France-Algérie : le plan en trois temps de l’économiste El-Mouhoub Mouhoud

Le 17 janvier à Paris, à l'IRIS, El‑Mouhoub Mouhoud a présenté un plan en trois temps pour relancer la coopération économique France–Algérie.
Court: sécuriser/moderniser le gaz et réduire le méthane; moyen: renouvelables, hydrogène, eau, santé, tourisme et montée des compétences.
Long: infrastructures IT, valorisation responsable des matières premières, données et R&D; fil conducteur: coproduction, formation, diaspora et inclusion de pays tiers (ex. Canada).
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TSA Algérie
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Lors des tables rondes sur l’économie organisées par l’Association France – Algérie (AFA) à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), ce samedi 17 janvier, à Paris, plusieurs intervenants ont fait des propositions pour relancer la relation économique franco-algérienne qui est durement impactée par la crise entre les deux pays.
La première table ronde portait sur “ France Algérie, les atouts d’une coopération économique renforcée”, la seconde était consacrée aux “expériences de partenariats économiques en Méditerranée”.
El-Mouhoub Mouhoud, président de l’Université PSL, est un économiste franco-algérien. Pour lui, les relations économiques ne peuvent pas uniquement se concentrer sur l’énergie. Il propose une stratégie de relance pour les deux pays en trois temps : court, moyen et long terme.
« Une stratégie de relance doit s’articuler à court terme autour de la sécurisation, la modernisation du gaz, l’efficacité et la réduction du méthane, et la montée en amont, et ça, nous le faisons ensemble », a-t-il développé. Pour le moyen terme, il propose de focaliser sur « le renouvelable, l’hydrogène, l’eau, la santé, le tourisme et la montée des compétences. »
Concernant le long terme, le président de l’Université PSL propose d’axer sur « les infrastructures informatiques, la valorisation responsable des matières premières et des minéraux critiques, avec une politique de données et de recherche et développement. »
Pour l’économiste franco-algérien, « le fil conducteur, c’est la coproduction, la formation et la diaspora. Pour déverrouiller cette relation France – Algérie, il faut inclure très largement des pays tiers ». Il pense notamment au Canada, où il y a une forte concentration de la diaspora algérienne.
Pour Brahim Oumansour, professeur et chercheur à l’IRIS, il y a des secteurs très prometteurs comme l’énergie verte. Notamment le projet SouthH2 Corridor, qui consiste à la production d’énergie verte dans des usines en Algérie et en Tunisie pour l’exporter vers les pays européens : l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Pour lui, la France devrait prendre exemple sur ce type de projet en y intégrant d’autres pays.
« Une relation gagnant – gagnant »
Pour Ségolène Royal, la relation entre l’Algérie et la France concernant le développement économique peut être « une relation gagnant-gagnant et volontaire sur les deux rives ».
Les projets qui peuvent concerner les deux pays sont l’entrepreneuriat, l’agriculture, la santé, le numérique, les énergies renouvelables, les industries vertes et le tourisme. Concernant la santé, elle souligne la présence des médecins algériens et tunisiens dans les hôpitaux français. « Beaucoup ne pourraient même plus fonctionner si ceux-ci arrêtaient de travailler », a-t-elle dit.
Concernant le tourisme, Sofiane Lessage, Franco-Algérien et fondateur de l’agence de voyage Riwaya Travel, qui propose des voyages en Algérie, revient sur sa première expérience, où 35 Américaines ont voyagé en Algérie sur la thématique de la danse en 2020.
« J’ai découvert des Américains qui ont pleuré devant le malouf à Constantine. Ce jour-là, j’ai compris l’importance du soft power (..), notre culture est plus importante et plus puissante que toutes les ressources pétrolières et gazières que l’Algérie aura pour ces 200 prochaines années », a-t-il confié.