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« J’ai perdu la vue » : témoignages glaçants d’anciens détenus palestiniens en Israël

Par Badreddine Khris5 min de lecture
« J’ai perdu la vue » : témoignages glaçants d’anciens détenus palestiniens en Israël
Résumé IA

Des témoignages d'anciens détenus palestiniens, filmés par Arte, dénoncent des tortures systématiques dans les prisons israéliennes depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023; certains disent avoir perdu la vue.

Arrestations massives, chocs électriques, positions intenables et privation de soins sont évoqués; le journaliste Shadi Abu Sido, arrêté à l'hôpital Al Chiffa en mars 2024, a été détenu 20 mois, et l'ONG Physician for Human Rights compte au moins 98 morts en détention.

La porte-parole israélienne Shosh Bedrosian rejette ces rapports.

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TSA Algérie

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Les prisonniers palestiniens vivent l’enfer dans les geôles israéliennes depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Ils subissent toutes sortes de torture.

Des témoignages poignants des victimes de ces violences, filmés dans un reportage réalisé par la chaîne franco-allemande Arte, dévoilent l’autre face de la guerre israélienne contre Gaza. Les témoignages de détenus palestiniens, dont les corps portent les stigmates des supplices infligés par les soldats israéliens, sont glaçants.

Joignant le geste à la parole, ils évoquent les moments insupportables et interminables de sévices, de décharges électriques, de positions insoutenables, de tirs, montrant à la caméra les séquelles indélébiles et choquantes sur leurs corps.

« Les violents interrogatoires et toutes les natures de supplices que j’ai subis ont engendré la perte de la vue », témoigne un homme, la trentaine révolue, aux yeux complètement perforés.

« J’ai perdu la vue »

« La vie dans les prisons israéliennes depuis le 7 octobre est une vie qu’aucun être humain ne peut imaginer », témoigne un détenu palestinien qui montre les séquelles des tortures sur le dos. « On a été soumis à toutes sortes de tortures », ajoute-t-il.

Un autre ancien détenu complète : « Des coups, des positions intenables, des tirs ! ». « De l’électricité, des chocs électriques », raconte un troisième. « Ils nous ont dit, ici c’est l’enfer », lâche un quatrième. Un autre ancien prisonnier est sorti aveugle. « Les interrogatoires, la torture, j’en ai perdu la vie ».

Ces atrocités commencent par des arrestations de masse exécutées par les militaires israéliens.

« Ils débarquent dans n’importe quel endroit, soit à l’hôpital, soit dans la rue… et raflent tout le monde. Ils les entassent dans des camions et les ramènent dans les camps pour leur faire subir des actes atroces. Tout le monde est ciblé », raconte Shai Parnes, un membre de l’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme (OIDDH), filmé par Arte.

C’est le cas du journaliste Shadi Abu Sido. Les soldats israéliens l’ont arrêté à l’hôpital Al Chiffa de Gaza, en mars 2024 où il filmait les victimes des bombardements. Il a pu retrouver sa famille après 20 mois de détention.

Il se rappelle encore les coups qu’il a reçus et qui ont provoqué le saignement de son œil et des menaces de mort qui lui ont été proférées avec violence.

Torture systématique

« Dans tous les centres de détention israéliens, l’on pratique la même politique de violences physiques et sexuelles, de privation de nourriture, de soins… », affirme Oneg Ben Dror, elle aussi, membre de l’OIDDH. C’est ce qu’ils appellent, déplore-t-elle, « politique d’assassinat systématique ».

Les reporters d’Arte ont précisé que l’ONU et de multiples ONG (Organisations non-gouvernementales) étrangères et israéliennes ont publié des rapports sur les conditions inhumaines infligées aux détenus palestiniens dans les prisons d’Israël depuis les attaques du 7 octobre 2023.

Des rapports ignorés et reniés par la porte-parole du gouvernement israélien, Shosh Bedrosian. Pour elle, ces documents « c’est, une fois de plus, la preuve des efforts déployés pour diaboliser Israël ». Ce n’est pas de l’avis de l’ONG israélienne « Physician for Human Rights » qui porte à 98 palestiniens, au moins, le nombre de morts en détention depuis le début de la guerre. Et des familles palestiniennes continuent de signaler la disparition de leurs proches.

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