Vers un plafonnement des marges bénéficiaires

Le ministère du Commerce prépare un projet de loi plafonnant les marges des producteurs, grossistes et détaillants de fruits et légumes, et révise le décret sur la commercialisation des viandes rouges.
Des quotas d'importation de viandes rouges assurent l'approvisionnement avant le Ramadan, tandis que 7 000 agents ont effectué 2,4 millions de contrôles en neuf mois, verbalisant 167 000 infractions.
Les procès-verbaux pour spéculation illicite ont chuté de 58 %, attribuée à l'effet dissuasif des sanctions, et la plateforme « Tawassol » permet aux citoyens de signaler les infractions commerciales.
Le Premier ministre Sifi Ghrieb supervise la mise en œuvre des directives présidentielles pour réguler le marché, responsabilisant les walis pour garantir la disponibilité des produits de base à prix abordables.
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Le Quotidien d'Oran
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Et ce, par l’élaboration d’un projet de loi sur le plafonnement des marges bénéficiaires, révision du dispositif encadrant la commercialisation des viandes rouges et renforcement des contrôles sur le terrain.
Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, Kamel Boukheddache, directeur central à la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, a annoncé l’élaboration, en concertation avec les professionnels de la filière, d’un projet de loi. Ce dernier porte sur le plafonnement des marges bénéficiaires des différents intervenants dans la commercialisation de certains produits de large consommation, notamment les fruits et légumes. Selon le représentant du ministère, trois acteurs principaux sont concernés par ce dispositif à savoir le producteur, le grossiste et le détaillant. Il a toutefois relevé la multiplication des intermédiaires dans les circuits de distribution, un phénomène qui contribue à l’augmentation des prix supportés par le consommateur final.
Le responsable a, par ailleurs, rappelé que les pouvoirs publics avaient déjà plafonné le prix de la pomme de terre à 90 dinars le kilogramme. S’agissant des viandes rouges, il a indiqué que les pouvoirs publics avaient engagé la révision du décret exécutif n°24-133 de 2024, qui encadre et plafonne les marges bénéficiaires aux différents stades de la commercialisation, de l’importation à la vente au détail, en passant par le commerce de gros. Cette révision vise à revoir les marges appliquées à chaque étape afin de renforcer la régulation du marché et de contribuer à la maîtrise des prix. En parallèle, des quotas d’importation ont été attribués aux opérateurs agréés afin de garantir un approvisionnement régulier du marché en viandes rouges à des prix abordables, notamment à l’approche du mois de Ramadan, a précisé l’invité de la Radio algérienne.
Contrôle commercial : plus de 2,4 millions d’interventions en neuf mois
Sur le volet du contrôle et de la répression des infractions commerciales, Kamel Boukheddache a fait état de plus de 2,4 millions d’interventions effectuées sur le terrain durant les neuf premiers mois de l’année en cours, soit une hausse de 19% par rapport à la même période de l’année précédente.
Les services de contrôle ont également constaté plus de 167.000 infractions aux textes législatifs et réglementaires, en augmentation de 6,3% par rapport aux neuf premiers mois de 2025. En matière de lutte contre la spéculation illicite, 17 procès-verbaux ont été établis durant la période considérée, un chiffre en baisse de 58% par rapport à la même période de 2025. Selon le responsable, cette évolution s’explique notamment par l’effet dissuasif des sanctions appliquées.
Évoquant les facteurs à l’origine de la flambée des prix des produits alimentaires et agricoles de large consommation, l’invité a notamment cité les pratiques spéculatives, les fluctuations des prix des intrants et des matières premières sur les marchés internationaux, les coûts du transport maritime ainsi que la multiplication des intermédiaires dans les circuits de distribution. En soulignant que le ministère a mobilisé plus de 7.000 agents, soit près de 80% de ses effectifs, pour intensifier les contrôles sur le terrain, sept jours sur sept. Ces opérations visent à garantir la transparence des transactions, le respect de l’obligation d’affichage des prix et la conformité des produits, aussi bien sur les marchés de gros que de détail.
Le responsable a également mis en avant le rôle de la plateforme numérique « Tawassol - Voix du consommateur », qui permet aux citoyens de signaler les infractions commerciales, notamment le défaut d’affichage des prix, le non-respect des prix réglementés ou plafonnés, les manquements aux règles d’hygiène ainsi que les perturbations dans la disponibilité des produits de large consommation.
Les signalements sont transmis aux directions du commerce des wilayas concernées pour une prise en charge rapide par les brigades de contrôle, a-t-il précisé.
Dans ce contexte, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, poursuit le suivi de la mise en œuvre des décisions prises par le président de la République lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, notamment celles relatives à la régulation du marché national des produits alimentaires et agricoles de large consommation, compte tenu de leur incidence directe sur le quotidien des citoyens. À ce titre, le Premier ministre a présidé, dimanche dernier, une réunion du Gouvernement au cours de laquelle une communication a été présentée sur les mesures engagées pour concrétiser les orientations présidentielles.
Les participants ont passé en revue les dispositions prises aux niveaux central et local afin de garantir la disponibilité des produits de base à des prix abordables. Plusieurs rencontres directes ont également été organisées avec les représentants des professionnels des filières agricoles et des organisations commerciales intervenant dans la chaîne d’approvisionnement du marché national.
Le dispositif retenu repose notamment sur la responsabilisation des walis, chargés d’assurer la coordination et la mise en œuvre des mécanismes de régulation au niveau local, en concertation permanente avec les administrations centrales concernées.
L’objectif est d’améliorer la maîtrise des données et des informations ayant une incidence sur la fluidité et la transparence des circuits de distribution, du producteur au consommateur, tout en renforçant la lutte contre toutes les formes de spéculation illicite. Par la prise de mesures dissuasives, en concertation avec les services de sécurité et judiciaires, afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens.