Tebboune face aux patrons : discours apaisé et bilan satisfaisant de l’économie algérienne

Le président Tebboune a rencontré les opérateurs économiques au CIC d'Alger pour dresser un bilan positif de l'économie algérienne et appeler à une lutte commune contre les pratiques frauduleuses.
Dans un discours apaisé de 45 minutes, il a attribué les difficultés persistantes à la transition vers l'économie de marché et qualifié les fraudes à l'importation de fait d'une infime minorité.
Les importations ont chuté structurellement de 62 à 40-42 milliards de dollars, la production pharmaceutique couvre 84 % des besoins contre 10 % auparavant, et l'industrie atteint 10 % du PIB.
La croissance atteint 3,8 % en 2025 avec 4 % prévus en 2026, le PIB passant de 36 103 à plus de 42 000 milliards de dinars, tandis que 13 000 projets d'investissement sont recensés et le Guichet unique ouvrira en janvier.
Tebboune a promis de préserver le caractère social de l'État lors de cette transformation, assurant vouloir « passer en douceur, sans secousses » pour les citoyens.
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TSA Algérie
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Troisième rencontre en trois ans du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avec les opérateurs économiques, réunis ce mercredi 14 octobre au Centre international des conférences (CIC) d’Alger à l’initiative du Conseil du renouveau économique algérien (CREA).
Dans un discours de 45 minutes, au ton apaisé, Abdelmadjid Tebboune a fait un état des lieux de l’économie algérienne, exprimé son satisfecit de ce qui a été fait et réitéré sa confiance aux chefs d’entreprise.
Les difficultés qui subsistent sont dues au passage « qui n’est pas toujours facile » d’une économie dirigée à une économie de marché. Les pratiques néfastes qui continuent à être déplorées sont le fait de « la minorité des minorités ».
Tebboune remonte le moral aux chefs d’entreprise
Le président a fait le choix d’un discours apaisé pour booster le moral des patrons qui en ont plus que jamais besoin dans une conjoncture internationale difficile et au moment où la stratégie de relance et de diversification de l’économie est en « passe d’atteindre tous ses objectifs », à l’orée de « l’année pivot » 2027.
Ceux qui s’attendaient à entendre la colère du président, à la suite de l’affaire des exagérations dans les demandes d’importation formulées par certains opérateurs, n’ont pas vu juste. L’affaire a été divulguée début septembre par le ministère du Commerce extérieur et avait provoqué une réunion au sommet présidée par le chef de l’État en personne. Des entreprises, employant parfois une ou deux personnes, ont introduit des demandes d’importation d’une valeur cumulée de 130 milliards de dollars.
Tebboune appelle à combattre ensemble les « parasites »
Dans son discours de ce mercredi, Tebboune a évidemment évoqué ce dépassement, sans toutefois trop s’y attarder et, surtout, sans en faire le reproche à toute la sphère économique.
Au contraire, il a appelé les opérateurs à contribuer à débusquer et à lutter contre ces pratiques et leurs auteurs. « Le parasite qui n’a pas compris que l’Algérie a changé, nous devons le combattre ensemble », a-t-il dit.
Ce ne sont pas, du reste, ces pratiques isolées qui peuvent ternir l’image des chefs d’entreprise, véritables « partenaires stratégiques de l’État », a reconnu le président qui a dénoncé les « tentatives d’épuiser les réserves de devises du pays ».
Les chiffres de la transformation
Pour le reste, les chiffres sont là pour plaider la bonne marche de l’économie nationale et de ses acteurs qui sont en passe de doter l’Algérie, « définitivement, d’une économie nouvelle et forte en 2027 ».
Les importations ont été réduites « de manière structurelle » de 62 à 40-42 milliards de dollars grâce à l’apport de la production locale ; la production pharmaceutique couvre 84 % des besoins du pays contre à peine 10 % il n’y a pas longtemps ; l’industrie contribue désormais à 10 % du PIB après un long « désert industriel », la perspective d’avoir une « voiture algérienne » en 2028…
En tout cas, « il y a une grande différence entre 2020 et aujourd’hui », et l’économie algérienne, qui était « désarticulée », est devenue « la troisième économie d’Afrique », et « pourquoi pas la première » à terme.
L’Algérie enregistre aussi des taux de croissance appréciables, 3,8 % en 2025 et des prévisions à 4 % en 2026. Avant le chef de l’État, le ministre des Finances, Mohamed Lamine Lebbou, avait livré les chiffres du PIB brut, soit 36.103 milliards de dinars en 2024, 37.790 milliards en 2025 et un montant prévisionnel de plus de 42.000 milliards en 2026.
M. Lebbou a expliqué que l’année 2011, prise comme année de référence pour le calcul du PIB, était « inadaptée » et qu’une autre année sera, de ce fait, choisie.
« Passer en douceur, sans secousses » sociales
Autre indicateur de la bonne marche vers l’édification d’une économie « résiliente face aux fluctuations de l’économie mondiale », Abdelmadjid Tebboune a cité le chiffre de 13.000 projets d’investissement concrets. Dans ce registre, le président a annoncé la concrétisation officielle du Guichet unique à partir du 1ᵉʳ janvier prochain. En attendant, Omar Rekache, l’actuel directeur de l’AAPI, l’agence algérienne de promotion de l’investissement, sera maintenu pour mener la transition.
Cette marche de l’Algérie vers une nouvelle économie ne se fera pas au détriment du citoyen et du volet social, s’est en outre engagé le président. Bien que « l_’équation soit difficile_ », « nous essayons de passer en douceur, sans secousses », a-t-il indiqué, assurant que l’État ne se délestera pas de son caractère social.
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