2027 sera une année charnière

Le président Tebboune a désigné 2027 comme année charnière pour la transformation de l'économie algérienne vers un modèle productif et exportateur hors hydrocarbures.
Les importations ont chuté de 62 à 40-42 milliards de dollars, le secteur privé pèse 85 % de l'économie, et la raffinerie de Hassi Messaoud stoppera l'importation de gasoil en 2027.
Une voiture algérienne avec composants locaux est visée pour fin 2028 avec partenaires allemands et italiens, tandis qu'un organisme de régulation des prix sera créé pour lutter contre la spéculation.
Tebboune conteste les prévisions pessimistes de la Banque mondiale, vise 30 milliards de dollars d'exportations hors hydrocarbures en 2030 et mise sur la route transsaharienne pour dynamiser le commerce régional.
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Le Quotidien d'Oran
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Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que 2027 sera une année charnière dans le processus de transformation que connaît l'économie nationale, à travers le renforcement de la production nationale et l'augmentation du volume des exportations hors hydrocarbures, tout en préservant le caractère social de l'Etat.
Lors de la Rencontre annuelle avec les opérateurs économiques, qu'il a présidée mercredi dernier, le président de la République a souligné que 2027 sera une "année charnière" dans la transformation de l'économie nationale, à travers la poursuite du renforcement de la production nationale, l'augmentation des exportations et la réduction des importations grâce à leur substitution par la production nationale", des déclarations qui ont retenu l'attention des journalistes, des experts et des opérateurs économiques au niveau national et international. "Grâce à la conjugaison des efforts de tous, nous parviendrons, à l'horizon 2027, à une économie forte tenant compte de la dimension sociale de l'Etat", a dit le président de la République. "L'économie nationale connaît un essor et nous allons continuer à avancer sur la même voie", a-t-il assuré, ajoutant que "grâce à la solidarité et à la cohésion de toutes les forces vives du pays, nous parachèverons, à la fin de l'année 2027, l'édification d'une économie forte".
Il a relevé que "l'économie nationale se trouve dans une phase de transformation globale d'une économie administrée vers une économie libre, d'autant que le secteur privé représente plus de 85 % de sa structure". Faisant remarquer que de "nombreux pays ont connu de telles transitions, très difficiles et ayant entraîné des déséquilibres économiques", le président de la République a dit : "nous mettons tout en œuvre pour que cette transition se fasse en douceur, sans soubresauts susceptibles d'impacter la situation socioéconomique". Passant en revue les "évolutions positives" qui caractérisent actuellement l'économie nationale, le président de la République a fait observer que "nous sommes la troisième économie africaine, et nous poursuivrons nos efforts pour faire encore mieux tout en continuant à remédier aux insuffisances", réitérant son engagement à préserver le rôle social de l'Etat. S'appuyant sur les chiffres, le président de la République a fait savoir que "les importations ont diminué à 40-42 milliards de dollars contre 62 milliards de dollars auparavant", ce qui montre que "l'économie nationale est désormais forte". "Nous importerons uniquement ce dont nous avons besoin", a-t-il dit, précisant que l'Algérie a "cessé, ces dernières années, d'importer de l'essence et du kérosène et elle cessera définitivement d'importer du gasoil dès la mise en service de la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud en 2027".
Concernant le secteur de l'industrie automobile, il a indiqué que "si les choses se déroulent comme nous l'avons prévu avec les Allemands et les Italiens, nous aurons une voiture algérienne d'ici la fin de 2028, avec une boîte de vitesses algérienne et des pneus algériens, et non d'un simple gonflage de pneumatiques", en référence à la pratique qui prévalait avant 2019. "C'est un pari que nous relèverons", a-t-il dit.
Evoquant les "fluctuations" récemment enregistrées dans les prix de certains produits de consommation, notamment les fruits et légumes, le président de la République a appelé à la nécessité de "bannir la cupidité", appelant à accélérer la création d'un organisme économique chargé de la régulation des opérations d'approvisionnement à travers le déstockage et l'achat des excédents de production des agriculteurs et des producteurs.
Au sujet de la "conclusion pessimiste" de la Banque mondiale concernant ses prévisions relatives aux réserves de change de l'Algérie, le président de la République a rassuré en affirmant que l'Algérie dispose de "capacités lui permettant de produire tout ce dont elle a besoin, dans un contexte de baisse de la valeur des importations et de hausse des exportations", évoquant l'objectif d'atteindre 30 milliards de dollars d'exportations hors hydrocarbures à l'horizon 2030, l'exportation du phosphate, des engrais et du zinc après l'achèvement des projets qui leur sont dédiés, ainsi que le parachèvement du raccordement à la route transsaharienne, qui créera une "dynamique économique entre l'Algérie et plusieurs pays voisins comme le Tchad, le Niger et le Mali".
Après avoir réaffirmé l'importance des résultats enregistrés et de la réalité économique concrète, reflétée par des chiffres fiables et des indicateurs précis, le président de la République a chargé le ministre des Finances de prendre attache avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international afin de réexaminer les données y afférentes.