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Sahara occidental – Maroc : le « R » de la Minurso, une lettre bien encombrante

Par Amar Belani•4 min de lecture
Brifa
Sahara occidental – Maroc : le « R » de la Minurso, une lettre bien encombrante
Résumé IA

Le « R » de MINURSO, pour « Référendum », cristallise depuis 1991 le différend sur le Sahara occidental, rappelant un scrutin promis mais jamais organisé.

Le Maroc fait pression pour vider la mission de ses prérogatives politiques et faire disparaître cette lettre, s'appuyant sur des relais américains républicains et le lobby pro-israélien.

Le Front Polisario et l'Algérie y voient au contraire un fondement juridique pour l'autodétermination sahraouie, tandis que l'ONU valorise son rôle militaire d'observation et de prévention des incidents.

Sa suppression risquerait de relancer les hostilités et de déstabiliser la région, aucun mécanisme alternatif n'assurant la liaison et la désescalade entre les parties.

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Depuis 1991, le « R », pour « Référendum » au Sahara occidental, dans l’acronyme MINURSO, reste une source d’irritation pour les dirigeants marocains car cette simple lettre cristallise leur frustration et leur angoisse existentielle.

Cette lettre rappelle un engagement international jamais concrétisé et un processus dont Rabat cherche à écarter l’issue référendaire.

Le Maroc cherche à se débarrasser du « R » de la Minurso 

Pour y parvenir, le Maroc exerce des pressions sur la Maison-Blanche en s’appuyant sur ses relais républicains et sur le lobby pro-israélien de l’AIPAC. 

L’objectif est de priver la mission onusienne de ses prérogatives politiques et civiles, d’affaiblir son mandat et de faire disparaître cette lettre qui hante la monarchie depuis plus de trois décennies. 

Le fait de la dépouiller de ses prérogatives politiques et civiles reviendrait à vider progressivement la MINURSO de sa substance, à réduire son rôle à une simple présence militaire et à marginaliser davantage la question de l’autodétermination du peuple sahraoui. 

Cette question est pourtant centrale et elle doit impérativement être prise en compte dans toute recherche d’une solution viable et durable. L’option marocaine de l’autonomie, conçue pour consacrer un fait accompli colonial, ne saurait être recevable.

Plusieurs médias marocains reconnaissent pourtant que la MINURSO remplit une fonction sécuritaire qu’il serait imprudent de négliger. Ses observateurs militaires assurent une présence internationale, examinent les incidents, maintiennent le contact avec les parties et contribuent à prévenir les tensions. 

Ses équipes de déminage accomplissent également un travail humanitaire dont l’utilité ne fait aucun doute.

Cette contribution ne doit toutefois pas faire oublier la vocation politique de la mission. Créée en 1991 par les Nations unies, la MINURSO devait permettre aux Sahraouis de se prononcer par référendum sur leur avenir. Son sigle rappelle cet engagement initial. 

Le « R » demeure ainsi au cœur du différend, alors que toute révision du mandat risque de reléguer la question de l’autodétermination au second plan.

Les risques de la suppression de la Minurso

Pour Rabat, le maintien de la MINURSO revient à conserver une structure dont le nom renvoie à un scrutin qui n’a jamais eu lieu. 

Le Front Polisario voit au contraire dans cette mission un symbole politique et un fondement juridique. Elle rappelle les termes initiaux du processus onusien et maintient le droit des Sahraouis à décider de leur avenir conformément au droit international.

L’Algérie partage cet ancrage juridique, conforme au cadre onusien de décolonisation. Les Nations unies disposent, quant à elles, d’un instrument d’observation, de liaison et de désescalade. 

La mission surveille la situation militaire, maintient les contacts entre les parties et contribue à prévenir les accrochages. Sa suppression ferait courir des risques sérieux. Elle pourrait favoriser une reprise des hostilités et provoquer une escalade aux conséquences régionales. 

Qui assurerait alors les fonctions d’observation militaire, de liaison et de prévention des incidents ? Se focaliser exclusivement sur les économies budgétaires, comme semble le faire l’administration américaine, ne saurait remplacer une réflexion sérieuse sur la sécurité et la stabilité de la région.

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