Société

La Cour des comptes pointe les carences du système de santé algérien

Par Badreddine Khris5 min de lecture

Brifa

Résumé IA

La Cour des comptes (rapport 2025) évalue la résilience du système de santé algérien et note des progrès juridiques, institutionnels et financiers.

Mais elle pointe des lacunes majeures: textes d'application manquants, coordination intersectorielle faible, absence de plateformes numériques et financement d'urgence rigide.

En 2020 l'État a lancé un programme des «zones d'ombre» (>13 000 sites); l'évaluation conjointe ministère/OMS (2022) a donné des «notations moyennes» pour des capacités clés.

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Le rapport annuel 2025 de la Cour des comptes a évalué la résilience du système algérien de santé face aux crises sanitaires. 

Cette évaluation a mis en relief les progrès réalisés, notamment sur les plans juridique et institutionnel ainsi qu’en ressources financières mobilisées, tout en identifiant les marges d’amélioration en vue de la mise en œuvre effective de ces acquis et de leur consolidation.

Le rapport a mis l’accent également sur les défis qui restent à relever pour l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) (Santé et bien-être), en particulier la cible 3-d, visant à renforcer les capacités des pays en matière d’alerte rapide et de gestion des risques sanitaires.

Cette appréciation englobe les aspects juridiques et institutionnels, les mécanismes de coordination, le financement ainsi que le cadre d’évaluation et de surveillance des risques sanitaires.

« A ce titre, le contrôle fait ressortir que l’Algérie dispose d’un cadre juridique adéquat pour faire face aux menaces sanitaires. Un dispositif institutionnel, s’appuyant sur des acteurs centraux, intermédiaires et des institutions spécialisées, est également mis en place », a révélé le rapport.  

Cependant, des défis persistent, notamment en matière de publication des textes d’application et d’opérationnalisation de certaines structures comme les observatoires régionaux de santé, ont remarqué les rédacteurs du document qui dévoilent un « manque d’efficacité » de la coordination intersectorielle, bien qu’elle soit encouragée.

Le financement des urgences sanitaires manque de flexibilité

« De plus, l’absence de plateformes numériques pour centraliser et partager les informations entre les différents acteurs rend difficile la mise en œuvre d’une réponse unifiée », est-il signifié dans le document de la Cour.

Pour les contrôleurs de cette institution, le financement des urgences sanitaires manque de flexibilité qui permet la mobilisation rapide des ressources nécessaires en cas de crise, en dépit de la disponibilité des crédits et de chapitres budgétaires appropriés pour faire face à des situations exceptionnelles.

Ils reconnaissent qu’en matière d’évaluation des capacités du système de santé à faire face aux risques sanitaires, un système de surveillance et de déclaration des risques sanitaires est mis en place. Mieux, ajoutent-ils, le ministère de la santé évalue, périodiquement, les activités réalisées, en conformité avec le règlement sanitaire international (RSI).

L’autre constat établi par la Cour des comptes a trait aux dispositions institutionnelles pour répondre aux besoins des groupes vulnérables. Ainsi, l’État s’efforce à réduire les inégalités sociales et à mettre en œuvre l’agenda 2030 des Nations unies qui prévoit de réaliser le principe « de ne laisser personne de côté », a précisé le rapport.

Dans ce cadre, l’Etat algérien a engagé les actions liées à la promotion de la santé de proximité dans les zones d’ombre afin de réduire les disparités en matière de développement, entre les régions du pays. Les pouvoirs publics ont initié, en 2020, un programme d’urgence, appelé « programme des zones d’ombre » qui couvre plus de 13 000 zones, à travers le territoire national.

Les « notations moyennes » de l’évaluation externe

Par ailleurs, le ministère de la santé et l’OMS ont lancé en 2022 une évaluation externe conjointe, des principales capacités requises par le RSI (Règlement sanitaire international), en impliquant tous les secteurs de l’État. Le résultat de cette opération fait apparaître des « notations moyennes » liées aux capacités pour certains indicateurs.

Il s’agit, du « système de coordination, de la sécurité sanitaire des aliments, du système de suivi, de contrôle et de surveillance, du système de communication sur les évènements et les urgences de nature particulière, des mécanismes pratiques pour détecter et répondre aux événements et situations d’urgence d’origine chimique ainsi que des mécanismes pratiques pour détecter et répondre aux événements et urgences d’origine radiologique et nucléaire », a indiqué le rapport.

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