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israël relance la colonisation et torpille la perspective d’un État palestinien

Par Sonia Lyes6 min de lecture
israël relance la colonisation et torpille la perspective d’un État palestinien
Résumé IA

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé 19 nouvelles implantations juives en Cisjordanie, portant le total à 69 ces dernières années.

Selon Peace Now, les colonies sont passées de 141 en 2022 à 210 aujourd’hui, soit une hausse d’environ 50 % sous le gouvernement d’extrême droite.

Dans un contexte de cessez-le-feu fragile avec Gaza et de violences persistantes, l’expansion des colonies compromet toute voie vers un État palestinien et la solution à deux États.

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Un peu plus de deux mois à peine après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile dans la bande de Gaza, Israël a autorisé la création de nouvelles colonies en Cisjordanie occupée.

Cette décision, aux relents à la fois de défi et de provocation, ne manquera sans doute pas de susciter des inquiétudes sur l’avenir du processus de paix et de la solution à deux États.

Une décision lourde de conséquences, au moment où certains pays s’emploient à maintenir la dynamique diplomatique pour consolider le cessez-le-feu, obtenu après deux années d’une guerre génocidaire qui a fait plus de 70.000 victimes palestiniennes dont la plupart sont des femmes et des enfants.

Nouvelles colonies en Cisjordanie occupée

Réuni dimanche, le cabinet de sécurité du gouvernement israélien a approuvé la création de 19 nouvelles implantations juives en Cisjordanie, a annoncé le ministre des Finances d’extrême-droite, Bezalel Smotrich, repris par de nombreux médias internationaux.

Cette décision porte à 69 le nombre total de nouvelles colonies autorisées ces dernières années, un record revendiqué par le ministre, artisan assumé d’un vaste programme d’expansion israélienne dans les territoires occupés.

Selon l’ONG Peace Now, le nombre de colonies est passé de 141 en 2022 à 210 aujourd’hui, soit une hausse de près de 50 % sous l’actuel gouvernement dominé par l’extrême-droite.

Des implantations illégales au regard du droit international, mais que l’Exécutif israélien continue de consolider, parfois par la légalisation rétroactive d’avant-postes construits sans autorisation officielle. Il est même question de réhabilitation de deux colonies démantelées en 2005, Kadim et Ganim.

Une décision aux conséquences lourdes

Cette autorisation intervient dans un climat sécuritaire toujours tendu, autant en Cisjordanie qu’à Gaza. Selon l’ONU, les colons israéliens ont mené en octobre une moyenne de huit attaques par jour contre des Palestiniens en Cisjordanie : voitures incendiées, mosquées profanées, terres agricoles détruites.

Au moins 136 nouvelles attaques ont été recensées en novembre. Un récent reportage du journal « Le Monde » rapportait le témoignage de Palestiniens vivant dans un climat de terreur dans ce territoire occupé.

Le ministère palestinien de la Santé a annoncé la mort de deux Palestiniens, dont un adolescent de 16 ans, dans la nuit de samedi à dimanche, lors d’affrontements avec l’armée israélienne dans le nord de la Cisjordanie.

Des images diffusées par les médias palestiniens montrent un jeune homme abattu alors qu’il ne représentait pas de menace immédiate, une version contestée, comme souvent en pareille circonstance, par Tel-Aviv.

À Gaza, le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre demeure précaire, les deux camps s’accusant mutuellement de violations.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 401 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis l’entrée en vigueur de la trêve. Une frappe israélienne sur une école transformée en abri pour déplacés a encore fait six morts vendredi, ont rapporté plusieurs médias. Trois soldats israéliens ont également perdu la vie dans l’enclave.

Face à ce climat, les États-Unis, l’Égypte, le Qatar et la Turquie, réunis en Floride, ont appelé Israël et le Hamas à « respecter leurs obligations » et à faire preuve de retenue.

Cette rencontre visait à préparer la deuxième phase du plan américain, adopté récemment, qui prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale dans l’enclave palestinienne.

Le plan évoque également une « voie » vers un État palestinien. Mais l’extension des colonies en Cisjordanie apparaît aujourd’hui comme un sérieux obstacle et une remise en cause directe de cette perspective.

En multipliant les implantations sur les terres palestiniennes, au grand dam de ses alliés, mais aussi de ses adversaires, Israël ne semble pas disposée à renoncer à sa stratégie de fragmentation, d’occupation et de morcellement du territoire palestinien, rendant toute solution politique viable de plus en plus difficile à mettre en œuvre.

Il confirme qu’il fait peu de cas des appels répétés de la communauté internationale et rappelle qu’il est plus que jamais déterminé à torpiller toute avancée vers la création d’un État palestinien, pourtant soutenue par une majorité de pays.

À moins d’une intervention ferme des États-Unis, seul acteur capable, jusqu’ici, de rappeler Israël à l’ordre, cette stratégie rend la mise en œuvre d’un plan de paix durable aléatoire et éloigne davantage la solution à deux États.

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