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Algérie : la loi criminalisant le colonialisme français adoptée à l’unanimité

Par Riyad Hamadi3 min de lecture
Algérie : la loi criminalisant le colonialisme français adoptée à l’unanimité
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L’Algérie a adopté à l’unanimité le 24 décembre 2025 un cadre juridique criminalisant le colonialisme français, voté par l’APN au palais de Zighoud Youcef.

Le texte impute à la France la responsabilité des crimes imprescriptibles de 1830-1962 et exige reconnaissance, excuses et indemnisation, tout en prévoyant la diffusion des faits historiques.

Il répertorie une trentaine de crimes, des massacres et exécutions aux déportations et pillages, qualifiés de crimes contre l’humanité; Abdelkader Soufi le présente comme une première en Afrique.

Un geste symbolique accompagne l’adoption: Zeghidi reçoit un emblème national et l’on parle d’une avancée historique dans le dossier mémoire.

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L’Algérie se dote officiellement d’un cadre juridique de criminalisation du colonialisme français. Le projet de loi criminalisant la colonisation française de l’Algérie a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée populaire nationale (APN) ce mercredi 24 décembre 2025. Le palais de Zighoud Youcef à fait le plein pour l’occasion.

“C’est un moment historique dont les repères ont été tracés par le président de la République Abdelmadjid Tebboune”, a réagi dans l’hémicycle l’historien Mohamed Lahcen Zeghidi.

Dans un geste symbolique, Zeghidi, chef de file côté algérien de la commission mixte algéro-française d’historiens, s’est vu offrir un emblème national par les présidents des groupes parlementaires. 

Le texte a été présenté à l’initiative d’un groupe de députés dans un contexte de fortes tensions entre l’Algérie et la France, entre autres sur la question de la mémoire.

La nouvelle loi impute à l’État français la responsabilité juridique des crimes “imprescriptibles” commis pendant la période coloniale de 1830 à 1962 et souligne l’exigence de la reconnaissance, des excuses et de l’indemnisation.  

Elle affirme en outre l’engagement de l’État algérien à révéler et à diffuser les faits historiques liés au colonialisme français.

Loi criminalisant le colonialisme : “Une première en Afrique”

Une trentaine de types de crimes sont répertoriés par les rédacteurs du texte juridique, dont les massacres de masse, les exécutions sommaires, les déplacements forcés, le pillage des ressources, la privation du peuple algérien de ses droits politiques, humains, économiques et sociaux les plus élémentaires en plus des tentatives d’aliénation de son identité. Les crimes du colonialisme sont qualifiés de “crimes contre l’humanité”.

Cette initiative algérienne est une première en Afrique et une “avancée historique”,  a estimé ce mercredi sur les ondes de la Radio algérienne l’expert en politique internationale Abdelkader Soufi, expliquant que cette loi vise “à établir un cadre juridique clair pour qualifier, reconnaître et condamner les crimes commis par la puissance coloniale”.  

La nouveauté qu’apporte le texte réside dans “a classification détaillée des crimes, incluant désormais des faits longtemps marginalisés ou passés sous silence”, ajoute-t-il, citant, “la torture, les exécutions sommaires, les massacres de masse, les enfumades, les kidnappings et les viols” qui sont des pratiques “rarement reconnues dans les textes officiels auparavant”.

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