Tunisie : vie chère, libertés, Kaïs Saïed face à la colère de la rue

Des milliers de Tunisiens ont manifesté samedi à Tunis contre la vie chère et pour les libertés, dans la plus grande mobilisation depuis les changements constitutionnels de 2021.
L'UGTT et huit autres organisations ont rassemblé entre 3000 et 6000 personnes dénonçant l'inflation, le chômage des diplômés et la dégradation des services publics.
Les manifestants ont aussi exigé la fin des atteintes aux libertés, l'indépendance de la justice et la libération des opposants, reprenant des slogans de la révolution de 2011.
Les observateurs considèrent ce mouvement comme le plus important défi populaire pour Kaïs Saïed depuis son élection, l'obligeant à répondre urgemment à la crise économique.
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TSA Algérie
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Forte mobilisation en Tunisie contre la vie chère et pour la défense des libertés. Des milliers de citoyens ont manifesté samedi au centre de Tunis à l’appel de nombreuses organisations.
Les observateurs estiment qu’il s’agit de la plus grande action de rue organisée depuis les changements constitutionnels imposés en juillet 2021 par le président Kais Saied et qualifiés par ses détracteurs de “coup de force”. La mobilisation survient dans un contexte économique et social difficile.
Des milliers de manifestants à Tunis
Ils étaient entre 3000 et 6000 personnes à répondre à l’appel à manifester lancé par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et soutenu par au moins huit autres organisations, parmi lesquelles la Ligue tunisienne des droits de l’homme, l’Ordre national des avocats, le Syndicat des journalistes tunisiens, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins et l’Union des diplômés chômeurs.
Les slogans scandés par les manifestants portaient essentiellement sur la dénonciation de la cherté de la vie et la revendication d’une amélioration des conditions de vie et des services publics. La manifestation a toutefois débordé sur des revendications politiques dans un contexte de recul des libertés publiques.
“Pas de dignité dans la pauvreté”
Après un été difficile marqué par des coupures répétées d’électricité, les Tunisiens doivent faire face en plus à une poussée inflationniste qui touche de nombreux produits alimentaires et énergétiques. Des pénuries de produits de base ou de médicaments sont également régulièrement signalées.
La manifestation s’est déroulée sous le mot d’ordre “La Tunisie d’abord, le peuple au-dessus de toute considération”. “Pas de dignité dans la pauvreté”, peut-on lire sur les pancartes. Les manifestants ont particulièrement dénoncé le chômage, qui touche une proportion importante de la jeunesse et n’épargne pas les diplômés, et la hausse des prix.
Présent à la manifestation, le bâtonnier de l’ordre des avocats tunisiens, Boubekeur Bethabet, a mis en garde contre “l’aggravation des crises dans divers secteurs, estimant qu’elles atteignent un niveau menaçant la stabilité des services publics du pays.”
Des slogans politiques qui rappellent ceux de 2011
Les mots d’ordre politiques étaient aussi présents sur les pancartes des manifestants qui ont réclamé la fin des atteintes aux libertés, l’indépendance de la justice, la libération des opposants emprisonnés et le respect des droits syndicaux.
Certains ont même déterré les slogans de la révolution de 2011 qui a mis fin au régime de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, comme “emploi, liberté, dignité nationale”, ou encore “dégage” ou même le fameux ”le peuple veut la chute du régime”. La similitude avec la révolution de 2011 est aussi dans la présence de la puissante centrale syndicale UGTT comme fer de lance du mouvement.
Les observateurs sont en tout cas unanimes à estimer qu’il s’agit du plus important mouvement populaire de contestation auquel fait face Kaies Saied depuis son élection en 2019. Le président tunisien est sommé, pour contenir la contestation, de trouver au plus vite des solutions aux problèmes soulevés par la rue, en tête desquels l’inflation galopante.
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