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Massacre du 17 octobre 1961 : la France se souvient, sans reconnaître un crime d’État

Par Riyad Hamadi•4 min de lecture
Brifa
Massacre du 17 octobre 1961 : la France se souvient, sans reconnaître un crime d’État
Résumé IA

La France a commémoré le massacre du 17 octobre 1961 sans le reconnaître comme crime d'État, lors de la dernière cérémonie sous le mandat d'Emmanuel Macron.

Dans un communiqué, l'Élysée attribue la « répression sanglante » au préfet de police Maurice Papon, sans engager la responsabilité de l'État dans son ensemble.

Des élus réclament pourtant cette reconnaissance, avec une pétition signée cette semaine par une trentaine de maires et une résolution adoptée par l'Assemblée nationale en mars 2024.

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TSA Algérie

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La reconnaissance par la France du massacre du 17 octobre 1961 à Paris comme crime d’État ne se fera pas sous Emmanuel Macron, partant au printemps prochain.

La dernière commémoration de ces événements tragiques sous Emmanuel Macron s’est faite ce samedi et elle n’a pas donné lieu à la reconnaissance réclamée par de nombreuses voix en France.

Massacre du 17 octobre 1961 : “Une répression sanglante organisée sous l’autorité de Maurice Papon”

Dans un communiqué rendu public pour la circonstance, l’Élysée a évoqué la mémoire des Algériens victimes d’une “répression sanglante” imputable, selon lui, au préfet de police Maurice Papon.

“Soixante-cinq ans après le 17 octobre 1961, la France se souvient des Algériens victimes de la répression sanglante organisée sous l’autorité du préfet de police Maurice Papon”, écrit la Présidence française, ajoutant que “cette mémoire meurtrie appartient à notre histoire commune et la République la regarde avec lucidité”.

Ce n’est pas la première fois que l’Élysée impute un crime commis pendant la guerre d’Algérie à un responsable civil ou militaire sans aller plus loin dans la chaîne de commandement, encore moins à la responsabilité entière de l’État. C’était par exemple le cas lors de la reconnaissance des assassinats de Ali Boumendjel et de Larbi Ben M’hidi, reconnus respectivement en mars 2021 et novembre 2024, imputés à “des militaires français placés sous l’autorité du général Paul Aussaresses”.

“Se projeter dans un avenir commun plus serein”

Cette mémoire, poursuit l’Elysée dans son communiqué de ce samedi, se transmet grâce au travail des historiens, des enseignants, des associations et des familles, “pour que chacun puisse connaître ce passé, reconnaître et faire perdurer la mémoire des victimes, et se projeter dans un avenir commun plus serein”.

De nombreuses voix en France réclament la reconnaissance officielle de ces massacres comme crime d’État. Cette semaine, une trentaine de maires ont signé une pétition réclamant “la reconnaissance pleine et entière du massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d’État, au regard de la responsabilité des autorités publiques dans l’organisation et la conduite de cette répression ».

En mars 2024, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de résolution portée par la député écologiste Sabrina Sebaihi et appelant à la reconnaissance officielle de ce crime.

Le président Emmanuel Macron a fait un geste fort en octobre 2021 en évoquant sur les lieux mêmes des massacres “un crime inexcusable pour la République”. Son prédécesseur François Hollande avait  reconnu en 2012 “avec lucidité”, au nom de la République, la “sanglante répression” qui a ciblé des “Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance”.

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