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Accord militaire Algérie – Tunisie : le faux démasqué, preuves à l’appui

Par Riyad Hamadi5 min de lecture
Accord militaire Algérie – Tunisie : le faux démasqué, preuves à l’appui
Résumé IA

Un faux «accord de défense» Algérie–Tunisie circule; Mena Défense (Akram Khrief) l'a démontré comme fabriqué, malgré la reprise par Le Figaro.

Le président tunisien Kais Saïed a démenti le 18 décembre; le document prétendait autoriser l'armée algérienne à pénétrer jusqu'à 50 km en Tunisie et percevoir des indemnités.

L'analyse relève des erreurs manifestes: en‑tête et classification incohérentes, date fausse (6 mars au lieu du 20 nov. 2001), grade et nom erronés, et le même surlignage rose que d'autres faux.

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Un curieux document présenté comme étant un accord de défense signé entre l’Algérie et la Tunisie circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux.

Bien qu’il s’agisse d’un faux qui saute aux yeux, le document supposément classé “secret défense” a induit en erreur même des titres de la presse française, dont le supposé sérieux Le Figaro.

Dans une excellente analyse, le site algérien Mena Défense a décortiqué ce qui est présenté comme un accord bilatéral, démontrant aisément qu’il s’agit d’un faux fabriqué par des parties qui chercheraient à nuire à l’entente entre Alger et Tunis.

Le 18 décembre, le président tunisien Kais Saïed avait déjà démenti les rumeurs qui circulaient sur la teneur de l’accord,  dénonçant “l’égarement” de ceux qui “continuent à nuire au peuple tunisien”, et rappelant que l’État “ne peut être gouverné par des publications via le cyberespace ou encore à travers des documents fictifs et montés de toutes pièces”.

M. Saïed a assuré que ceux qui sont derrière ces rumeurs sont “démasqués et bien connus de tous”, en allusion à des pages proches de l’opposition tunisienne.

Pour résumer, le document en question prétend que l’accord en question autorise l’armée algérienne à pénétrer jusqu’à cinquante kilomètres à l’intérieur du territoire tunisien pour poursuivre des terroristes ou des groupes armés et même à contribuer au “rétablissement de la stabilité institutionnelle” en Tunisie en cas de troubles, en neutralisant des “groupes séditieux”. Ce qui reviendrait, tout simplement, à mettre la Tunisie sous tutelle algérienne.

Autre détail, des indemnités seraient prévues pour les soldats algériens qui interviendraient sur le sol tunisien, ce qui fait de facto de l’armée algérienne une armée de mercenaires.

Algérie – Tunisie : le faux démasqué, preuves à l’appui

Le site Mena Défense d’Akram Khrief revient sur ce document et démontre indubitablement qu’il s’agit d’un faux, car truffé de légèretés et d’erreurs, en plus de son fond qui ne sied pas à la doctrine de défense de l’Algérie dont la protection de son armée en dehors du territoire est strictement encadré, avec un accord préalable du Parlement.

D’abord, l’en-tête porte la mention “République algérienne démocratique et populaire – République tunisienne” et juste en dessous celle de “ministère de la Défense nationale”.  “À lui seul, ce mélange des genres devrait faire lever un sourcil à quiconque a déjà vu un document officiel”, écrit Mena Defense.

La mention “Top secret défense” en en-tête devient ensuite simplement “secret défense” dans la case classification.

Le texte ne se réfère pas aux précédents textes sur lesquels il est fondé, tout en se trompant sur la date de l’unique texte qu’il cite, un accord de coopération militaire signé le 20 novembre 2001 et non le 6 mars 2001.

Aussi, le grade du chef d’état-major de l’armée algérienne n’est pas correct et n’existe même pas (général d’armée et non général de corps) et le nom du ministre tunisien de la Défense est inexact. “Ces approximations en série auraient dû suffire à alerter les lecteurs les plus pressés”, estime Akram Khrief.

Or, incompréhensiblement, il n’y a pas que les lecteurs qui se sont trompés. Un grand journal français comme le Figaro a repris le document comme s’il était un véritable accord bilatéral entre l’Algérie et la Tunisie, induisant en erreur d’autres médias internationaux qui l’ont repris.

Là-dessus, le fondateur de Mena Défense a relevé un autre détail troublant : la journaliste qui a signé l’article du Figaro, une certaine Sarra Toumi, semble avoir signé là son “premier article dans le journal, voir premier article tout court”. Ce qui laisse penser que l’auteur de l’article l’a signé par pseudonyme.

Enfin, il n’a pas échappé à Mena Défense que le document a été surligné au même feutre rose utilisé pour un autre faux diffusé précédemment, un prétendu accord entre la Tunisie et l’Union européenne…

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