« Un crime contre le peuple » : Tebboune ordonne 7 mesures immédiates face à la hausse des prix

Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné sept mesures immédiates pour lutter contre les hausses injustifiées des prix, qu'il qualifie de « crime contre le peuple ».
| Mesure | Description | Cible / Objectif |
|---|---|---|
| 1. Encadrement des intermédiaires | Texte réglementaire strict pour les circuits entre producteurs et consommateurs | Réduire l'écart prix producteur / prix étal (ex. tomate 20 → 140 DA/kg) |
| 2. Enquête sur importateurs de viandes | Investigations sur pratiques de monopolisation et prix abusifs | Importateurs et bouchers vendant viande importée au prix de la locale |
| 3. Achat et stockage des excédents | Mécanisme d'État pour absorber les surplus et les réinjecter au marché | Stabiliser offre/demande, protéger agriculteurs et consommateurs |
| 4. Plafond des prix et marges | Dispositif du ministère du Commerce pour légumes, légumineuses, pâtes, viandes | Fixer des plafonds (ex. pomme de terre 80–90 DA/kg) selon coûts réels |
| 5. Suivi quotidien décentralisé | Directeurs du commerce surveillent les prix sous autorité des walis | Adapter la surveillance aux réalités locales, réagir vite par wilaya |
| 6. Renforcement des équipes de contrôle | Présence permanente et quotidienne sur le terrain toute l'année | Remplacer contrôles ponctuels par surveillance continue |
| 7. Base de données numérique + alertes | Plateforme partagée (Intérieur, Commerce, Numérisation) avec alertes automatiques | Détecter hausses anormales en temps réel, faciliter interventions |
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Le gouvernement algérien entend s’attaquer aux hausses injustifiées des prix à plusieurs niveaux, de la production jusqu’à la vente au consommateur. Réuni dimanche, le Conseil des ministres a fixé sept mesures à appliquer immédiatement, à la demande du président Abdelmadjid Tebboune. Encadrement des intermédiaires, plafonnement des prix, contrôles quotidiens et création d’une base de données numérique. Ce dispositif vise à détecter les anomalies et à intervenir dès les premiers signes de dérèglement du marché.
Hausse des prix en Algérie : les intermédiaires et les importateurs dans le viseur de Tebboune
La première mesure prévoit l’élaboration d’un texte pour encadrer strictement les intermédiaires qui assurent la liaison entre les producteurs et les consommateurs. Le chef de l’État entend ainsi s’attaquer aux circuits de commercialisation qui multiplient les intervenants et creusent les écarts entre les prix payés aux agriculteurs et ceux affichés sur les étals.
Lors de sa récente rencontre avec les représentants des médias nationaux, Tebboune avait notamment évoqué le cas de la tomate, achetée à l’agriculteur à 20 DA le kilogramme, puis vendue à 140 DA. Cet écart illustre, selon lui, les dérives que les nouvelles mesures doivent permettre de combattre.
Le président a également demandé au Premier ministre d’ouvrir une enquête sur les pratiques de certains importateurs de viandes importées, soupçonnés de favoriser la monopolisation et la hausse des prix. Les investigations devront aussi porter sur les bouchers qui vendent ces viandes aux tarifs de la viande locale.
Les enquêteurs devront examiner les différences de prix entre les wilayas, mais aussi entre les quartiers d’une même ville, afin de déterminer les causes de ces écarts et d’identifier les éventuelles pratiques abusives.
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Prix des produits alimentaires : l’État prévoit de réguler les excédents et les marges
Le troisième volet du dispositif porte sur la gestion des excédents agricoles. L’État prévoit de mettre en place un mécanisme d’achat et de stockage des surplus de production locale. Avant de les remettre sur le marché dès l’apparition des premiers signes de variation des prix.
Cette intervention doit permettre de limiter les déséquilibres entre l’offre et la demande. Elle vise notamment à éviter qu’une surproduction entraîne une chute des prix pour les agriculteurs, suivie d’une hausse pour les consommateurs lorsque l’offre diminue.
Le gouvernement prévoit également d’encadrer les prix et les marges bénéficiaires de plusieurs catégories de produits de consommation courante. Le ministère du Commerce intérieur devra élaborer un dispositif concernant :
- Les légumes ;
- Les légumineuses ;
- Les pâtes alimentaires ;
- Les viandes.
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Les autorités devront tenir compte des différentes étapes de production et de commercialisation pour déterminer les plafonds de prix et les marges applicables. Tebboune avait notamment évoqué le prix de la pomme de terre, estimant qu’il devrait se situer autour de 80 à 90 DA le kilogramme.
Contrôle des prix en Algérie : des équipes mobilisées toute l’année sur le terrain
Le nouveau dispositif prévoit également de rapprocher la surveillance des prix des réalités locales. Les directeurs du commerce assureront un suivi quotidien des prix des produits de grande consommation, sous la responsabilité des walis.
Cette organisation décentralisée doit permettre aux autorités de mieux tenir compte des différences entre les marchés locaux et de réagir plus rapidement aux hausses constatées dans chaque wilaya.
En parallèle, le président a ordonné le renforcement des équipes de contrôle relevant du ministère du Commerce intérieur. Celles-ci devront assurer une présence quotidienne et permanente sur le terrain, tout au long de l’année.
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Cette mesure vise à remplacer les interventions ponctuelles par une surveillance continue des marchés. Les services concernés pourront ainsi repérer plus rapidement les anomalies et intervenir avant que certaines hausses ne s’installent durablement.
Prix en Algérie : une base de données numérique pour détecter les hausses anormales
La septième mesure repose sur la numérisation du suivi des prix. Le ministère de l’Intérieur, le ministère du Commerce intérieur et le Haut-Commissariat à la numérisation devront coordonner leurs efforts pour créer une base de données numérique dédiée au contrôle des prix.
Ce système devra également intégrer un mécanisme d’alerte afin de signaler rapidement les hausses anormales et de faciliter l’intervention des services compétents.
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Cette orientation prolonge les déclarations de Tebboune sur l’utilisation des outils numériques pour détecter les irrégularités économiques. Lors de sa récente rencontre avec les médias, le président avait notamment expliqué que la numérisation avait permis de révéler des anomalies dans certaines opérations d’importation, difficiles à identifier avec les méthodes de contrôle traditionnelles.
À travers ces sept mesures, les autorités veulent agir sur les différents facteurs susceptibles de provoquer des hausses injustifiées, qualifiées de «crime contre le peuple» par Tebboune. Le dispositif entend également renforcer la surveillance des marchés et limiter les effets de la spéculation sur le pouvoir d’achat.