Blé tendre : comment l’Algérie fait grimper les prix sur le marché mondial

L'Algérie a lancé un nouvel appel d'offres pour 50 000 tonnes de blé tendre, soutenant une hausse de 0,5 % des cours sur Euronext à 243,25 euros la tonne.
Avec 8,5 millions de tonnes attendues pour la campagne 2026-2027, l'Algérie se classe troisième importateur mondial derrière l'Égypte et l'Indonésie, et affiche le volume par habitant le plus élevé des trois.
Les tensions diplomatiques avec la France risquent d'écarter à nouveau le blé français de cet appel d'offres, comme ce fut le cas en septembre dernier.
L'incertitude sur les exportations en mer Noire et les attaques russes contre l'Ukraine renforcent également la pression haussière sur les prix mondiaux.
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Les cours du blé tendre repartent à la hausse sur le marché international, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et l'évolution de la demande. L'Algérie, qui figure parmi les principaux importateurs mondiaux de céréales, contribue à cette tendance avec un nouvel appel d'offres. Cette opération retient particulièrement l'attention des exportateurs européens, notamment français.
Les cours du blé tendre ont progressé de 0,5 % lundi 12 octobre 2026 sur Euronext, à Paris, pour atteindre 243,25 euros la tonne. Cette hausse intervient après le lancement d'un nouvel appel d'offres international par l'Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).
Selon l'agence Reuters, cette opération contribue à soutenir les cours du blé européen, dans un contexte également marqué par les tensions en mer Noire et le recul de l'euro face au dollar. Lancé dimanche 11 octobre, l'appel d'offres algérien porte sur une quantité nominale de 50 000 tonnes de blé tendre, avec une date limite de dépôt des offres fixée au mardi 13 octobre 2026.
Toutefois, les quantités effectivement achetées dépassent régulièrement les volumes annoncés. Le 15 septembre 2026, l'Algérie avait ainsi acquis environ 500 000 tonnes de blé tendre, à des prix compris entre 319 et 321 dollars la tonne. Cette précédente opération avait cependant eu un effet limité sur les cours européens.
L'Algérie parmi les trois principaux importateurs mondiaux de blé
L'influence de l'Algérie sur le marché des céréales s'explique notamment par l'importance de ses importations. Pour la campagne 2026-2027, les achats algériens de blé sont estimés à 8,5 millions de tonnes. Avec ce volume, le pays occupe la troisième place parmi les principaux importateurs mondiaux, derrière l'Égypte, avec 13,5 millions de tonnes, et l'Indonésie, avec 12,5 millions de tonnes.
Rapportées à la population, les importations algériennes sont également importantes. Avec environ 48 millions d'habitants, l'Algérie affiche un volume de blé importé par habitant supérieur à celui de l'Égypte, qui compte 120 millions d'habitants, et de l'Indonésie, qui en compte 288 millions. Cette position explique l'attention portée aux appels d'offres de l'OAIC, dont les résultats peuvent influencer les cours internationaux.
Blé français : les tensions entre Paris et Alger compliquent les exportations
Le nouvel appel d'offres intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre l'Algérie et la France. Les exportateurs français sont confrontés au risque d'être une nouvelle fois écartés des achats algériens de blé tendre.
Selon Reuters, cette situation suscite des interrogations chez les professionnels français du secteur céréalier. Lors du précédent appel d'offres de septembre, les anticipations d'une exclusion du blé français avaient contribué à limiter les répercussions des achats algériens sur les prix européens. À ce stade, aucune décision définitive concernant la participation du blé français au nouvel appel d'offres du 13 octobre n'a été rapportée.
Les tensions en mer Noire accentuent la hausse des cours du blé
La progression des prix ne s'explique pas uniquement par la demande algérienne. Les tensions entre la Russie et l'Ukraine, deux exportateurs de céréales, continuent également d'influencer les marchés internationaux.
Les perspectives d'un accord susceptible de faciliter les exportations par la mer Noire restent incertaines. De nouvelles attaques russes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, signalées par le président Volodymyr Zelensky, ont renforcé ces inquiétudes.
Parallèlement, la Russie a développé une voie alternative d'exportation de son blé par la mer Baltique, contribuant précédemment à exercer une pression à la baisse sur les cours.