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Plan de paix à Gaza : faut-il faire confiance à Trump ?

Par Riyad Hamadi5 min de lecture
Plan de paix à Gaza : faut-il faire confiance à Trump ?
Résumé IA

Le plan de paix de Donald Trump pour Gaza, dévoilé le 29 septembre, prévoit un cessez-le-feu, la libération des otages sous 72 heures après l’acceptation israélienne, la libération d’environ 2 000 prisonniers palestiniens, l’entrée d’aide humanitaire et le retrait progressif des forces israéliennes, avec un désarmement du Hamas par étapes, une force internationale de stabilisation et un comité palestinien technocratique chargé des affaires courantes; il évoque aussi une voie vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien, sans engagement clair sur une solution à deux États.

Le plan a été accueilli favorablement par la Russie, la Chine et certains pays occidentaux, et par un groupe de huit pays arabes et musulmans qui ont salué les efforts de Trump.

Hamas n’a pas encore répondu; les observateurs estiment le texte fragile et peu précis, notamment sur les échéances de retrait israélien, ce qui laisse planer un risque que Netanyahou puisse invoquer le plan comme prétexte pour maintenir les troupes et reprendre les combats, ce qui met en question la crédibilité de l’initiative et de Trump.

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Le plan de Donald Trump pour la paix au Moyen-Orient, présenté lundi 29 septembre, suscite un enthousiasme à travers le monde pour mettre fin au massacre de Gaza.

Il est en revanche accueilli avec prudence par beaucoup d’observateurs qui le jugent fragile et sans garanties réelles pour asseoir une paix durable dans la région. Le plan est présenté par deux hommes dont la parole n’est pas infaillible.

Lundi, à la Maison Blanche, le président des États-Unis Donald Trump a présenté son plan en 20 points. Présent sur place, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou l’a immédiatement accepté.

Plan Trump pour Gaza : les principaux points

Il prévoit notamment un cessez-le-feu à Gaza, la libération des otages israéliens détenus par le Hamas dans les 72 heures qui suivent l’acceptation de l’accord par Israël, la libération de près de 2.000 prisonniers palestiniens, l’entrée de l’aide humanitaire et le retrait progressif de l’armée israélienne de l’enclave palestinienne, concomitamment au désarmement du Hamas, qui se fera également par étapes.

Pour l’après-guerre, l’accord prévoit une “force internationale de stabilisation » dans la bande de Gaza dont les affaires quotidiennes seront gérées provisoirement par un comité palestinien technocratique et apolitique.

Les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un État palestinien, que nous reconnaissons comme l’aspiration du peuple palestinien« , est-il écrit dans le texte, sans engagement clair quant à l’activation immédiate ou même à terme de la solution à deux États, soutenue par la majorité écrasante des États de la planète.

Le texte a été favorablement accueilli par la Russie et la Chine ainsi que dans le camp des pays occidentaux critiques d’Israël, comme l’Espagne et l’Irlande.

Dans le monde arabe et musulman, huit pays ont diffusé ce mardi un communiqué commun dans lequel ils ont salué les “efforts sincères” de Donald Trump pour mettre fin à la Guerre. Il s’agit de l’Arabie saoudite, du Qatar, de l’Égypte, de la Turquie, de l’Indonésie, de la Jordanie, du Pakistan et des Émirats arabes unis.

Accord sur Gaza : la crédibilité de Trump et Netanyahou en question 

Il reste l’avis du principal concerné, le Hamas. Le Qatar et l’Égypte se sont chargés de remettre le document au mouvement palestinien. En attendant la réponse du Hamas, les observateurs relèvent que le plan est très fragile et manque de clarté et de précision.

Mis à part la libération des otages israéliens dans les 72 heures, il n’engage les parties sur aucune échéance précise. Par exemple, il est relevé qu’aucun échéancier n’est prévu pour le retrait de l’armée israélienne de Gaza.

Une brèche qui pourrait permettre au gouvernement Netanyahou de chercher un prétexte pour garder son armée sur place. Et même pour reprendre le massacre.

Aussi, la guerre peut reprendre à tout moment. En janvier dernier, un cessez-le-feu a été conclu avec échange de prisonniers et d’otages, mais en l’absence de garanties, le gouvernement israélien a repris unilatéralement la guerre en mars, avec en sus le blocage total de l’aide humanitaire et la création d’une situation de famine.

Échaudé, le Hamas a bien des raisons de soupçonner un leurre ayant pour unique objectif la libération des otages. Officiellement, le processus est parrainé par le président américain. C’est lui qui présidera le “Comité de la paix”, un nouvel organe international de transition chargé de superviser tout le processus.

Il y a, certes, une chance pour la paix, du moins pour mettre fin au carnage et à la souffrance de la population de Gaza. Mais la crédibilité de Donald Trump pose question.

Aura-t-il les moyens et surtout la volonté de faire pression sur le gouvernement extrémiste de Tel-Aviv pour le contraindre à respecter ses engagements ? Depuis son retour au pouvoir en janvier dernier, Trump s’est engagé solennellement sur plein de choses et il n’a pas toujours tenu parole, comme lorsqu’il a promis de mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures.

Aussi, son soutien inconditionnel et son alignement total sur toutes les décisions du gouvernement israélien ne lui confèrent pas l’aura du faiseur de paix neutre.

Quant à la vague évocation de la création d’un État palestinien, Netanyahou l’a balayée d’un revers de main dès sa sortie du bureau de Trump. “Absolument pas, cela ne figure même pas dans l’accord”, a-t-il dit à des journalistes, ajoutant que son armée “r_estera dans la majeure partie de la bande de Gaza_”.

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