Washington veut redéfinir le mandat de la MINURSO au profit du Maroc

Les États-Unis proposent de prolonger d'un an le mandat de la MINURSO tout en ouvrant la voie à une refonte profonde de ses missions.
Le projet de résolution américain écarte toute référence au référendum et érige le plan d'autonomie marocain comme unique base réaliste pour régler le conflit.
La Russie et la Chine menacent d'opposer leur veto à toute modification touchant aux fondements du mandat, le texte restant en négociation au Conseil de sécurité.
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TSA Algérie
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D’après des informations en provenance de New York, le projet de résolution américain sur le Sahara occidental prévoit de prolonger d’un an le mandat de la MINURSO.
Il laisse aussi la porte ouverte à une révision en profondeur de ses missions.
Le sujet va bien au-delà d’une simple reconduction. C’est la raison d’être de la mission qui pourrait être remise en cause, avec en particulier la disparition de toute mention du référendum. Le cadre onusien du règlement du conflit s’en trouverait profondément changé.
Sahara occidental : ce que prépare Washington pour la MINURSO
Le texte américain fait aussi du plan d’autonomie marocain le pivot du processus politique, qu’il présente comme la seule base « réaliste » pour une solution.
Il envisage même de redéfinir l’autodétermination pour la rendre compatible avec cette proposition!
Ce serait un net changement des paramètres diplomatiques du dossier, au détriment du principe selon lequel le statut final du territoire doit découler de l’exercice, par le peuple sahraoui, de son droit à l’autodétermination.
La solution marocaine serait ainsi privilégiée, alors même que les modalités d’un règlement restent à définir.
Les obstacles chinois et russe
Reste un obstacle de taille : l’absence de consensus au Conseil de sécurité.
La Russie et la Chine pourraient s’opposer à toute modification touchant aux fondements du mandat, au point de brandir la menace d’un veto.
Le texte est encore en consultation entre les membres du Conseil et n’impose pas, pour l’instant, de transformation concrète de la mission.
Les négociations diront si Washington parvient à faire adopter cette nouvelle orientation ou si les divergences entre membres permanents du Conseil finiront par préserver le cadre actuel.
J’avais déjà développé cette analyse dans un article publié sur TSA, « Sahara occidental – Maroc : le « R » de la MINURSO, une lettre bien encombrante ».
J’y écrivais : « L’objectif est de priver la mission onusienne de ses prérogatives politiques et civiles, d’affaiblir son mandat et de faire disparaître cette lettre qui hante la monarchie depuis plus de trois décennies. »
Le projet américain, fortement appuyé par la France, s’inscrit dans cette logique, puisqu’il envisage de supprimer du mandat toute référence au référendum.
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