieurs fois fermé et ses opérations suspendues. Mais depuis les attaques de samedi soir, et la menace houthie de continuer à le cibler, l’aéroport international King Khalid était toujours fermé hier après-midi. Le porte-parole officiel des forces armées des Ansarallah, le général de brigade Yahya Saree, a réitéré, dimanche, les avertissements du gouvernement de Sanaa « à l’adresse de toutes les compagnies aériennes, des experts, du personnel, des travailleurs et des voyageurs, leur déconseillant d’utiliser les aéroports et l’espace aérien saoudiens, (qui sont) exposés à des frappes et constituent un théâtre d’opérations pour nos forces, à l’exception des aéroports de La Mecque et de Médine».

Dans un communiqué publié par l’agence yéménite Saba, Yahya Saree a rappelé que l’«équation» des attaques des Ansarallah: « aéroport pour aéroport», «blocus pour blocus» et « escalade pour escalade» Sur le plan politique, si les condamnations internationales fusent de toutes parts après les attaques houthies des aéroports saoudiens, excepté ceux de La Mecque et de Médine, il est de moins en moins question de tentatives de médiation, notamment celle d’Oman, pour faire baisser l’escalade.

Un lourd bilan

L’autorité de l’aviation civile saoudienne a recensé 12 personnes tuées et 309 blessées samedi à l’aéroport international King Khalid, mais le bilan pourrait être plus lourd, incluant notamment d’autres blessés légers, a indiqué l’AFP citant un diplomate occidental basé à Ryadh. Après l’annonce de sa fermeture samedi soir, l’aéroport de la capitale saoudienne devait rester à l’arrêt dimanche, a ajouté l’AFP. « Les opérations sont suspendues jusqu’à nouvel ordre», a déclaré une source du secteur aérien, précisant que « certains systèmes ont été endommagés (le radar et les équipements de communication)» et que l’état des pistes de l’aéroport devait également être évalué. Plusieurs ambassades étrangères ont recommandé à leurs employés d’éviter cet aéroport pendant une semaine, précise encore l’agence de presse. Dans la soirée de samedi, la coalition (gouvernement yéménite d’Aden et l’Arabie saoudite, ndlr) a aussi rapporté la chute d’un projectile près de l’aéroport de Dammam, dans l’est du royaume.

Ces frappes des Houthis surviennent alors que l’Arabie saoudite doit accueillir ce mois-ci une série de grandes conférences, dont celle annuelle sur l’investissement, qui attire dirigeants étrangers et figures majeures du monde des affaires. Selon Al Jazeera English (AJE), les organisateurs du Congrès mondial du pétrole et de la «Future Investment Initiative» ont confirmé le maintien de ces événements. Le Congrès mondial du pétrole doit réunir, de dimanche à jeudi, de hauts dirigeants du secteur pétrolier mondial et des décideurs politiques. 

Alors que la « Future Investment Initiative» se tiendra également comme prévu du 26 au 29 octobre, ont annoncé les organisateurs.

«Puissants bombardements ciblant les troupes houthies»

Invité à commenter l’escalade en cours entre l’Arabie saoudite et les Houthis du Yémen, le général Mohamed Al-Samadi a déclaré dimanche sur la chaîne Al Araby TV que les attaques et les contre-attaques des « deux côtés» ciblant des zones et des infrastructures civiles «peuvent être qualifiées de «crimes de guerre», que ce soit sur les territoires du Yémen ou des aéroports de l’Arabie Saoudite».

Sur le plan strictement militaire, évoquant les attaques contre l’aéroport de Ryadh, l’intervenant considère qu’il y a «un dysfonctionnement dans le système de défense aérien saoudien». «La capitale politique de l’Arabie saoudite et cet aéroport doivent être suffisamment protégés. Les missiles houthis sont peu nombreux, mais leur taux de réussite est élevé. Les Ansarallah montrent des capacités à cibler la profondeur du royaume, si on prend en compte que la distance entre Sanaa et Ryadh est d’environ 1061 km. Et selon l’agence Reuters, il n’y a pas d’alarmes avant l’arrivée des missiles lors des attaques d’hier (samedi, ndlr)», a-t-il ajouté. Evoquant les combats en cours à Taïz, Al-Samadi fait état de « puissants bombardements ciblant les troupes houthies» ce qui, selon lui, « va provoquer une plus importante escalade» des Ansarallah. Il note également que « la puissance de frappe aérienne» de l’Arabie saoudite « ne peut pas assurer la victoire totale», car « les forces alliées au sol (du gouvernement d’Aden) ne peuvent pas assurer un contrôle durable sur le terrain».

Voir sur le site source