Menaces sur les sites pétroliers

L'Iran finalise sa réponse aux propositions américaines tout en appelant Washington à la flexibilité, pendant que les Houthis intensifient leurs attaques contre l'Arabie saoudite en menaçant les installations d'Aramco.
Téhéran et Mascate ont conclu un accord sur une voie de navigation temporaire, alors que l'Iran suspend l'allocation de devises aux activités non prioritaires pour contrer les effets du blocus pétrolier.
Les Houthis ont frappé l'aéroport de Ryad et menacent les sites pétroliers saoudiens, entraînant la suspension des vols de huit compagnies aériennes internationales vers le royaume.
La coalition saoudienne riposte par des raids sur les positions houthies au Yémen, où des frappes des deux camps font des victimes civiles selon les sources locales.
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Le Quotidien d'Oran
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Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré, hier, que Téhéran s’emploie à finaliser sa réponse aux propositions de Washington, envoyées par l’intermédiaire des médiateurs, appelant les Etats-Unis à faire preuve de flexibilité dans les négociations et à prendre des mesures correctives pour honorer ses engagements.
Sur un autre registre, le ministère des Affaires étrangères a annoncé que «l’Iran et Oman ont conclu un accord sur la définition d’une voie de navigation temporaire», ajoutant que les «modalités de mise en œuvre sont en cours d’examen». «L’accord irano-omanais concernant un passage sûr pour les navires est une question distincte de la réouverture du détroit d’Ormuz», ajoute le département de Abbas Araghchi, expliquant que «tout mécanisme durable de gestion» de ce passage maritime «doit prendre en compte les impératifs de souveraineté et de sécurité» des deux pays.
Par ailleurs, sur le plan économique, en conséquence du blocus marin américain qui réduit drastiquement ses exportations pétrolières, qui s’ajoute à près de cinq décennies de sanctions, Téhéran a décidé de suspendre l’allocation de devises étrangères aux activités non prioritaires. La porte-parole du gouvernement iranien a annoncé hier la suspension de l’allocation de devises étrangères pour toutes les activités non prioritaires, compte tenu des circonstances particulières que traverse le pays, sur décision du président de la République, a rapporté l’agence de presse Tasnim.
La même source indique que le gouvernement a temporairement suspendu l’importation de divers types de véhicules, notamment les fourgonnettes (vans) et les véhicules destinés aux hôteliers et Iraniens résidant à l’étranger, expliquant que les ressources en devises seront consacrées l’approvisionnement en produits de première nécessité, en médicaments et en fournitures vitales, afin de préserver la vitalité de l’économie nationale.
Houthis-Arabie Saoudite : La guerre d’usure
Les Houthis ont repris les attaques contre les aéroports saoudiens et menacent de reprendre le ciblage des installations de la compagnie Aramco. L’Arabie saoudite, qui dirige la «Coalition pour le soutien de la légitimité au Yémen», a bombardé des positions houthies, et continue de soutenir les troupes au sol du gouvernement d’Aden. Lundi soir les Houthis ont annoncé avoir visé l’aéroport international du roi Khaled à Ryadh avec un missile balistique et la base de Khamis Mushait avec un drone. Plus tard, le porte-parole des forces de la «Coalition pour le soutien de la légitimité au Yémen», le général de brigade saoudien Turki Al-Maliki, a annoncé l’interception et la destruction d’un missile balistique en direction de Ryadh. L’aéroport de Ryadh est fermé jusqu’à samedi prochain, a annoncé l’Autorité de l’aviation civile saoudienne. Depuis les premières attaques des Ansarallah visant les aéroports du royaume à ce jour, au moins huit compagnies aériennes internationales ont suspendu leurs vols à destination de Ryadh et Dammam. La durée de la suspension varie selon les compagnies. Il s’agit, selon Al Jazeera English (AJE), d’Air France-KLM (à fin d’octobre), Air India (jusqu’au 15 octobre), Cathay Pacific (Hong Kong, 31 janvier 2027), Delta (Etats-Unis, mars 2027), Etihad (Emirats, 19 octobre), Gulf Air (Bahreïn, 17 octobre), Lufthansa (Allemagne, 16 octobre), et Qatar Airways.
Ansarallah ont également averti «tous les employés et citoyens se trouvant à proximité de toute installation appartenant à la compagnie pétrolière Aramco de l’évacuer et de s’en éloigner, car elle constitue une cible légitime pour nos forces». Pour sa part, la Coalition a appelé également «les civils d’évacuer le site de la Compagnie pétrolière yéménite et la station centrale d’Al-Sabaha à Sanaa».
Toujours sur le terrain yéménite, les forces gouvernementales (Aden) ont diffusé, hier, des images montrant le ciblage d’un véhicule houthi sur le front d’Al-Mahawala, dans le gouvernorat de Lahj, a rapporté Al Jazeera. La même source a indiqué que l’aviation de combat des forces gouvernementales yéménite «a ciblé des membres et du matériel du groupe houthi dans 9 raids sur différentes partie du gouvernorat de Taëz». Par ailleurs, cité par Al Jazeera, le Bureau des droits de l’homme de Taëz a annoncé que «six civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés lors de bombardements menés par les Houthis sur la ville et ses environs».
De leur côté, les Ansarallah (Houthis) ont affirmé que «l’aviation militaire saoudienne a bombardé plusieurs zones dans les districts de Razih (Saada), de Jabal Habashi (Taïz), faisant également des victimes parmi les civils. Un «drone saoudien de reconnaissance armé de type «Wing Loong II» a été abattu dans le ciel du gouvernorat de Saada», ont-ils ajouté. Les Houthis menacent Ryadh d’une riposte « sévère » en cas d’attaque de la Coalition dirigée par l’Arabie Saoudite contre Sanaa.