Algérie-France : le différend commercial prend une dimension européenne

La France a porté le différend commercial avec l’Algérie devant le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne le 12 octobre 2026, dénonçant des restrictions aux exportations françaises.
Les échanges bilatéraux reculent fortement : les exportations françaises ont chuté de 12 % en 2025 à 4,2 milliards d’euros et de 12 % supplémentaires sur huit mois en 2026, tandis que les importations d’hydrocarbures algériens baissent de 18 % puis 11 %.
Plusieurs centaines d’entreprises françaises subiraient de lourdes difficultés, avec au moins 300 faillites estimées et 600 sociétés exportatrices affectées selon la Chambre de commerce algéro-française.
Sur le plan diplomatique, les visites officielles sont interrompues depuis mai 2026 et les tensions portent aussi sur les engrais agricoles et les livraisons d’hydrocarbures demandées par Paris.
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Les tensions commerciales entre l’Algérie et la France connaissent un nouveau développement au niveau européen. Paris a porté la question des échanges bilatéraux devant les institutions de l’Union européenne, dans un contexte de relations diplomatiques difficiles entre les deux pays. Cette démarche intervient alors que plusieurs entreprises françaises signalent des difficultés sur le marché algérien.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a soulevé la question des restrictions commerciales affectant les produits français exportés vers l’Algérie lors d’une réunion du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, tenue le 12 octobre 2026.
Cette question figure dans le compte rendu officiel de la réunion, publié sur le site du Conseil de l’Union européenne. Le document indique que la France a évoqué les restrictions commerciales qui, selon Paris, affectent les exportations françaises vers l’Algérie. Cette démarche intervient dans un contexte de tensions diplomatiques et économiques persistantes entre Alger et Paris, marquées par plusieurs désaccords concernant leurs relations bilatérales.
Les autorités françaises dénoncent des mesures qui limiteraient l’accès de leurs produits au marché algérien. De leur côté, les autorités algériennes contestent, selon des sources diplomatiques citées dans la presse, l’existence de restrictions visant spécifiquement les marchandises françaises.
Les échanges commerciaux entre l’Algérie et la France en recul
Les tensions entre les deux pays s’accompagnent d’une baisse de leurs échanges commerciaux. Selon les données des douanes françaises, les exportations françaises vers l’Algérie ont diminué d’environ 12 % en 2025, pour atteindre 4,2 milliards d’euros.
Cette tendance s’est poursuivie au cours des huit premiers mois de 2026, avec une nouvelle baisse d’environ 12 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Les importations françaises en provenance d’Algérie, principalement composées de pétrole et de gaz, ont également reculé. Elles ont diminué de 18 % en 2025, pour s’établir à 5,1 milliards d’euros, avant d’enregistrer une nouvelle baisse de 11 % entre janvier et août 2026.
Plusieurs représentants du monde économique français, dont Michel Bisac, président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française, ont évoqué les difficultés rencontrées par les entreprises dépendantes du marché algérien.
Une estimation attribuée à l’Institut Montaigne fait également état d’au moins 300 entreprises françaises ayant fait faillite dans un contexte de difficultés commerciales avec l’Algérie.
Des relations diplomatiques toujours tendues entre Alger et Paris
Sur le plan diplomatique, les relations entre l’Algérie et la France restent marquées par plusieurs désaccords. Les visites officielles entre les deux pays seraient interrompues depuis mai 2026, date du déplacement en Algérie d’Alice Rufo, alors ministre déléguée française chargée des Armées.
Des sources diplomatiques françaises évoquent également des restrictions concernant certaines matières utilisées dans la fabrication d’engrais agricoles. Une demande française portant sur des livraisons de pétrole et de gaz est également mentionnée, sans qu’une réponse officielle des autorités algériennes ait été rapportée.
Le différend commercial s’ajoute ainsi aux tensions diplomatiques entre Alger et Paris. Son évocation au Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne montre que les difficultés rencontrées dans les échanges bilatéraux sont désormais abordées dans le cadre des discussions entre les États membres.