Titres de séjour en France : la circulaire Retailleau accusée de briser des familles

Un an après sa mise en application, la circulaire Retailleau, qui durcit les régularisations, voit les chiffres chuter: -42% titres délivrés, -54% régularisations par le travail, -58% vie privée et familiale.
Des réactions sur X incluent des blocs de tweets d’Aly Diouara (LFI), Sandrine Rousseau et Marc Mauco, dénonçant l’impact sur les familles et l’irrégularité administrative.
Le nouveau ministre Laurent Nunez affirme qu’il ne reviendra pas sur la circulaire; le droit au séjour doit être justifié, et les demandes de renouvellement des étudiants traînent depuis 2024.
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TSA Algérie
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Une année après sa mise en application, la circulaire Retailleau, le texte par lequel l’ancien ministre français de l’Intérieur a serré la vis sur les régularisations des immigrés, revient dans le débat public en France.
Tandis que le président des Républicains exhibe sa fierté d’avoir fait chuter drastiquement les régularisations, de nombreuses voix se sont élevées pour l’accuser de “briser des familles” et de produire de l’ “irrégularité”.
Dans la foulée, le nouveau ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a fait savoir qu’il ne reviendra pas sur la circulaire de son prédécesseur.
France : les régulations d’étrangers en chute libre
Retailleau a très vite réagi à un article du Monde qui fait une sorte de bilan d’une année d’application de la circulaire. Le média fait état d’une chute libre des régularisations d’étrangers, soit -42% de titres délivrés, -54% de régularisations par le travail et -58% au titre de la vie privée et familiale.
“A Beauvau, j’ai fixé des règles claires et exigeantes pour les régularisations : durée de présence sur le territoire, maîtrise du français et respect de l’ordre public”, a écrit l’ancien ministre de l’Intérieur sur X. “La fermeté n’est pas un slogan : c’est une politique qui produit des résultats”, a-t-il ajouté.
Le député de La France insoumise (LFI) Aly Diouara a reproché à Retailleau d’être fier d’avoir “plongé des milliers de femmes et d’hommes dans l’illégalité pour assouvir ses obsessions racistes”.
“Circulaire Retailleau : quand la France fabrique de l’irrégularité administrative”, a jugé pour sa part l’homme d’affaires Marc Mauco, connu pour ses vidéos sur les réseaux sociaux dans lesquelles il fait la promotion de l’Algérie.
France : Laurent Nunez défend la circulaire Retailleau
Pour le député Thomas Portes, de La France Insoumise (LFI), “dégager Retailleau du gouvernement” a été “la régularisation la plus utile de 2025”.
La fameuse circulaire a été évoquée à l’Assemblée ce mardi 23 décembre lors d’une séance de questions au gouvernement, en présence du successeur de Bruno Retailleau, Laurent Nunez.
Dans son intervention, la député Sandrine Rousseau s’est élevée contre la “folie expulsative” d’une administration qui “brise des familles, des parcours de vie, transformant des femmes et des hommes en simples chiffres dans des tableaux Excel”.
La parlementaire a souligné que “même des personnes qui travaillent depuis des années dans des secteurs difficiles, comme le nettoyage ou l’aide à la personne, se voient notifier une obligation de sortie du territoire”.
Les étudiants durement touchés
Sandrine Rousseau a interpellé Laurent Nunez sur la circulaire de son prédécesseur. La réponse du nouveau ministre de l’Intérieur a été sans équivoque. “Le gouvernement n’envisage pas de revenir sur la circulaire Retailleau”, a indiqué Nunez, expliquant que le droit au séjour en France doit être “justifié par des motifs et une entrée régulière sur le territoire national”. “C’est bien légitimement qu’on prend des obligations de quitter le territoire », a-t-il défendu.
En plus de la baisse drastique des régularisations, la délivrance des titres de séjour aux étudiants s’est nettement ralentie depuis 2024.
De nombreux étudiants qui poursuivent leurs études et disposent des moyens réclamés par l’administration voient leurs demandes de renouvellement de titres de séjour s’éterniser, sans aucune explication.
La France qui ouvre chaque année ses portes aux étudiants étrangers pour ensuite plonger un certain nombreux d’entre eux dans l’irrégularité.