Train Alger-Tamanrasset : 924 km prêts à être lancés, le point sur le chantier du Grand Sud

Le ministre des Travaux publics a présenté le 21 octobre un bilan du corridor ferroviaire Alger-Tamanrasset, long de 2 036 km, dont 308 km sont déjà en service et 924 km entrent en phase de lancement des travaux pour une mise en service totale visée fin 2028.
| Tronçon | Distance | Statut |
|---|---|---|
| Chiffa – Ksar El Boukhari | 111 km | Inclus, avancement non détaillé |
| Ksar El Boukhari – Boughezoul | 42 km | En cours de réalisation |
| Boughezoul – Djelfa – Laghouat | 250 km | En service (depuis oct. 2023) |
| Laghouat – Ghardaïa – El Meniaa | 495 km | Préparation lancement travaux |
| El Meniaa – In Salah | 410 km | Déclaré utilité publique (préparation / appels d'offres) |
| In Salah – Tamanrasset | 676 km | Déclaré utilité publique (213 km préparation) |
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Le train relie déjà Alger à Laghouat. Sur les 2 036 km du corridor vers Tamanrasset, 308 km sont en service et 924 km entrent dans la phase de lancement des travaux. La mise en service de l’ensemble de la ligne est prévue pour fin 2028.
Train Alger-Tamanrasset : où en est la ligne en octobre 2026 ?
Le ministre des Travaux publics, Abdelkader Djellaoui, a dressé le 21 octobre un bilan chiffré du corridor devant les députés. Il présentait le budget 2027 de son secteur à la commission des finances de l’APN. Le corridor mesure 2 036 km au total, en comptant le tronçon Chiffa-Ksar El Boukhari, long de 111 km.
Sur les 1 925 km détaillés par le ministre, 308 km sont en exploitation et 42 km en cours de réalisation. Les 924 km suivants se trouvent en phase de préparation au lancement des travaux, et 651 km font l’objet d’appels d’offres. Le projet entre ainsi dans une nouvelle étape, celle des grands chantiers du Grand Sud.
Le ministre a insisté sur la nécessité d’achever ce projet stratégique dans les délais. Les prochains mois seront consacrés au lancement des travaux sur les tronçons en préparation. L’attribution des marchés encore en appel d’offres constituera l’autre étape clé.
Tronçon par tronçon : ce qui roule, ce qui se prépare
Le corridor se découpe en plusieurs tronçons, à des stades très différents. Certains accueillent déjà des trains, d’autres n’existent encore que sur plan. Voici l’état d’avancement de chacun, du nord au sud.
- Chiffa-Ksar El Boukhari (111 km) : inclus dans le corridor, avancement non détaillé.
- Ksar El Boukhari-Boughezoul (42 km) : en cours de réalisation.
- Boughezoul-Djelfa-Laghouat (250 km) : en service depuis octobre 2023.
- Laghouat-Ghardaïa (265 km) et Ghardaïa-El Meniaa (230 km) : en préparation au lancement des travaux.
- El Meniaa-In Salah (410 km) : déclaré d’utilité publique, en partie en préparation, en partie en appel d’offres.
- In Salah-Tamanrasset (676 km) : déclaré d’utilité publique, avec 213 km en préparation autour de Tamanrasset.
La ligne Boughezoul-Djelfa-Laghouat reste à ce jour le principal acquis du projet. Le président Abdelmadjid Tebboune l’a inaugurée le 29 octobre 2023, avec cinq nouvelles gares. Aucune liaison ferroviaire ne permet encore de rejoindre Ghardaïa, In Salah ou Tamanrasset.
Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa : 495 km bientôt en chantier
Le tronçon entre Laghouat et El Meniaa est le plus avancé dans sa préparation. Le 20 octobre, le ministre a réuni les responsables du projet pour finaliser le lancement des travaux sur l’axe Laghouat-Tamanrasset. Il leur a demandé de lever rapidement les obstacles administratifs, logistiques et techniques.
Plusieurs entreprises publiques algériennes participent à la réalisation, dont Cosider, la SNTP, GCB et Infrarail. Deux groupes chinois, CRCC et CCECC, interviennent également. Ce chantier figure parmi les plus importants du pays, aux côtés de l’extension du métro d’Alger.
El Meniaa-Tamanrasset : 1 086 km déclarés d’utilité publique
Les deux tronçons les plus au sud ont franchi une étape décisive cet été. Un décret du 1er août les a déclarés d’utilité publique, ce qui ouvre la voie aux expropriations nécessaires. Il s’agit des tronçons El Meniaa-In Salah, sur 410 km, et In Salah-Tamanrasset, sur 676 km.
Les terrains concernés couvrent plus de 6 000 hectares, dans les wilayas d’El Meniaa, d’In Salah et de Tamanrasset. Les trains de voyageurs pourront y circuler jusqu’à 220 km/h, et les trains de marchandises jusqu’à 100 km/h. La ligne disposera d’une signalisation moderne de type ERTMS et d’un réseau de communication GSM-R.
La ligne comptera sept gares entre In Salah et Tamanrasset, dont celles d’Arak, de Moulay Lahcen, d’In Amguel et de Tit. In Salah et Tamanrasset accueilleront des gares mixtes, qui recevront voyageurs et marchandises. Les autorités n’ont pas encore fixé le calendrier d’attribution des 651 km en appel d’offres.
Qui finance le train Alger-Tamanrasset ?
Le financement repose sur deux mécanismes distincts. Le tronçon Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa est cofinancé par la Banque africaine de développement et la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures. Plus au sud, le tronçon El Meniaa-In Salah-Tamanrasset est financé entièrement par le budget de l’État.
Le ministère des Travaux publics a démenti le 22 octobre tout renoncement au financement de la Banque islamique de développement. Les discussions se poursuivent avec cette banque et avec la Banque africaine de développement pour d’autres tronçons prioritaires. Le ministère a appelé les médias à s’appuyer sur les communiqués officiels.
Le PLF 2027 accorde 980 milliards de DA de crédits de paiement au secteur des Travaux publics. Le programme consacré aux infrastructures ferroviaires et aux transports guidés en absorbe près de la moitié, avec 459,7 milliards de DA. Le corridor Nord-Sud figure parmi ses priorités, avec la ligne minière Est et l’extension du port d’Annaba.
Quand pourra-t-on rallier Tamanrasset en train ?
Le président Abdelmadjid Tebboune a fixé la mise en service de la ligne à la fin de l’année 2028. Il classe ce projet parmi les chantiers « stratégiques et prioritaires » du pays. Aucune date d’ouverture n’a toutefois été annoncée tronçon par tronçon.
Pour l’instant, un voyageur parti d’Alger peut rejoindre Laghouat en train, via Boughezoul. Au-delà, la route reste la seule option terrestre vers Ghardaïa, In Salah ou Tamanrasset. Le corridor pourrait à terme soutenir le développement du tourisme saharien.
L’échéance de 2028 dépend de l’avancement des chantiers encore à lancer. Il est recommandé de suivre les annonces du ministère des Travaux publics et de la SNTF avant d’envisager un voyage, afin d’éviter toute confusion. Le corridor constitue enfin un maillon de la future liaison transsaharienne vers la frontière nigérienne.