Karima Khatim, Sabrina Sebaihi… : ces Franco-algériens qui dérangent le Maroc

Des relais du palais marocain ciblent des Franco‑Algériens comme Karima Khatim et Sabrina Sebaihi, les présentant comme déloyaux à la France en raison de leur attachement à l'Algérie.
Khatim, ex‑LFI et présidente de la Fédération franco‑algérienne, est visée par 360.ma pour ses positions sur le Sahara occidental et la Palestine.
La campagne, qui vise aussi Nedjib Sidi Moussa et Salim Djellab, cherche à attiser l'algérophobie en France en accusant ces élus d'un «double agenda».
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TSA Algérie
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Outre attaquer matin et soir l’Algérie, les relais du palais royal du Makhzen se sont trouvé une nouvelle occupation : mettre une cible dans le dos de chaque franco-algérien qui se distingue par des positions qui ne concordent pas forcément avec celles du Maroc.
Plusieurs élus français d’origine algérienne ont fait les frais des attaques gratuites et violentes de la propagande marocaine pour avoir exprimé d’une manière ou d’une autre leur attachement au pays de leurs origines.
Un site proche du Makhzen s’en prend à Karima Khatim
La dernière en date à être désignée comme cible par la presse marocaine est Karima Khatim, l’élue qui vient de claquer avec fracas la porte de La France Insoumise.
Avant elle, Sabrina Sebaihi et d’autres personnages publics ont subi les foudres des mêmes lobbyistes et propagandistes marocains. Faute d’arguments pour les attaquer sur leurs positions politiques, des médias et réseaux sociaux du royaume tentent la diversion en insistant sur l’attachement de ces hommes et femmes politiques à leurs origines pour les présenter comme étant plus loyaux à l’Algérie qu’à la France.
Le message est avant tout adressé au courant anti-algérien de France avec l’objectif évident d’exacerber la haine déjà intense pour tout ce qui rappelle l’Algérie.
Plus clairement, il s’agit de mettre une cible dans leur dos. Et cela se répète régulièrement, ce qui traduit une stratégie bien concertée.
Karima Khatim est présidente de la Fédération franco-algérienne de consolidation et du renouveau, ce qui fait d’elle déjà une cible toute désignée pour la propagande marocaine.
Elle a aussi des positions tranchées sur le Sahara occidental, la Palestine, l’unité de l’Algérie. C’en est trop pour le Maroc qui veut imposer le fait accompli colonial au Sahara occidental, a normalisé avec Israël et soutient le MAK qui porte le projet de partition du territoire algérien.
Dans un récent entretien à TSA, Karima Khatim a affiché fièrement son attachement à l’Algérie. “Nous sommes 100 % Français et 100 % Algériens”, a-t-elle dit.
Ce qui lui a valu un long pamphlet fait d’insultes et de contre-vérités publié par le 360.ma, un journal connu pour sa proximité avec les services marocains.
L’accusation est toujours la même quand il s’agit de jeter un Franco-Algérien à la vindicte de l’extrême-droite. Khatim incarne “une politique de slogan où la double identité devient double agenda– et où l’intérêt français passe après la ligne algérienne”, écrit le site marocain.
L’élue franco-algérienne est qualifiée de “communautariste, qui préfère les Franco-Algériens aux autres français, arrivée en politique pour servir l’Algérie et sa feuille de route, avec 0 % de fiabilité si demain il faut choisir entre la France qui l’a vu naître et à qui elle doit tout et le bled mythifié de ses parents”.
Un appel au lynchage à peine voilé
L’appel au lynchage est à peine voilé dans le contexte français marqué par la montée de l’extrême-droite et l’algerophobie dans le sillage de la crise entre l’Algérie et la France.
Et ce n’est pas la première fois que le même journal agit ainsi avec des Franco-Algériens trop attachés à son goût à leur pays d’origine et surtout à la légalité internationale concernant le dossier du Sahara occidental.
Ces derniers mois, il a publié une série d’articles sur des élus français d’origine algérienne, avec la même arrière pensée de mettre en doute leur loyauté à la France.
Le politologue Nedjib Sidi Moussa est qualifié de “scribe servile” et “arnaqueur intellectuel en France”, l’élu Salim Djellab est pour le journal marocain un “faux élu français”, un “vrai propagandiste du Polisario” et un “agent d’influence”.
Quant à Sabrina Sebaihi, la députée écologiste d’origine algérienne, elle est traitée de “députée française pro-Polisario qui fait passer l’Algérie avant la France”. Et ce n’est là qu’un échantillon des dérapages innombrables de la propagande marocaine vis-à-vis des Algériens de France.