Hécatombes routières en Algérie : l’heure de brandir le glaive de la loi

Un terrible accident de bus a coûté 14 vies samedi 6 décembre à Béni Abbès, dans le sud-ouest de l’Algérie, alors que le pays s’apprête à adopter un nouveau code de la route plus dissuasif contre les infractions et les comportements irresponsables. Le texte vise toute la chaîne: permis de conduire, état des véhicules et qualité des pièces, avec des sanctions renforcées (amendes jusqu’à 800 000 DA et jusqu’à 12 ans de prison). Le drame, après celui d’El Harrach, illustre ce qu’on appelle le « terrorisme routier »; le facteur humain et une vitesse vertigineuse (140 km/h) sont en cause.
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Un terrible accident de bus vient d’emporter 14 vies samedi 6 décembre à Béni Abbès, dans le sud-ouest de l’Algérie.
Cette énième tragédie survient alors que le pays s’apprête à adopter un nouveau code de la route, plus dissuasif dans ses dispositions relatives aux infractions et aux comportements irresponsables.
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Il s’agit de rendre les routes algériennes plus sûres, ou du moins faire en sorte qu’elles soient moins meurtrières.
Chaque année, et en dépit de toutes les recettes essayées, les accidents de la route font un nombre excessivement élevé de victimes proportionnellement à la taille du parc automobile du pays.
L’heure est venue de frapper fort. Ce sera donc à travers un nouveau code de la route aux dispositions d’une fermeté exemplaire.
Le texte, en cours d’adoption, prend en compte toute la chaîne de la problématique des accidents de la route : la délivrance du permis de conduire, l’état des véhicules, la qualité de la pièce de rechange, les infractions…
Accidents de la route en Algérie : une longue suite d’hécatombes
Un accent est mis sur le facteur humain, qui cause la plus grosse part des accidents sur la route. Certains comportements sont particulièrement ciblés, notamment ceux des chauffeurs de poids lourds et de bus de transport de voyageurs régulièrement pointés du doigt dans les hécatombes routières. Outre de fortes amendes, allant jusqu’à 800.000 DA, de lourdes peines de prison sont aussi prévues, jusqu’à 12 ans.
Ces peines sont drastiques et peuvent paraître excessives, mais l’Algérie n’a guère le choix vu le bilan de guerre enregistré chaque année, environ 3000 morts.
Dans la société, le mot est vite trouvé pour qualifier ce qui se passe quotidiennement sur les routes et autoroutes du pays : le terrorisme routier.
Le fléau préoccupe jusqu’au sommet de l’État et le nouveau code de la route annoncé a fait l’objet d’un examen en conseil des ministres il y a quelques semaines. Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a lui-même insisté sur l’adoption d’une approche de fermeté et d’élaborer un texte qui clarifie les responsabilités de chaque partie.
La chute d’un bus bondé de voyageurs dans Oued El Harrach, à Alger, en août dernier, est le drame de trop qui a incité les autorités à prendre le taureau par les cornes en s’attaquant d’abord à la principale source des accidents, le facteur humain, et aussi au contrôle de l’état des véhicules.
Le drame d’El Harrach, qui a fait 18 morts, est causé par ces deux facteurs à en juger par les arrestations ordonnées par la justice. Dans celui de Béni Abbès, c’est la vitesse seule qui est en cause.
Selon les premières constatations de la gendarmerie, révélées par le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, le chauffeur du bus roulait à tombeau ouvert, 140 km/h.
Le ministre a indiqué que rien ne peut expliquer qu’un bus dérape sur une route droite, sans circulation ni obstacle, sinon la vitesse vertigineuse.
Comportements suicidaires sur les routes
Évidemment, ce n’est pas pour un accident, aussi meurtrier soit-il, que l’Algérie décrète ce qui s’apparente à une révolution dans la gestion de la sécurité routière.
Le drame de Oued El Harrach et celui de Béni Abbès ne sont que des épisodes d’une très longue suite d’hécatombes causées par les bus et camions poids lourds, dus parfois à l’état du réseau routier ou des véhicules, mais dans la plupart des cas à l’inconscience des chauffeurs.
Les réseaux sociaux partagent quotidiennement des scènes choquantes de bus et camions de gros tonnage qui font la course sur l’autoroute, de conducteurs aux comportements suicidaires qui effectuent des manœuvres dangereuses.
Les gendarmes et policiers interceptent régulièrement des conducteurs en état d’ivresse ou sous l’effet de stupéfiants et de psychotropes. Des comportements qui relèvent de la délinquance et qui appellent, en premier lieu, le durcissement de la loi et son application dans toute sa rigueur.