France : le paradoxe de Samia, une Algérienne sans-papiers

Samia, Algérienne sans-papiers, vit en France et montre le paradoxe des immigrés qui servent la société mais restent invisibles légalement.
Arrivée il y a huit ans pour s’occuper de ses parents, elle cumule aide à domicile et babysitting pour Clémence, fille handicapée, et gagne environ 1 200 euros.
Ses deux demandes de titre de séjour ont été rejetées; elle n’a pas droit à la protection sociale.
Le reportage évoque le regard des autres et la peur d’une interpellation ou d’une OQTF tant qu’elle est sans-papiers.
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TSA Algérie
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Samia est une Algérienne qui vit sans papiers en France où, malgré son statut, elle se rend très utile à la société française.
Son cas, raconté dans le magazine « Sept à huit » diffusé sur TF1, illustre le paradoxe de cette catégorie d’immigrés : malgré la reconnaissance de la société française qu’ils servent avec dévouement, ils demeurent en marge de la loi aux yeux de l’État.
Leur apport est pourtant inestimable puisque, souvent, ils font les métiers dont les Français ne veulent pas, c’est-à-dire les plus durs.
Samia est arrivée d’Algérie il y a huit ans, pour s’occuper de ses parents, âgés et malades et installés légalement en France.
« Je pense que ça a été une bonne décision parce que ma venue les a beaucoup aidés », dit-elle. En plus d’être au chevet de ses parents, elle travaille dans une entreprise d’aide à domicile et comme baby-sitter d’une fillette en situation de handicap. Ces deux postes cumulés lui permettent de gagner à peine 1.200 euros par mois.
Les parents de la petite Clémence, dont s’occupe Samia, sont très satisfaits de son travail et surtout, ils lui sont très reconnaissants d’avoir accepté d’effectuer ce travail, que beaucoup refusent.
« Des gens qui veulent bien garder des enfants handicapés, il n’y en a pas forcément beaucoup. Samia, ça n’avait pas l’air de l’effrayer. On lui a fait confiance et on n’a pas été déçus », dit Vincent, le père de Clémence.
Deux métiers difficiles et deux demandes de titre de séjour rejetées
Bien qu’elle travaille, l’Algérienne a vu ses deux demandes de titre de séjour restées sans suite.
« Je trouve que c’est un peu injuste, dit Vincent. Parce que, en fait, nous, on paye des charges sur son salaire, pour le chômage, pour la Sécurité sociale, et elle ne va jamais en bénéficier. J’espère pour elle qu’elle réussira à avoir ses papiers et pourra bénéficier, comme nous, du système de protection sociale français. Pour le moment, c’est vrai qu’elle n’y a pas droit. »
Le regard des autres
Il y a aussi le regard des gens. Samia témoigne qu’il y a des personnes pour qui les sans-papiers « ne sont pas des gens comme les autres ».
« Une fois à la pharmacie, une pharmacienne a vu ma carte AME (aide médicale d’État) et a compris que j’étais sans-papiers. J’ai senti son arrogance. Ça m’a fait mal au cœur », dit-elle.
Par-dessus tout, la jeune femme n’est pas à l’abri d’une interpellation et d’une OQTF tant qu’elle n’a pas ses papiers en règle. « À chaque fois qu’elle sort, j’ai peur comme elle n’a pas les papiers », a confié sa vieille mère dans le reportage.
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