Sabrina Sebaihi : l’extrême droite « cartographie » les musulmans en France

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé une plateforme d'extrême droite qui cartographie et "fiche" les musulmans en France.
Elle a signalé le site mafrance.app le 4 janvier et a interrogé le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez à l'Assemblée le 21 janvier.
Elle estime que le site superpose islam, immigration et danger et craint qu'il favorise des passages à l'acte.
L'AFP a indiqué le 8 janvier que le ministère a demandé aux services compétents d'examiner le dossier.
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TSA Algérie
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La députée écologiste Sabrina Sebaihi a fait il y a deux semaines sur les réseaux sociaux un signalement au ministre de l’Intérieur à propos d’une plateforme Internet de la mouvance extrémiste qui procède au fichage des musulmans en France.
La parlementaire est revenue à la charge par la voie institutionnelle et de la manière la plus officielle qui soit. Elle a interpellé Laurent Nunez via une question orale à l’Assemblée nationale française.
“L’extrême droite ne se contente plus d’attiser la haine de l’autre, désormais elle le cartographie méthodiquement”, dénonce-t-elle.
Sabrina Sebaihi a accompagné son signalement le 4 janvier de ce tweet de la page “où va ma France” : “Envie de savoir où se trouve le centre pour migrant le plus proche de chez vous ? La mosquée la plus proche ? Le quartier « sensible » le plus proche ? C’est désormais possible sur mafrance.app/lieux.Pratique pour le prochain déménagement.”
Sabrina Sebaihi : “Peut-on vivre en sécurité en France lorsqu’on est musulman ?”
Ce mercredi 21 janvier, la députée écologiste a interpellé le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez à l’Assemblée, soulignant que ce que fait ce site “n’est ni de l’information ni de la statistique”, mais du “fichage”.
“Ce site superpose délibérément islam, immigration et danger. Il transforme la religion musulmane en facteur de risque”, a-t-elle dénoncé, déplorant que “la parole raciste est devenue passage à l’acte, allant jusqu’au meurtre”.
Dans un contexte de multiplication des crimes racistes, “la peur s’installe et il est à craindre que ce site facilite plus le passage à l’acte”, a-t-elle alerté.
“Comment peut-on vivre en sécurité en France lorsqu’on est ciblé de la sorte ? Peut-on encore vivre en sécurité en France lorsqu’on est musulman, noir ou arabe ?”, s’est-elle interrogée, rappelant les conséquences sombres de tels agissements à travers l’histoire.
“Le fichage religieux n’a jamais été une statistique mais toujours un choix politique. Quel sera le vôtre avant qu’il ne soit trop tard ?”, a-t-elle interrogé le ministre de l’Intérieur, présent dans l’hémicycle.
Quelques jours après le premier signalement effectué, l’AFP a rapporté le 8 janvier que “le ministre de l’Intérieur a demandé aux services compétents d’étudier le dossier, qui est en cours d’appréciation”.