Algérie : Mohamed Lamine Belghit gracié par le président Tebboune

Le président Abdelmadjid Tebboune a signé un décret accordant une grâce totale pour le reste de la peine à Mohamed Lamine Belghit, qui sort de prison après 7 mois.
La mesure, conforme à la Constitution (articles 91 al.7-8 et 182) et après consultation du Conseil supérieur de la magistrature, concerne le détenu définitivement condamné.
Belghit avait été arrêté le 3 mai pour des propos sur l’amazighité et condamné en juillet à 5 ans de prison ferme, puis à 5 ans dont 3 fermes en appel; le pourvoi en cassation a été rejeté le 10 décembre par la Cour suprême.
Publié par
TSA Algérie
Publié le
Article Original
Contenu complet de la source
Mohamed Lamine Belghit quitte la prison après 7 mois de détention. L’historien vient de bénéficier d’une grâce présidentielle, annonce la présidence de la République dans un communiqué publié ce lundi 15 décembre.
« Conformément à la Constitution, et notamment ses articles 91 (alinéas 7 et 8) et 182, et après consultation du Conseil supérieur de la magistrature, conformément aux dispositions de l’article 182 de la Constitution, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a signé aujourd’hui un décret présidentiel accordant la grâce totale pour le reste de la peine au détenu définitivement condamné Mohamed Lamine Belghit », lit-on dans un communiqué mis en ligne sur la page Facebook officielle de la présidence.
Propos révisionnistes sur l’amazighité
Mohamed Lamine Belghit a été arrêté le 3 mai dernier après des propos controversés sur l’amazighité de l’Algérie tenus sur une chaîne de télévision émiratie. Il avait notamment soutenu que l’amazighité, pourtant consacrée par la Constitution comme élément de l’identité algérienne, est une création « franco-sioniste ». Il a même traité les franco-algériens de harkis.
Jugé pour « actes visant l’unité nationale en attaquant les symboles de la nation et de la République, atteinte à l’unité nationale et diffusion d’un discours de haine et de discrimination par le biais des technologies de l’information et de la communication », il a été condamné en juillet à 5 ans de prison ferme puis en appel, en octobre dernier, à 5 ans de prison dont trois ans fermes. Le 11 décembre, la Cour suprême a rejeté l’appel interjeté par la défense de Belghit.
Le 10 décembre, un de ses avocats, Me Toufik Hichour, a annoncé que la Cour suprême a rejeté le pourvoi en cassation introduit par le prévenu, rendant sa peine définitive.